Moto GP
Publié le 3 octobre 2026 • 12:00 par André Lecondé

MotoGP 2027 : la fin des aides techniques pourrait rendre Marc Marquez encore plus dangereux

Une arme technique sera retirée aux pilotes en 2027. Les données suggèrent que Marc Marquez est l'un de ceux qui en a le moins besoin.

Marc Marquez

Le MotoGP supprimera en 2027 les dispositifs permettant d’abaisser les motos au départ. Le launch control électronique restera autorisé, mais le pilote retrouvera une influence plus importante dans les premiers mètres. Et selon plusieurs ingénieurs interrogés dans le paddock, un nom ressort déjà lorsque les données sont analysées sans l’aide de ces systèmes : Marc Marquez. Une conséquence inattendue d’un règlement censé d’abord simplifier les MotoGP.

Les MotoGP changeront profondément la saison prochaine. Outre le passage de 1 000 à 850 cc, l’arrivée de Pirelli et la réduction de l’aérodynamique, les dispositifs permettant de modifier la hauteur de la moto seront interdits.

Ces systèmes ont profondément transformé les départs. En abaissant la moto, ils limitent notamment le cabrage et permettent de transmettre plus efficacement la puissance au sol. Leur généralisation a ainsi considérablement uniformisé les procédures sur la grille.

Ils ont également introduit une nouvelle source de problèmes. Un dispositif qui ne s’enclenche pas correctement — ou qui refuse ensuite de retrouver sa position normale — peut ruiner un départ, voire compromettre une course entière.

En 2027, cette variable disparaîtra. Mais pas toute l’assistance : le launch control restera autorisé.

Le pilote retrouvera néanmoins davantage de responsabilités dans cet exercice extrêmement délicat. Et certains ingénieurs pensent déjà savoir qui pourrait particulièrement apprécier le changement.

« Marc Marquez est l’homme de la situation »

Lors de la retransmission TNT Sports du Grand Prix d’Autriche, Gavin Emmett a rapporté ce qu’il avait entendu à plusieurs reprises dans les discussions techniques du paddock.

« Ce que nous avons entendu à maintes reprises en parlant aux ingénieurs qui travaillent en coulisses, c’est que Marquez est l’homme de la situation. » La raison serait directement visible dans les données. « Si l’on examine toutes les traces de données en retirant ces dispositifs, c’est lui le meilleur au départ. Martin est généralement très, très bon également. »

Il ne s’agit pas d’affirmer que Marquez gagnera automatiquement tous ses départs en 2027. Les motos, les moteurs et surtout les Pirelli modifieront eux aussi la motricité. Mais lorsque l’on isole davantage la contribution du pilote, les données disponibles placeraient déjà l’Espagnol au sommet.

La technologie avait nivelé une partie du geste

Les dispositifs de départ modernes ne suppriment évidemment pas le talent du pilote. Temps de réaction, embrayage, trajectoire jusqu’au premier virage et capacité à gérer le trafic continuent de faire la différence. Mais la technologie a réduit certaines variations.

Avec des systèmes extrêmement perfectionnés pour contrôler le cabrage et optimiser l’accélération, les motos ont progressivement convergé vers des performances de départ très proches.

En retirant l’un de ces outils, le MotoGP ne revient pas aux départs entièrement artisanaux d’autrefois. Il agrandit simplement la fenêtre dans laquelle une différence de technique individuelle peut réapparaître. Et c’est là que Marquez pourrait trouver un avantage.

Marc Marquez

Marc Marquez a déjà montré ce qu’il savait faire

Plusieurs départs de cette saison alimentent cette lecture. En Thaïlande, dès le Sprint d’ouverture, Marquez était parvenu à prendre la tête après s’être élancé deuxième. Il a reproduit ce type de départ à Aragon et s’est encore montré particulièrement incisif au premier virage face à Marco Bezzecchi lors du Sprint de Misano.

À l’inverse, un problème avec le dispositif de correction d’assiette avait également perturbé l’un de ses départs à Aragon. Une parfaite illustration des deux faces du système actuel : lorsqu’il fonctionne, il contribue à optimiser la performance ; lorsqu’il dysfonctionne, même un excellent partant peut se retrouver immédiatement pénalisé. Cette variable mécanique disparaîtra en 2027.

Mais 2027 ne sera pas automatiquement « le retour du pilote »

Il serait pourtant tentant d’aller trop loin. La nouvelle réglementation ne transformera pas les MotoGP en machines dépourvues d’assistance. Le launch control restera présent et l’électronique continuera évidemment de jouer un rôle majeur. Les Pirelli modifieront également la manière dont la puissance peut être transmise au sol.

Et Marc Marquez lui-même s’est montré prudent sur une autre promesse du règlement : celle de faciliter les dépassements. Les 850 réduiront les vitesses de pointe, mais elles pourraient également raccourcir certaines zones de freinage. Or une zone de freinage plus courte offre aussi moins de distance pour tenter une attaque. Moins de technologie ne signifie donc pas automatiquement davantage de spectacle.

Enlever une aide peut aussi révéler une différence

Depuis plusieurs saisons, le MotoGP cherche à limiter certaines technologies devenues extrêmement sophistiquées afin de rendre les motos plus simples et de redonner davantage de poids au pilotage. Mais rendre les machines plus égales ne signifie pas nécessairement rendre les pilotes plus égaux. Cela peut produire exactement l’effet inverse.

Si les informations rapportées par les ingénieurs se confirment, supprimer les dispositifs de départ pourrait révéler une compétence que la technologie contribuait jusqu’ici à niveler. Et alors que Ducati réunira Marc Marquez et Pedro Acosta dans son équipe officielle, ce détail pourrait avoir son importance.

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