Pierre Gasly ne digère pas les verdicts à géométrie variable. Après la collision entre Lando Norris et Oscar Piastri lors du sprint de Singapour, les commissaires ont décidé de ne sanctionner personne. Un choix qui ravive le souvenir de Bakou : Franco Colapinto avait, lui, écopé d’une pénalité après avoir provoqué un accident impliquant Gasly et Norris. Et Arvid Lindblad, impliqué dans un autre accrochage entre équipiers, était reparti sans sanction. De quoi donner au pilote Alpine une question simple : les mêmes règles s’appliquent-elles vraiment à tout le monde ?

Gasly pointe trois décisions en trois courses.
Le coup de colère de Gasly n’est pas tout à fait un coup de tonnerre. Il sait qu’une pénalité contre Norris lui aurait rapporté un point. Il ne s’en cache pas. Mais le Français met surtout le doigt sur une comparaison que la FIA aurait sans doute préféré laisser au fond du classement : trois collisions, plusieurs pilotes concernés, et des décisions différentes.
« C’est une autre collision entre coéquipiers. Il n’y a pas d’enquête supplémentaire », a-t-il résumé après le sprint.
À Singapour, les commissaires partagent les torts
Dans le sprint, Norris a tenté de dépasser son équipier à l’intérieur du virage 5. Les deux McLaren se sont touchées : Piastri a fini dans la barrière et a abandonné, tandis que Norris a pu repartir et terminer huitième. Les commissaires ont étudié l’incident avant de conclure que les deux pilotes avaient contribué à la collision, sans qu’aucun ne soit « entièrement ou principalement » responsable. Verdict : aucune sanction
C’est une décision défendable sur le papier : si la faute est partagée, pourquoi punir un seul pilote ? Mais la question se pose forcément pour Gasly. À Bakou, Colapinto avait provoqué un carambolage au premier virage après le redémarrage de la voiture de sécurité. Il avait manqué son freinage, percuté Gasly, puis l’Alpine avait été projetée sur Norris. Les commissaires avaient estimé que l’Argentin était principalement responsable. Comme il avait abandonné, sa pénalité de dix secondes s’était transformée en recul de cinq places sur la grille suivante.
La différence entre les dossiers existe : à Singapour, les commissaires ont estimé que les deux pilotes McLaren avaient leur part de responsabilité ; à Bakou, Colapinto a été jugé principalement fautif. Mais c’est précisément là que la FIA doit convaincre. Les décisions sont-elles cohérentes parce que les circonstances diffèrent, ou variables parce que chaque collision est examinée avec une grille difficile à lire de l’extérieur ? Le sport ne manque pas de règlements. Il lui manque parfois une démonstration limpide de leur application.
Lindblad échappe à la sanction, Lawson reste avec les dégâts
Le cas d’Arvid Lindblad ajoute une couche au débat. À Bakou, le pilote Racing Bulls a touché son équipier Liam Lawson dans le chaos du premier virage. Lawson a terminé sa course avec un trou dans le plancher ; Lindblad, lui, n’a pas été pénalisé. Les commissaires ont considéré que l’incident résultait principalement du manque d’espace et de la réaction en chaîne provoquée par l’accident devant eux.
Voilà donc le tableau que voit Gasly : son équipier puni pour l’avoir envoyé dans le décor ; Lindblad blanchi après avoir percuté Lawson ; Norris non sanctionné après l’accrochage avec Piastri. Les situations ne sont pas identiques, et prétendre le contraire serait trop facile. Mais pour le public, le résultat ressemble à une loterie où le règlement change de couleur selon la voiture impliquée. La FIA peut répondre avec ses rapports détaillés. Elle devra surtout expliquer pourquoi la responsabilité est retenue dans un cas et partagée ou écartée dans l’autre.
Gasly, lui, avance aussi avec un intérêt très concret : il aurait marqué un point si Norris avait été sanctionné. Cet aveu rend sa critique plus honnête, pas moins utile. Il ne se présente pas en arbitre impartial ; il rappelle qu’un verdict produit des conséquences sportives immédiates. Un point peut peser lourd pour un pilote et une équipe. Il peut aussi transformer une discussion théorique sur les règlements en vraie frustration, surtout quand le pilote concerné a déjà vu son équipier sanctionné pour un incident différent.
La FIA n’a pas besoin de rendre chaque décision identique. Elle doit rendre ses critères compréhensibles et convaincants. À Singapour, les commissaires ont jugé que Norris et Piastri avaient partagé la responsabilité. À Bakou, ils ont estimé Colapinto principalement fautif et Lindblad pris dans une réaction en chaîne. Ces justifications existent. Reste à savoir si elles suffisent à dissiper l’impression d’incohérence — ou si Gasly vient simplement de poser, à voix haute, la question que le paddock rumine tout bas.
🔵 Pierre Gasly has come out in defence of Franco Colapinto and cannot understand why Lando Norris faced no penalty following his collision with Oscar Piastri, whilst Franco was handed a grid penalty at Sepang :
« I would have scored a point if Lando had been penalised. You… pic.twitter.com/XxuKzitauD
— PG10 Inside 🇫🇷 (@PG10__Inside) October 10, 2026








