FSBK Moto 3 MotoJunior
Publié le 8 octobre 2026 • 10:00 par Marc Seriau

Interview Sébastien Poirier (FFM) : « J’espère que l’un des deux, voire les deux pourront intégrer le Championnat du monde Moto3 l’année prochaine »

Sébastien Poirier, Président de la FFM, fait le point sur la relève française aux portes du Championnat du monde Moto3...

Pour favoriser la relève des champions français Fabio Quartararo et Johann Zarco, la Fédération Française de Motocyclisme ( FFM ) poursuit son investissement en faveur des jeunes pilotes évoluant en vitesse à travers son programme « Génération Vitesse ». Figure de proue de ce dispositif, l’Équipe de France Espoir compte cette saison dans ses rangs trois pilotes évoluant dans trois structures différentes : Guillem Planques, David Da Costa et Enzo Bellon.

Et une première bonne nouvelle est arrivée lors du Grand Prix MotoGP de Saint-Marin, avec l’officialisation de l’arrivée de David Da Costa en Championnat du monde Moto3 l’année prochaine, sous les couleurs du team Snipers.

Souhaitant faire le point sur d’éventuelles autres possibilités, nous avons contacté la FFM dont le Président, Sébastien Poirier, a eu la gentillesse de nous répondre.


🎤 Président, ce Grand Prix de San Marin était un bon weekend pour la vitesse française, avec cette annonce d’un premier pilote français en Moto 3 l’an prochain…

Sébastien Poirier :  « Oui. Tout à fait. Nous, quand je dis nous, c’est évidemment toute la communauté passionnée de moto et plus spécialement de vitesse, étions frustrés d’avoir deux très beaux champions en MotoGP évidemment, mais aucun pilote en Moto3 et en Moto2.

En tant que Fédération, nous sommes très heureux de l’arrivée de David en Championnat du Monde Moto3. Cela donne du sens au projet que nous portons depuis 2022 avec un pilote qui a un parcours très français. Il a débuté en Mini OGP sur des pistes de Karting puis évolué en Promosport, en Supersport 300 avant d’être sacré Champion de France Objectif Grand Prix by Motul en 2023. C’est important pour nous et pour tout le travail que l’on mène, de rappeler qu’on peut parfaitement aujourd’hui atteindre les Grands Prix et débuter en France, sur nos formules françaises qui sont de qualité.

Je suis également fier des acteurs français qui ont permis l’arrivée de David en Moto3, en effet, c’est au sein de structures françaises que son potentiel s’est révélé. D’abord avec le team BRS de Jean-Dominique Brechon puis à partir de 2025 avec le JEG Racing Take Off GP managé par Juan-Éric Gomez. Évidemment, j’associe à cet accomplissement le travail de Claude Michy, de Frédéric Protat… Cette réussite est également le fruit de l’accompagnement individualisé que nous proposons à nos meilleurs espoirs, depuis nos collectifs jusqu’à l’Equipe de France à travers les stages de regroupement fédéraux mais aussi notre présence à leurs côtés et avec la parfaite relation que nous entretenons avec les différents teams sur les épreuves internationales, notamment en Championnat du Monde FIM MotoJunior™.

Cette réussite est collective et fait briller notre filière française, chacun a son niveau à travailler pour voir l’arrivée d’un pilote français, des teams, des éducateurs, des partenaires français, l’organisateur du GP de France… Je pense que c’est comme cela que nous devons travailler, fédérer les efforts et non les diviser. »

🎤 Je me souviens qu’il y a 3 ans, Alexis Masbou, à l’époque entraîneur de l’Équipe de France Espoir Vitesse pour la FFM, s’était presque engagé à avoir un nouveau pilote en Grand Prix trois ans plus tard. C’est fait, et ça justifie toute l’action menée, alors que c’était loin d’être évident…

« Le haut niveau est très exigeant et il faut faire preuve d’humilité car les projections que nous pouvons faire sur un jeune comportent toujours une partie aléatoire tant il y a de facteurs, d’événements, d’incidents qui peuvent intervenir à ces âges.

Pour atteindre les Grands Prix, c’est une rigueur, un travail au quotidien, des sacrifices à tous les niveaux avec au final beaucoup de candidats mais très peu d’élus. A l’époque nous avions évoqué la construction d’une filière, à l’image de celle que nous avons en motocross. Cela passe nécessairement par une base large de la pyramide et le premier objectif de la Fédération est d’accroitre cette base. C’est notre priorité fédérale, cela s’inscrit dans le temps long mais c’est à travers cette base que nous pourrons avoir une filière dont sortiront régulièrement nos futurs champions.

