Le Grand Prix du Qatar doit se tenir le 8 novembre, malgré une situation militaire toujours préoccupante au Moyen-Orient. Après les nouvelles attaques visant l’aéroport de Riyad, Carlos Ezpeleta assure que le MotoGP maintient son déplacement, sous réserve des conditions de sécurité. Dans le paddock de Mandalika, les pilotes oscillent entre fatalisme, humour noir et obligations professionnelles. Une plaisanterie résume leur malaise : « Si une bombe tombe, espérons simplement qu’elle ne tombera pas près de nous. »
Le Qatar maintenu malgré l’escalade régionale
Initialement programmé le 12 avril, le Grand Prix du Qatar a été reporté au 8 novembre en raison du conflit au Moyen-Orient. Ce déplacement avait entraîné le report des manches du Portugal et de Valence, désormais prévues les 22 et 29 novembre.
Mais à moins d’un mois du rendez-vous de Losail, la situation sécuritaire reste incertaine. Jeudi, de nouvelles attaques revendiquées par les Houthis du Yémen ont visé l’Arabie saoudite, notamment l’aéroport international de Riyad.
Les frappes ont fait des victimes et provoqué d’importantes perturbations aériennes. Lufthansa et plusieurs compagnies indiennes ont suspendu temporairement leurs liaisons avec la capitale saoudienne.
Riyad n’est pas Losail. Mais ces événements rappellent que les infrastructures civiles et les transports aériens peuvent être directement affectés par l’escalade militaire.
Ezpeleta : « Nous prévoyons toujours de nous rendre au Qatar »
Interrogé vendredi à Mandalika, Carlos Ezpeleta n’a annoncé aucun changement de programme. « Nous suivons la situation de très près. Nous prévoyons toujours de nous rendre au Qatar. » Le directeur général adjoint du MotoGP ajoute immédiatement une réserve essentielle : « La sécurité et le bien-être de tous nos employés et de nos fans sont notre priorité absolue. »
Autrement dit, le déplacement reste prévu, mais son maintien dépendra de l’évolution des événements. Ezpeleta rappelle également que le championnat sait réorganiser son calendrier dans l’urgence, évoquant le déplacement de la finale 2024 après les inondations de Valence.
Une solution de remplacement demeure donc envisageable, même si aucune n’est annoncée.

« Nous sommes payés pour courir »
Du côté des pilotes, les réactions révèlent une forme de résignation. L’un d’eux explique ne pas craindre particulièrement le déplacement, considérant le Qatar comme une manche déjà inscrite au calendrier.
La comparaison avec la Formule 1 revient naturellement dans les discussions. Liberty Media contrôlant les deux championnats, certains pilotes estiment que le maintien des épreuves de F1 au Moyen-Orient constituerait un signal favorable pour le MotoGP.
Mais un pilote KTM résume beaucoup plus directement sa situation : « De toute façon, nous n’avons pas le choix. Nous sommes payés pour courir. Si mon équipe m’achète un billet d’avion, je dois y aller. »
Puis vient cette réponse, formulée sur le ton de l’humour noir, lorsqu’il est interrogé sur les risques : « S’ils larguent une bombe, on espère juste qu’elle n’atterrira pas à proximité. » Une plaisanterie qui ne doit pas masquer la gravité du sujet.
Entre obligation contractuelle et sécurité personnelle
Ces déclarations soulèvent une question rarement abordée lorsque le calendrier est discuté : quelle liberté réelle possède un pilote face à un déplacement jugé préoccupant ?
Les équipes ont des engagements commerciaux, les organisateurs des contrats et le championnat des obligations envers ses partenaires. Les pilotes, eux, sont tenus de participer aux compétitions programmées.
Cela ne signifie pas qu’ils doivent accepter n’importe quel risque, ni que les organisateurs ignorent leur sécurité. Mais la décision finale ne leur appartient pas individuellement.
Et l’exemple des compagnies aériennes, capables de suspendre leurs opérations lorsque leurs évaluations de sécurité l’exigent, illustre la difficulté de prévoir la situation plusieurs semaines à l’avance.
Le calendrier ne commande pas aux événements
Pour l’instant, le MotoGP entend donc se rendre au Qatar. Une décision cohérente avec sa volonté de préserver une saison de 22 Grands Prix, mais qui reste conditionnelle. Les pilotes poursuivent leur championnat en espérant que les tensions régionales n’imposeront pas un nouveau changement de programme.
Leur humour traduit peut-être moins une absence d’inquiétude qu’une manière de vivre avec une incertitude qu’ils ne maîtrisent pas. Car si le MotoGP peut déplacer une date sur son calendrier, il ne peut ni prévoir la trajectoire d’un missile ni garantir à lui seul que la situation militaire restera stable jusqu’au 8 novembre.









