Moto GP
Publié le 11 octobre 2026 • 16:00 par André Lecondé

MotoGP Indonésie, VIDEO – La farce Bibendum est de retour : « On a l’air bêtes ! » Pedro Acosta dénonce une bataille truquée par la pression des pneus

Acosta et Marc Marquez ont dû échanger leurs positions pour gérer la pression du pneu avant, permettant à Ai Ogura d'en profiter.

Acosta

À Mandalika, Pedro Acosta et Marc Marquez se sont échangé leurs positions pour une raison qui n’avait rien de sportif : respecter la pression minimale du pneu avant. Une situation qui a permis à Ai Ogura de profiter de leur ralentissement. Après les difficultés de Jorge Martin en Sprint, la réglementation Michelin s’invite une nouvelle fois au cœur de la course. Et Acosta commence à perdre patience.

Deux pilotes qui se laissent volontairement dépasser, puis recommencent quelques instants plus tard. Vu des tribunes, la scène pouvait ressembler à une étrange partie de poker. Mais entre Pedro Acosta et Marc Marquez, il ne s’agissait ni de courtoisie ni de stratégie d’équipe. C’était une question de pression de pneu.

Dimanche, au Grand Prix d’Indonésie, les deux Espagnols ont dû composer avec les contraintes réglementaires imposées autour du pneu avant Michelin. Une gestion qui a fini par peser sur leur duel et sur leur classement.

Acosta : « La bataille avec Marc n’était pas réelle »

Pedro Acosta n’a pas cherché à embellir la situation après l’arrivée. « On a l’air bêtes. Je pense que Marc avait les mêmes problèmes que moi, parce qu’il me laissait parfois passer. »

La mécanique est connue : rouler derrière une autre moto peut faire monter la température et la pression du pneu avant. En piste dégagée, cette pression peut au contraire redescendre.

Acosta a donc temporairement cédé sa position à Marquez pour revenir dans une fenêtre réglementaire acceptable. Puis il est repassé à l’attaque. « La bataille avec Marc n’était pas réelle. Je l’ai laissé passer, puis il m’a laissé passer, et nous avons perdu beaucoup de temps. »

Une confession étonnante dans un championnat où chaque dixième compte. Le pilote KTM reconnaît que leur rythme était comparable et qu’une lutte normale aurait probablement permis de mieux contenir leurs poursuivants.

Ogura, le grand bénéficiaire de cette étrange chorégraphie

Le problème ne concernait pas seulement les deux hommes. En ralentissant pour gérer leurs pneus, Acosta et Marquez ont offert une occasion à Ai Ogura. Le Japonais a dépassé les deux motos et s’est emparé de la quatrième place.

Acosta a finalement terminé devant Marquez, sixième, mais leur affrontement avait perdu une partie de sa logique sportive. L’Espagnol précise avoir reçu son avertissement suffisamment tôt, à treize tours de l’arrivée, pour pouvoir réagir.

Il a donc respecté les contraintes sans subir de pénalité finale. Mais ce respect a eu un prix : du temps perdu et une position abandonnée à un adversaire. La réglementation n’a pas seulement influencé la performance. Elle a directement modifié les décisions prises pendant la bataille.

Après Martin en Sprint, le problème devient collectif

La veille, Jorge Martin avait déjà dû composer avec la pression de son pneu avant alors qu’il occupait la tête du Sprint. Deux courses, deux épisodes dans lesquels la nécessité de respecter une valeur technique a pris le pas sur la défense d’une position. Et deux constructeurs différents concernés.

Le phénomène dépend notamment des conditions de température, du trafic et de la capacité de chaque machine à charger son train avant. Il serait donc excessif d’y voir un problème exclusivement lié à Ducati, KTM ou Aprilia.

En revanche, il devient difficile de considérer ces épisodes comme de simples anomalies sans conséquence sur le spectacle.

Acosta propose de contrôler la pression avant le départ

Le pilote KTM avance une solution : imposer une pression minimale vérifiée sur la grille, puis laisser les concurrents gérer librement leur course. Son argument repose sur l’imprévisibilité des circonstances. « On ne peut pas tout prévoir. »

Un pilote peut anticiper une course dans le trafic et finalement se retrouver seul en tête. Il peut aussi devoir modifier sa trajectoire ou son rythme en fonction d’adversaires qu’il ne contrôle pas.

Reste une difficulté : la pression évolue considérablement pendant l’épreuve, et un contrôle initial ne garantirait pas à lui seul le respect des contraintes de fonctionnement et de sécurité des pneus. La proposition d’Acosta nécessiterait donc l’accord de Michelin et des instances réglementaires.

Mais elle pose une question essentielle. Quand deux pilotes doivent se laisser passer pour respecter une règle, assiste-t-on encore à leur véritable duel en MotoGP ? À Mandalika, Acosta et Marquez ont respecté le règlement. C’est précisément ce qui a rendu leur bataille aussi artificielle.

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