Deux points seulement séparent Jorge Martin de Marc Marquez à cinq Grands Prix de la fin. Et contrairement à ceux qui imaginent Ducati reprendre naturellement l’avantage après Mandalika, Alex Marquez voit venir une fin de saison particulièrement dangereuse pour son frère. L’Espagnol identifie trois circuits susceptibles de favoriser Aprilia : Phillip Island, Losail et Portimão. Un avertissement d’autant plus intéressant que Marc possède pourtant un palmarès exceptionnel en Australie.
La bataille pour le titre mondial 2026 est loin d’avoir livré son verdict. Après 17 manches, Jorge Martin conserve la tête avec deux points d’avance sur Marc Marquez, tandis que Marco Bezzecchi reste en embuscade, à 46 points de son coéquipier Aprilia.
Et pour Alex Marquez, le calendrier pourrait bien devenir le meilleur allié du constructeur de Noale. « La course au titre sera très ouverte, même si des circuits importants arrivent, notamment l’Australie, le Qatar et Portimão, où l’Aprilia peut être très performante. Marc devra faire preuve de ses talents habituels. » Une déclaration sur Motorsport.com qui sonne comme un avertissement.
Mandalika : l’occasion manquée qui maintient Ducati en vie
L’Indonésie devait constituer un rendez-vous favorable à Aprilia. Les caractéristiques du circuit et le choix pneumatique de Michelin semblaient offrir un avantage aux RS-GP. La course de dimanche a confirmé cette supériorité technique avec un quadruplé historique.
Mais au championnat, le résultat est bien moins spectaculaire. Marquez a remporté le Sprint après l’accrochage entre Bezzecchi et Raul Fernandez et les difficultés de pression du pneu avant rencontrées par Martin.
Dimanche, le pilote Ducati s’est contenté d’une sixième place, loin des Aprilia. Bilan : Martin et Marquez ont inscrit exactement 22 points chacun sur l’ensemble du week-end. Aprilia a dominé la piste, mais n’a pas augmenté son avance au championnat. Un bilan qui pourrait peser lourd en novembre.
Phillip Island : le jardin de Marc Marquez … ou celui d’Aprilia ?
Le prochain rendez-vous australien constitue le premier grand test. Phillip Island possède une particularité : ses longues courbes rapides privilégient la vitesse de passage et la stabilité en appui. Des qualités qui pourraient favoriser l’Aprilia RS-GP.
Mais le circuit est également l’un des terrains de prédilection de Marc Marquez. L’Espagnol y compte cinq victoires toutes catégories confondues, dont quatre en MotoGP.
Sa dernière victoire remonte à 2024, lorsqu’il pilotait encore la Ducati GP23 de Gresini. L’opposition entre les caractéristiques de la machine et les qualités individuelles du pilote promet donc un affrontement particulièrement intéressant. D’autant que Marquez n’avait pas participé à l’édition 2025, remportée par Raul Fernandez, en raison d’une blessure contractée à Mandalika.

Losail et Portimão : deux autres occasions pour Aprilia
Alex Marquez ne limite pas ses inquiétudes à l’Australie. Il cite également Losail, au Qatar, et Portimão, au Portugal. Deux circuits aux caractéristiques différentes, mais sur lesquels il estime que l’Aprilia pourrait disposer d’un potentiel important.
Son analyse ne signifie pas que Ducati y sera nécessairement dominée. Elle souligne surtout que le constructeur italien ne peut plus compter sur une supériorité technique systématique.
La fin de saison 2025 avait déjà fourni un avertissement. En l’absence de Marc Marquez, blessé, les Aprilia avaient remporté trois des quatre dernières courses, avec des victoires de Fernandez et Bezzecchi.
Seul Alex Marquez avait interrompu cette série en s’imposant en Malaisie sur sa Ducati GP24. La progression des RS-GP ne date donc pas du quadruplé de Mandalika. Elle s’inscrit dans une dynamique plus ancienne.
Le talent de Marc Marquez suffira-t-il à compenser Ducati ?
C’est toute la question soulevée par Alex Marquez. Marc possède l’expérience, le palmarès et la capacité de tirer parti de situations défavorables. Mandalika vient encore de le démontrer.
Mais la différence entre sauver des points et remporter un championnat peut se jouer sur quelques positions. À cinq manches du terme, chaque Sprint, chaque qualification et chaque erreur compteront. Et Bezzecchi, toujours mathématiquement en lice, pourrait compliquer davantage les calculs.
Alex Marquez ne prédit pas une défaite de son frère. Il rappelle simplement que trois des cinq dernières étapes pourraient offrir à Aprilia les conditions nécessaires pour prendre l’ascendant.
Après Mandalika, Marc Marquez n’a plus seulement Jorge Martin à battre : il doit aussi résister à un calendrier qui, selon son propre frère, pourrait sourire à ses adversaires. Mais au fait, le Grand Prix du Qatar aura-t-il bel et bien lieu ?





