Moto GP
Publié le 8 octobre 2026 • 12:00 par André Lecondé

MotoGP Indonésie, Marc Marquez pourrait devoir copier Aldeguer pour vaincre Mandalika : « Il étudiera ses données »

Marc Marquez n'a jamais terminé un GP à Mandalika. Les données 2025 du vainqueur Fermin Aldeguer devraient l'y aider.

Marc Marquez arrive en Indonésie à seulement deux points de Jorge Martin, mais avec une anomalie étonnante dans son immense palmarès : il n’a encore jamais terminé un Grand Prix MotoGP à Mandalika. Pour Mat Oxley, une partie de la solution pourrait se trouver dans les données d’un pilote beaucoup moins expérimenté que lui. Fermin Aldeguer avait compris en 2025 comment contourner l’une des faiblesses de la Ducati avec le pneu arrière renforcé Michelin. Marquez pourrait désormais chercher à reproduire certains éléments du pilotage de son jeune compatriote.

Le maître pourrait cette fois étudier l’élève

Marc Marquez possède neuf titres mondiaux, des dizaines de victoires et une capacité d’adaptation qui constitue précisément l’une de ses grandes forces. Pourtant, avant Mandalika, Mat Oxley estime qu’il pourrait passer beaucoup de temps avec Marco Rigamonti devant les données… de Fermin Aldeguer.

« Marquez passera une grande partie de la semaine penché sur son écran d’ordinateur avec son chef mécanicien à analyser les données d’Aldeguer d’octobre dernier », explique le journaliste de Motor Sport.

Pourquoi Aldeguer ? Parce que le jeune Espagnol avait trouvé en 2025 une manière particulièrement efficace d’exploiter la Ducati dans des conditions qui avaient davantage gêné les autres Desmosedici. Et il avait terminé le travail en remportant son premier Grand Prix MotoGP.

« Le problème n’est pas simplement un pneu « anti-Ducati »

Mandalika utilise une construction arrière Michelin renforcée destinée à supporter les contraintes thermiques particulièrement élevées du circuit. Nous avons déjà vu pourquoi il faut se méfier des raccourcis à son sujet.

Une carcasse plus rigide modifie la déformation du pneu et peut changer la manière dont la moto génère adhérence et traction. Mais cela ne signifie pas que ce pneu serait intrinsèquement mauvais pour Ducati.

Motegi vient d’en apporter une démonstration spectaculaire : après les problèmes rencontrés avec les autres gommes pendant le Sprint, Michelin a imposé le dur à construction renforcée dimanche. Et Marquez a gagné. Mandalika présente cependant des caractéristiques très différentes. Et c’est là qu’Aldeguer devient intéressant.

Aldeguer conservait davantage de vitesse en courbe

Selon Oxley, le rookie souffrait moins que d’autres pilotes Ducati avec cette construction parce que son pilotage reposait davantage sur la vitesse de passage en virage. Plutôt que de construire toute sa performance autour des énormes phases de freinage, de rotation puis d’accélération qui conviennent traditionnellement très bien à la Ducati, Aldeguer conservait davantage de vitesse au milieu de la courbe. Une caractéristique que l’on retrouve également dans le comportement des Aprilia.

Pour Marquez, l’objectif ne serait donc évidemment pas de devenir Fermin Aldeguer en trois jours. Il s’agirait d’identifier où et comment son compatriote modifiait l’exploitation de la Ducati.

Oxley pointe notamment la pression exercée sur le frein et son interaction avec l’angle de la moto. « Il cherchera à adapter la pression de freinage et l’angle d’inclinaison afin de maintenir une vitesse plus élevée en entrée et en sortie de virage. »

Marc Marquez

Tout l’intérêt de Marc Marquez est justement de savoir se transformer

L’idée peut sembler presque insolente. Demander à Marc Marquez de prendre exemple sur un rookie ? Mais elle raconte en réalité l’une des raisons pour lesquelles le numéro 93 reste aussi redoutable.

Marquez n’a jamais construit sa carrière sur l’idée qu’un champion devait imposer partout exactement la même manière de piloter. S’il découvre dans les données d’Aldeguer quelques dixièmes susceptibles de l’aider, l’identité du pilote qui les a produits importe peu. Et cette faculté d’adaptation pourrait être particulièrement précieuse ce week-end.

Car Aprilia attend précisément Mandalika

Le problème de Marquez ne se limite pas à résoudre l’équation Ducati-Michelin. Jorge Martin arrive avec deux points d’avance au championnat et Aprilia considère Mandalika comme un circuit potentiellement favorable à la RS-GP.

Dani Pedrosa a notamment identifié les deux premiers secteurs comme particulièrement adaptés à la moto de Noale. Marco Bezzecchi reste lui aussi mathématiquement dans la bataille.

Autrement dit, l’endroit où Marquez doit apprendre à limiter les faiblesses de sa Ducati est aussi celui où ses principaux adversaires espèrent exploiter les qualités de leur Aprilia.

Mandalika, dernière anomalie du palmarès Marc Marquez

Et puis il reste cette statistique. Depuis l’arrivée de Mandalika au calendrier en 2022, Marc Marquez n’y a jamais terminé le Grand Prix MotoGP. Il y a eu sa violente chute de 2022 et la récidive de diplopie qui avait suivi. Puis d’autres abandons, jusqu’à l’accrochage avec Bezzecchi en 2025 qui avait de nouveau transformé son voyage indonésien en cauchemar.

Il serait abusif de parler d’une véritable « malédiction ». Mais la série existe. Et elle arrive au pire moment possible : Marquez vient de ramener son retard sur Martin de douze à deux points et n’a désormais aucun intérêt à transformer Mandalika en nouvelle course à quitte ou double.

Voilà pourquoi les données d’Aldeguer pourraient valoir beaucoup plus qu’une simple curiosité technique. Marc Marquez n’a pas nécessairement besoin de battre Jorge Martin en Indonésie.

Il doit surtout trouver enfin comment terminer Mandalika sans renoncer à être rapide. Et pour résoudre cette énigme, le champion aux neuf couronnes pourrait cette fois trouver quelques réponses chez celui qui n’avait encore jamais gagné un Grand Prix avant d’y parvenir précisément ici. À Mandalika, le professeur Marquez pourrait donc commencer son week-end en étudiant la copie d’Aldeguer.

Marc Marquez

 

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