Marc Marquez vient de réaliser un week-end parfait au Japon, avec 37 points sur 37 possibles. Pourtant, derrière cette démonstration sportive, Neil Hodgson observe un champion qu’il ne reconnaît presque plus. Moins démonstratif, constamment préoccupé par son épaule droite et soucieux de préserver son énergie, le pilote Ducati donnerait l’impression de repousser ses limites physiques pour rester dans la bataille mondiale face à Jorge Martin. « Il est à la limite de ses capacités physiques », estime l’ancien pilote britannique. Une lecture qui donne une autre dimension au duel pour le titre 2026.
Des pompes sur la grille : une scène qui interpelle Hodgson
Quelques instants avant le départ du Sprint de Motegi, Marc Marquez s’est livré à un exercice inhabituel. Sur la grille, le champion du monde en titre effectuait des pompes. Un geste qui pourrait sembler anodin, mais qui a profondément intrigué Neil Hodgson.
Dans le podcast Gas It Out, l’ancien pilote, aujourd’hui consultant pour TNT Sports, raconte sa surprise. « De toute ma vie passée dans ce paddock, que ce soit en course ou à la télévision, je n’ai jamais vu un pilote faire des pompes avant le départ d’une course. »
Hodgson y voit une tentative de préparer une épaule droite dont les blessures successives ont profondément marqué la carrière de Marquez. « Il essaie de solliciter son épaule. Sur toutes les images de Marc Marquez, lorsqu’il se prépare à enfourcher sa moto, il est en train de s’occuper de son épaule. C’est incessant. »
Pour le Britannique, cette préoccupation physique est désormais visible jusque dans les derniers instants précédant une course.
« Je n’ai jamais vu Marc Marquez comme ça »
Mais Hodgson ne s’arrête pas à l’observation de ces gestes. Il remarque également une transformation dans l’attitude générale du pilote Ducati. « Mon Dieu, il est sérieux, n’est-ce pas ? Je ne l’ai jamais vu comme ça. »
Le Marquez qui multipliait autrefois les sourires, les plaisanteries et les célébrations démonstratives lui semble aujourd’hui beaucoup plus intériorisé. Même après sa victoire dans le Sprint japonais, Hodgson a été frappé par sa retenue. « Même sur le podium du Sprint, il ne célèbre presque pas, car le travail n’est pas encore terminé. »
L’ancien pilote imagine presque son raisonnement : « Oui, je viens de gagner le Sprint… et alors ? » Une attitude qui pourrait simplement traduire la concentration d’un champion engagé dans une lutte mondiale extrêmement serrée. Mais Hodgson lui donne une signification supplémentaire.
🎯 @marcmarquez93 will be aiming for a perfect 37 point weekend#JapaneseGP 🇯🇵 pic.twitter.com/b64FzYBB7Y
— MotoGP™🏁 (@MotoGP) October 4, 2026
« Marc Marquez est à la limite de ses capacités physiques »
C’est ici que son analyse devient particulièrement forte. « Il a toujours l’air d’essayer d’économiser son énergie parce que, de toute évidence, il est à la limite de ses capacités physiques, je dirais. » Hodgson exprime une impression personnelle. Il ne dispose pas, dans ces déclarations, d’éléments médicaux permettant d’établir que Marquez aurait atteint une limite physiologique précise.
Mais son observation soulève une question essentielle. Depuis sa grave blessure de Jerez en 2020, Marquez a traversé plusieurs opérations, de longues périodes de rééducation et de nouveaux accidents. Son épaule et son bras droits ont notamment été touchés lors de sa chute de Mandalika en 2025.
À 33 ans, il possède toujours la vitesse et l’intelligence de course nécessaires pour battre les meilleurs. Mais le coût physique de cette performance pourrait être devenu considérablement plus élevé.
Gagner davantage avec une marge physique réduite
L’an dernier, Marquez avait dominé le championnat en imposant rapidement sa supériorité. Cette saison, Jorge Martin lui oppose une résistance constante au guidon de l’Aprilia. Après seize Grands Prix, deux points seulement séparent les deux Espagnols.
Chaque Sprint, chaque qualification et chaque course exigent donc une intensité maximale. Dans ces conditions, la gestion de l’énergie ne relève plus uniquement de la préparation physique. Elle devient une composante de la stratégie sportive.
Hodgson semble précisément observer cette évolution : un Marquez toujours capable de gagner, mais beaucoup plus attentif à ce qu’il dépense pour y parvenir.
Mandalika, un défi qui dépasse le championnat
Cette analyse prend une résonance particulière avant le Grand Prix d’Indonésie. Mandalika reste associé à plusieurs épisodes douloureux pour Marquez, notamment ses accidents de 2022 et 2025.
Le circuit ne lui a jamais permis de terminer un Grand Prix MotoGP le dimanche. Et cette fois, il y arrive avec seulement deux points de retard sur Martin. La tentation de poursuivre sa remontée sera forcément importante.
Mais la nécessité de préserver son intégrité physique pourrait peser tout autant. Le Marquez de 2026 n’est peut-être plus celui qui pouvait se permettre de tout risquer à chaque instant.
Il demeure pourtant capable de remporter un Sprint et un Grand Prix dans le même week-end. Marc Marquez n’a peut-être jamais autant dû gérer son corps pour continuer à imposer son talent.
Et si le véritable exploit de sa saison 2026 n’était pas seulement de lutter pour un dixième titre mondial, mais de le faire en repoussant, course après course, les limites physiques que ses blessures lui ont laissées ?








