Trois Aprilia aux quatre premières places, une victoire de Marco Bezzecchi et Jorge Martin de nouveau leader du championnat : Mandalika ressemble à une démonstration de force pour Noale. Pourtant, Marc Marquez repart d’Indonésie avec seulement deux points de retard. Un paradoxe qui résume parfaitement la lutte pour le titre MotoGP 2026.
Aprilia a gagné la bataille de Mandalika. Mais a-t-elle réellement gagné du terrain dans la guerre du championnat ? La question mérite d’être posée après un Grand Prix d’Indonésie dominé par les RS-GP.
Marco Bezzecchi s’est imposé devant Raul Fernandez et Jorge Martin, tandis qu‘Ai Ogura a pris la quatrième place. Un résultat collectif exceptionnel qui contraste avec les difficultés de Ducati. Marc Marquez n’a terminé que sixième. Francesco Bagnaia, lui, a chuté. Et pourtant, au classement général, presque rien n’a changé.
Deux points : le championnat refuse de choisir son leader
Après Motegi, Jorge Martin possédait deux points d’avance sur Marc Marquez. Samedi, la victoire du pilote Ducati en Sprint avait inversé la situation : quatre longueurs d’avance pour Marquez. Dimanche, le podium de Martin et la sixième place de son rival ont rétabli l’ordre précédent.
Martin compte désormais 355 points contre 353 à Marquez. Deux points après deux Grands Prix, malgré des scénarios radicalement différents. Cette stabilité illustre la difficulté d’Aprilia à transformer sa supériorité du moment en avantage durable au championnat.
Marquez n’a pas disposé de la meilleure moto à Mandalika. Il a néanmoins limité les dégâts, après avoir remporté le Sprint la veille. À ce stade de la saison, cette capacité à sauver des points pourrait peser autant qu’une victoire supplémentaire.
Bezzecchi gagne, Fernandez résiste : Aprilia frappe partout
La victoire de Marco Bezzecchi possède une saveur particulière. Samedi, son Sprint s’était arrêté dès le premier virage après un accrochage avec Raul Fernandez. Dimanche, l’Italien a retrouvé le sommet du podium, une première depuis le Grand Prix d’Italie.
Derrière lui, Fernandez a décroché une remarquable deuxième place malgré deux fractures aux doigts de la main droite consécutives à sa chute de la veille. Le pilote TrackHouse avait déjà signé la pole position, confirmant la compétitivité de l’Aprilia sur ce circuit.
Avec Martin troisième et Ogura quatrième, Noale a placé quatre motos aux quatre premières positions. Ce résultat révèle aussi la profondeur de son dispositif : la performance ne repose plus exclusivement sur les pilotes de l’équipe officielle.

Ducati : Marquez sauve les meubles, Bagnaia disparaît
Chez Ducati, le contraste est saisissant. Marquez a dû composer avec la pression de son pneu avant, au point d’échanger volontairement sa position avec Pedro Acosta. Cette gestion a ralenti les deux Espagnols et permis à Ogura de les dépasser. Marquez a finalement terminé sixième, derrière la KTM d’Acosta.
Pour Bagnaia, le bilan est autrement préoccupant. Huitième du Sprint, puis victime d’une chute au sixième tour dimanche, l’Italien a surtout dénoncé une perte d’adhérence et de contrôle à l’accélération qu’il estime particulièrement visible depuis deux saisons.
Un diagnostic personnel qui ne suffit pas à condamner toute la Desmosedici, mais qui souligne les difficultés actuelles du constructeur italien. Ducati conserve un candidat au titre redoutable. Elle ne dispose plus, à Mandalika, de la supériorité collective qu’elle affichait auparavant.
Une domination technique qui reste à convertir au championnat
Le classement constructeurs traduit cette évolution. Aprilia reprend la tête avec douze points d’avance sur Ducati, tandis que KTM demeure nettement distancée. Au classement des pilotes, cependant, Martin n’a toujours aucune marge de sécurité. Et Bezzecchi, malgré sa victoire, reste suffisamment éloigné des deux premiers pour que son succès ne bouleverse pas immédiatement la hiérarchie.
La situation dessine deux batailles différentes : Aprilia contre Ducati pour la domination technique, Martin contre Marquez pour la couronne mondiale. Mandalika a montré quelle marque possédait les meilleures armes ce dimanche. Mais le championnat MotoGP rappelle qu’avoir la meilleure moto ne garantit pas encore de battre Marc Marquez. À deux points près, toute la différence est là.









