Jorge Martin possède encore deux points d’avance sur Marc Marquez après Motegi. À ce niveau d’égalité, Massimo Rivola ne cherche plus la clé du championnat dans une supériorité technique ou dans le calendrier : « La clé du succès résidera dans l’absence d’erreurs. » Une formule presque banale qui prend une dimension particulière avant Mandalika, où Marquez n’a encore jamais terminé un Grand Prix MotoGP. Et le patron d’Aprilia prévient : malgré l’écart qui se creuse, il refuse également d’effacer Marco Bezzecchi de l’équation.
Deux points : la vitesse ne suffit pratiquement plus … Jorge Martin est arrivé au Japon avec douze points d’avance. Marc Marquez en est reparti avec deux de retard. Entre les deux, le pilote Ducati a remporté le Sprint puis le Grand Prix tandis que Martin a fait ce qu’il pouvait encore faire de mieux : rester immédiatement derrière lui et limiter les dégâts.
À ce stade, Rivola considère sur GPOne que la bataille pourrait se jouer moins sur celui qui saura trouver davantage de vitesse que sur celui qui en abandonnera le moins. « Je pense que la clé du succès résidera dans l’absence d’erreurs. »
Une chute, un mauvais choix, une qualification ratée ou un zéro peuvent désormais peser davantage que plusieurs deuxièmes places. Et les deux candidats au titre le savent parfaitement.
Martin possède une expérience que Bezzecchi n’a pas encore
Rivola insiste notamment sur une différence entre ses deux pilotes Aprilia. Bezzecchi possède la vitesse pour se battre devant et a largement contribué à faire progresser la RS-GP. Mais Martin dispose d’une expérience particulière : celle d’avoir déjà vécu un championnat jusqu’à son terme, dans la victoire comme dans la défaite.
« Il a réussi à marquer des points même dans les moments difficiles. Tout cela fait partie de l’expérience d’un pilote qui a remporté et perdu un championnat du monde. » Voilà peut-être l’une des raisons pour lesquelles Motegi peut être considéré comme un bon week-end pour Martin malgré les dix points repris par Marquez. Il n’a pas gagné. Mais il n’a pas laissé une domination de son adversaire devenir une catastrophe comptable.
Rivola refuse pourtant d’enterrer Bezzecchi
Le patron d’Aprilia Racing ne réduit pas officiellement le championnat à Martin contre Marquez.
« Je crois encore en Marco. » Bezzecchi sort d’une période compliquée, notamment après ses chutes d’Assen puis d’Allemagne. Rivola souligne justement sa capacité à revenir immédiatement à un niveau très élevé après cette séquence.
Mais il reconnaît également la différence d’expérience. « Il est moins habitué à se battre pour un championnat du monde que Jorge et surtout que Marc. L’histoire le prouve. » Mathématiquement, Bezzecchi conserve donc ses chances. Sportivement, il lui faut désormais probablement autre chose que ses propres bons résultats : Martin et Marquez doivent commencer à perdre des points. Et jusqu’ici, les deux hommes lui en offrent très peu.

Mandalika va immédiatement tester la théorie de Rivola
Le calendrier apporte maintenant un cas d’école. Sur le papier, Rivola estime l’Indonésie plus favorable à Aprilia qu’à Ducati. Mais il se méfie suffisamment des certitudes pour rappeler que certains circuits supposés convenir à la RS-GP n’ont pas toujours produit les résultats attendus.
Pour Marquez, Mandalika possède une dimension supplémentaire.
Il n’y a encore jamais terminé un Grand Prix MotoGP. Sa spectaculaire chute de 2022 avait précédé une récidive de diplopie et ses différentes visites sur le circuit indonésien ont rarement été tranquilles.
Cela ne permet évidemment pas de prédire ce qui se produira en 2026. Marquez arrive avec une autre moto et dans une dynamique totalement différente. Mais à deux points de Martin, son rapport bénéfice-risque n’est plus le même. Il n’a plus besoin de récupérer massivement du terrain. Il doit éviter d’en abandonner.
Le championnat peut désormais basculer sans victoire
Pendant sa remontée, Marquez devait gagner et reprendre des points. À deux unités de Martin, il n’a même plus besoin de gagner pour prendre la tête du championnat. Martin, inversement, n’a aucune raison de transformer chaque duel en quitte ou double. Sa force cette saison tient justement à sa capacité à marquer lorsque la victoire n’est pas accessible.
Le prochain affrontement ne se résume donc plus à savoir lequel des deux sera le plus rapide. Il s’agit de savoir lequel saura reconnaître le moment où une deuxième, une troisième ou même une quatrième place vaut davantage qu’une tentative de victoire.
Rivola connaît suffisamment Marquez pour ne pas espérer qu’il cesse soudainement d’être rapide. « Nous savons pertinemment que Marc nous donnera du fil à retordre jusqu’au dernier virage. » Il reste alors une autre manière de le battre. Ne rien lui donner.
À deux points d’écart et avant un circuit où Marquez n’a jamais vu le drapeau à damier le dimanche, la phrase de Rivola ressemble moins à une évidence qu’à la première règle de cette fin de championnat : le titre pourrait désormais se perdre beaucoup plus facilement qu’il ne se gagnera.
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