Moto GP
Publié le 4 septembre 2026 • 18:00 par André Lecondé

MotoGP, Marc Marquez voit un dernier grand piège sur sa route vers le titre : « L’Indonésie est le pire pour moi »

Marquez a encaissé le coup de Silverstone. Il a répondu en patron à Aragon. Et maintenant, il appréhende un circuit en particulier.

Marc Marquez

Marc Marquez est revenu à seulement 19 points de Jorge Martin après avoir réalisé le week-end parfait à Aragon. Mais dans sa remontée vers le titre MotoGP 2026, le pilote Ducati a déjà identifié le circuit qu’il redoute le plus : Mandalika. Chutes, commotion cérébrale, problème mécanique puis grave blessure à l’épaule, l’Indonésie ne lui a pratiquement laissé que de mauvais souvenirs. Pour le reste du calendrier, le champion du monde se montre beaucoup plus serein. Sa stratégie est désormais claire : gagner là où il est fort et limiter les dégâts ailleurs.

Il y a quelques semaines encore, la situation paraissait beaucoup plus compliquée pour Marc Marquez. À Silverstone, le pilote Ducati avait connu l’un de ses week-ends les plus difficiles de la saison : neuvième du Sprint puis septième du Grand Prix. Conséquence : 40 points de retard sur Jorge Martin.

Aragon a presque effacé tout cela. Marquez y a remporté le Sprint puis le Grand Prix, empochant les 37 points disponibles pendant que Martin connaissait un week-end plus discret. L’écart entre les deux hommes est désormais tombé à 19 points.

Et à l’approche de la dernière partie du championnat, Marquez commence forcément à regarder ce que lui réserve le calendrier. Et un circuit l’inquiète beaucoup plus que les autres.

Marc Marquez : « Historiquement, l’Indonésie est le pire »

Interrogé sur les Grands Prix susceptibles de lui poser des problèmes dans la course au titre, Marquez refuse d’abord de se projeter trop loin. « Course par course. » Puis il fait une exception sur crash.net. « Historiquement, l’Indonésie est le pire pour moi, car chaque année j’y ai de mauvais souvenirs. »

Difficile de lui donner tort. Depuis l’arrivée de Mandalika au calendrier, la relation entre Marquez et le circuit indonésien ressemble presque à une malédiction. En 2022, une énorme chute lors du warm-up lui provoque une commotion cérébrale et l’empêche de prendre le départ du Grand Prix.

En 2023, il chute en course. En 2024, un problème technique l’oblige encore à abandonner. Et en 2025, une collision avec Marco Bezzecchi se termine par une grave blessure à l’épaule. Quatre éditions et aucun souvenir véritablement heureux.

L’Indonésie possède donc une place très particulière dans la cartographie personnelle du pilote Ducati.

Pour le reste, Marquez ne voit plus de circuit à craindre

« Mais à part ça, je me sens bien sur tous les autres circuits. Donc, course après course. Maintenant, je récupère de cette course et je me concentre sur Misano. » À l’exception de Mandalika, Marquez estime donc pouvoir être compétitif partout.

Une donnée importante compte tenu de sa condition physique. Ses problèmes persistants à l’épaule droite l’obligent encore à gérer différemment certains circuits. Les tracés tournant majoritairement à gauche ou sollicitant moins son côté droit lui conviennent davantage, tandis que d’autres peuvent encore accentuer ses limites physiques. Aragon faisait partie des rendez-vous qu’il devait absolument exploiter. Il l’a fait parfaitement.

Marquez aborde la bataille pour le titre MotoGP « course par course ».

À Aragon, Marquez savait qu’il n’avait pas le droit de laisser des points

Le champion du monde ne s’en cache d’ailleurs pas. « Si nous voulons avoir une chance minimale de nous battre pour le championnat, sur un circuit qui nous convient bien, nous ne pouvons pas nous permettre de perdre des points. »

C’est exactement ce qu’il vient de démontrer. « C’est ce que nous avons fait le week-end dernier. C’était un bon circuit, nous avons réalisé notre meilleure performance, même Martin a eu un peu de mal ce week-end. »

La philosophie est presque mathématique. Sur les circuits favorables, Marquez doit maximiser son score. Sur ceux qui correspondent moins à sa Ducati ou à sa condition physique, il doit accepter de ne pas gagner et préserver le maximum de points.

C’est précisément cette intelligence de championnat que Massimo Rivola disait vouloir observer chez lui après Aragon : savoir reconnaître les week-ends où il faut attaquer et ceux où la régularité compte davantage que la victoire. Marquez vient d’en fournir une parfaite illustration.

Martin et Bezzecchi restent la menace

Le pilote Ducati refuse néanmoins de considérer sa remontée comme acquise. Jorge Martin reste leader et Marco Bezzecchi n’est qu’à 24 points de son coéquipier Aprilia. « Je pense que Martin et Marco seront très rapides dans cette dernière partie de la saison », prévient Marquez.

Le championnat semble donc progressivement se transformer en confrontation entre les deux Aprilia et la Ducati n°93. Avec une différence importante après Aragon : Marquez est revenu suffisamment près pour ne plus dépendre nécessairement d’un effondrement de ses adversaires. Il peut désormais construire sa remontée course après course.

Silverstone lui a montré combien un mauvais week-end pouvait coûter cher. Aragon lui a montré combien un circuit favorable pouvait rapidement inverser la dynamique. Et quelque part plus loin dans le calendrier attend désormais Mandalika.

Marc Marquez ne semble donc pas craindre la dernière partie de la saison 2026. Il a simplement entouré une date en rouge : celle du Grand Prix d’Indonésie, le circuit qui ne lui a encore pratiquement jamais rien offert sinon des chutes, des abandons et des blessures.

Avant d’y arriver, il faudra toutefois passer par Misano. Et avec seulement 19 points à reprendre à Jorge Martin, Marquez sait désormais exactement ce qu’il doit faire : prendre tout ce que les circuits favorables peuvent lui donner avant d’affronter celui qu’il considère lui-même comme son pire rendez-vous de la saison.

Marc Marquez, Grand Prix d'Aragon MotoGP 2026. Crédit : Gold and Goose.