Il est donc important pour la Fédération de démocratiser l’accès à la pratique au plus grand nombre, d’animer le territoire avec des Championnats régionaux, d’avoir des Championnats de France Mini OGP et Moto4 OGP by Motul forts. Nos pilotes doivent se révéler à travers notre filière de formation car oui on peut tout à fait construire un projet de haut niveau en France avant de disputer un cycle d’épreuves international.

Je me souviens du lancement du programme Génération Vitesse et de l’accueil que nous a réservé l’industrie : Claude Michy, Motul, Shark, Furygan, Dafy… Ils ont tous joué le jeu dès le départ pour accompagner un projet incertain portant l’ambition de structurer une pyramide et donc une filière sans certitude.

La route est longue entre le Championnat de France et le Championnat du Monde Moto 3. Le championnat Moto4 européen et le championnat du monde Moto3 Junior représentent des investissements considérables pour les familles et leurs partenaires. »

 

🎤 Espérons donc que cette première officialisation en amène d’autres, et notons que d’autres Français sont déjà assez compétitifs en Moto4 : on voit bien que ça commence à marcher et que le niveau des Français progresse dans toutes les catégories internationales précédant les Grands Prix, Moto4, MotoJunior, Rookies Cup… 

« Guillem Planques et Enzo Bellon évoluent également en Moto3 Junior. Guillem a eu l’occasion de se faire remarquer. Enzo a connu des épreuves plus difficiles mais son potentiel est présent et il va performer, nous en sommes persuadés. J’espère que l’un des deux, voire les deux pourront intégrer le Championnat du monde Moto3 l’année prochaine. Je crois en la mobilisation des acteurs de notre filière tricolore qui ont de l’influence dans le paysage des Grands Prix pour accompagner ces pilotes en mondial l’année prochaine.

L’arrivée de David en Moto3 me conforte dans l’idée que c’est tous ensemble que l’on peut réussir.

En parallèle, nous avons de la qualité et des drapeaux tricolores que l’on commence à voir régulièrement sur la première page des classements sur les deux Championnats internationaux majeurs (près d’une dizaine de jeunes pilotes y participent) et qui incarnent donc la relève. Il faut donc poursuivre notre travail et l’inscrire dans la durée. Il est difficile car au-delà de la considération purement sportive, il y a cette considération financière qu’on ne peut pas occulter. La Fédération en accompagne un maximum à travers des conventions financières et un suivi régulier de leurs performances. »

🎤 Alors on a un beau championnat de France FSBK avec des catégories jeunes indispensables à la réussite de ce projet…

« Oui, nous devons être fiers de notre championnat de France qui a passé un cap cette année avec la diffusion vidéo. Nos catégories jeunes, notamment OGP Moto 4 by Motul, constituent des moments clés de la progression de nos pilotes. L’émulation collective est au cœur de la réussite. Nos catégories jeunes sont alimentées par les championnats régionaux et le championnat de France Mini OGP by Motul qui a parfaitement trouvé sa place dans la construction de notre projet fédéral.

L’objectif pour nous est de consolider cette filière et cette dynamique avec l’ensemble des acteurs de notre filière, nos partenaires, Claude Michy. Le fait que Eric De Seynes soit propriétaire d’un team en Moto2 constitue une excellente nouvelle pour nos jeunes pilotes français. »

 

🎤 Et Johann Zarco est toujours impliqué avec les jeunes pilotes…

« Johann est à nos côtés depuis le début en tant que parrain du programme Génération Vitesse. Il inspire notre jeunesse, joue en quelque sorte le rôle de « grand frère » avec une générosité inestimable, à l’image du personnage. On a besoin de tous pour réussir et voir émerger cette nouvelle génération et je sais qu’il aide à titre personnel certains pilotes dans leur progression.

Pour en revenir à sa saison, je suis très heureux de retrouver Johann sur les circuits car il nous a fait terriblement peur. Le savoir déjà sur une moto en 2026 et performer dans les points, c’est déjà quelque chose d’extraordinaire. Johann nous a habitué à tellement de contre-pieds et c’est à l’image de son parcours sportif. Johann est à présent en pleine forme et j’ai le sentiment également que Fabio a trouvé une certaine forme de sérénité en cette fin de saison, en ayant soldé quant à son avenir. Donc des choses qui ne s’alignent pas trop mal pour la fin de cette année et puis surtout pour l’année prochaine. »

Sébastien Poirier FFM Moto3 Sébastien Poirier FFM Moto3 Sébastien Poirier FFM Moto3 Sébastien Poirier FFM Moto3

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