Moto GP
Publié le 6 octobre 2026 • 12:00 par André Lecondé

MotoGP – Le doublé au Japon n’a pas été bruyamment fêté par un Marc Marquez qui sent déjà l’ombre du Grand Prix d’Indonésie l’envelopper

Après son doublé au Japon, Marc Marquez est à deux points de Martin. Arrive maintenant Mandalika, un circuit où il n'a jamais terminé.

Marc Marquez

Deux victoires, le maximum de points et seulement deux unités désormais à reprendre à Jorge Martin : Marc Marquez avait toutes les raisons de célébrer à Motegi. Neil Hodgson a pourtant été frappé par la retenue du pilote Ducati après l’arrivée. Pour l’ancien champion WorldSBK, Marquez pensait peut-être déjà à Mandalika. Et pour cause : le prochain circuit du calendrier est l’un des rares sur lesquels le nonuple champion du monde n’a jamais réussi à terminer un Grand Prix MotoGP.

Deux victoires et presque aucune célébration … Marc Marquez ne pouvait pourtant pas faire davantage au Japon. Battue par Martin pour la pole, la Ducati n°93 a ensuite remporté le Sprint puis le Grand Prix. Sa sixième victoire dominicale lors des neuf dernières courses lui permet surtout d’effacer presque totalement le retard accumulé au championnat.

Martin était arrivé à Motegi avec 12 points d’avance. Il en repart avec deux. Pourtant, Neil Hodgson n’a pas vu chez Marquez l’exubérance que pouvait laisser attendre un tel résultat. « Il sait qu’il a du pain sur la planche, pas de célébrations à prévoir », observait-il sur TNT Sports après l’arrivée.

Avant d’avancer son interprétation : « On sent qu’il pense déjà au week-end prochain. »

Mandalika, l’un des rares trous dans le palmarès de Marc Marquez

Hodgson possède surtout un argument pour étayer son intuition : l’Indonésie n’a jamais vraiment souri à Marquez. Depuis l’arrivée de Mandalika au calendrier MotoGP, l’Espagnol n’y a encore jamais terminé le Grand Prix.

Le souvenir le plus spectaculaire remonte évidemment à 2022. Marquez avait subi pendant le Warm-up une violente chute qui l’avait privé de la course et avait été suivie d’une récidive de sa diplopie. Hodgson se souvient encore de cet accident comme de « l’un des plus gros » qu’il ait vus lors d’un Warm-up. Et les visites suivantes n’ont guère permis à Marquez de réconcilier son pilotage avec le circuit indonésien.

L’histoire récente ajoute encore du poids au rendez-vous pour Marc Marquez

La dernière visite à Mandalika a également laissé des traces. L’accrochage avec Marco Bezzecchi avait participé à une séquence physique difficile pour Marquez, dont le bras droit a ensuite nécessité une longue prise en charge.

Il faut cependant se garder d’en tirer une conclusion trop facile pour 2026. Marquez arrive cette fois avec une Ducati, dans une dynamique sportive très différente, et rien ne permet d’affirmer que ses précédents indonésiens pèseront sur son pilotage. Mais il connaît mieux que quiconque le bilan. C’est précisément ce qui donne du relief à l’observation de Hodgson.

Passer de Motegi à Mandalika sans changer de méthode

Le danger serait désormais de vouloir profiter de la dynamique japonaise pour forcer immédiatement le renversement du championnat. Marquez n’en a pas besoin. Avec deux points de retard, il n’est plus dans une situation où il doit impérativement reprendre de gros blocs de points à Martin. Une deuxième place devant son rival, voire quelques points gagnés entre Sprint et Grand Prix, pourraient suffire à provoquer le basculement.

Mandalika pose donc une question assez inhabituelle à celui dont la carrière a longtemps été associée à la recherche permanente de la limite : faut-il gagner sur un circuit qui ne lui a jamais réussi, ou simplement commencer par le terminer ?

La retenue aperçue après Motegi n’est pas nécessairement de l’inquiétude. Elle peut tout aussi bien être celle d’un pilote qui sait que le championnat ne se gagne pas en célébrant le week-end précédent.

Marquez vient de reprendre dix points à Martin au Japon. Il n’a désormais plus besoin d’un autre miracle en Indonésie. Pour la première fois à Mandalika, terminer proprement le travail pourrait être beaucoup plus précieux que vouloir régler ses comptes avec le circuit.