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La FIA vient de franchir un cap qui risque de faire débat. Réunis en assemblée générale extraordinaire, les membres de la fédération ont adopté une réforme majeure des statuts supprimant la limitation du nombre de mandats présidentiels. Une décision qui ouvre la voie à une longévité inédite pour Mohammed Ben Sulayem, déjà solidement installé à la tête de l’instance depuis 2021.

La FIA déroule le tapis rouge à Ben Sulayem pour un règne illimité

Selon la FIA, cette réforme vise simplement à harmoniser les règles de gouvernance entre les différentes instances de la fédération. L’organisation assure que les dirigeants continueront d’être élus de manière démocratique par les membres.

« Les statuts de la FIA ont été mis à jour afin d’établir une approche cohérente en matière de limitation des mandats au sein de tous les organes de la FIA. »

Une opposition encore plus difficile

Au-delà de la suppression des limites de mandat, la fédération a également renforcé les conditions permettant de briguer la présidence. Les critères d’éligibilité seront désormais plus stricts et le comité chargé d’examiner les candidatures change même de nom pour devenir le « comité d’évaluation de l’éligibilité ». Officiellement, il s’agit d’améliorer la cohérence du processus. Mais pour les détracteurs de Ben Sulayem, ces nouvelles règles pourraient compliquer davantage l’émergence de véritables concurrents lors des prochaines élections.

Des résultats financiers qui confortent sa position

Cette réforme intervient alors que la FIA affiche une santé financière retrouvée. L’exercice 2025 s’est soldé par un bénéfice d’exploitation de 6,7 millions d’euros, en nette progression par rapport à l’année précédente et surtout après les lourdes pertes enregistrées au début du mandat de Ben Sulayem. Ces chiffres positifs ont sans doute contribué à convaincre une très large majorité des votants, puisque plus de 90 % des suffrages auraient soutenu la réforme.

Une relation toujours tendue avec la Formule 1

Si la FIA présente cette évolution comme une simple modernisation de sa gouvernance, elle risque d’alimenter les critiques dans le paddock de la Formule 1. Depuis son arrivée, Mohammed Ben Sulayem a multiplié les désaccords avec les dirigeants commerciaux de la F1, mais aussi avec plusieurs pilotes, notamment sur les questions réglementaires et disciplinaires. Avec un pouvoir désormais encore plus solidement installé, le président de la FIA pourrait disposer d’une plus grande marge de manœuvre pour imposer sa vision de l’avenir du sport.

Ni Mohammed Ben Sulayem ni la Formule 1 n’ont souhaité commenter officiellement cette décision pour le moment. Mais cette réforme marque un tournant majeur dans la gouvernance du sport automobile et promet déjà de nourrir les débats sur l’équilibre des pouvoirs au sein de la FIA.