Publié le 18 octobre 2026 • 12:00 par Oléna Champlain

MotoGP 2027 : « Un défilé d’ambulances ! » Carlo Pernat dénonce le nouveau format et révèle l’impuissance des pilotes

Pernat dénonce le format MotoGP 2027 qu'il juge dangereux tandis que la question du pouvoir des pilotes devient centrale.

Pernat

La révolution du MotoGP 2027 provoque une contestation de plus en plus ouverte. Après Andrea Dovizioso, Carlo Pernat s’attaque violemment au nouveau format des qualifications, qu’il juge dangereux. Mais derrière ses mots particulièrement durs se cache un problème plus profond : Marc Marquez affirme que les pilotes n’ont aucun pouvoir de décision sur cette réforme. Entre impératifs de spectacle, sécurité et absence de concertation, le débat dépasse désormais largement la seule organisation des week-ends.

Le MotoGP veut davantage de spectacle. Carlo Pernat redoute davantage d’accidents. Le célèbre agent italien ne mâche pas ses mots lorsqu’il évoque le format prévu pour 2027. « Ils ont vraiment tout gâché. Ce sera un défilé d’ambulances. »

Une formule volontairement provocatrice, mais qui repose sur une inquiétude précise : la multiplication des situations à risque pendant les qualifications. Et Pernat n’est plus seul à s’interroger.

Deux qualifications, 22 pilotes et une pression supplémentaire

La réforme prévoit de dissocier les qualifications du Sprint et celles du Grand Prix. Le vendredi, une séance spécifique déterminera la grille du Sprint. Le samedi, les 22 pilotes participeront à la première phase des qualifications du Grand Prix, avant que les 12 plus rapides ne disputent la Q2. Ce changement met fin au système dans lequel les essais du vendredi déterminent directement les dix pilotes qualifiés pour la Q2.

Pour Pernat, concentrer autant de concurrents dans une séance courte constitue une erreur majeure. « Imaginez entasser tous les pilotes sur la piste en un quart d’heure. » Il évoque notamment les circuits où un tour demande près de deux minutes.

Entre les sorties des stands, la préparation des pneumatiques et les éventuels drapeaux jaunes, les possibilités de réaliser un tour rapide pourraient devenir très limitées. Conséquence redoutée : davantage de précipitation, de trafic et de prises de risques.

Dovizioso avait déjà lancé l’alerte avant Pernat

Andrea Dovizioso avait précédemment critiqué cette évolution, estimant que l’accumulation des séances exigeantes risquait d’épuiser les pilotes. Pernat reprend cet argument en y ajoutant une dimension sécuritaire.

« C’est déjà absurde d’avoir 44 départs », affirme-t-il, en référence aux 22 Grands Prix et 22 Sprints d’une saison complète. Son raisonnement est simple : les pilotes subissent déjà une charge importante et la réforme ajoute de nouvelles occasions de devoir attaquer à la limite.

Reste une nuance : multiplier les qualifications ne signifie pas mécaniquement multiplier les accidents. Le risque dépendra aussi de la durée réelle des séances, de leur organisation et des procédures appliquées en cas de drapeau jaune. Mais l’inquiétude mérite d’être examinée avant la mise en œuvre du règlement.

PedroAcosta

Marquez, Acosta et Bagnaia : une contestation qui prend forme

Pernat salue particulièrement trois pilotes. « J’ai beaucoup de respect pour Marc Marquez, Acosta et Bagnaia. Ce sont les seuls à être un peu en colère. Et ils ont raison. ». Marc Marquez, Pedro Acosta et Francesco Bagnaia n’ont pourtant ni les mêmes intérêts contractuels ni les mêmes perspectives sportives. Mais ils partagent, selon Pernat, une inquiétude sur les conséquences de cette réforme.

Cela ne constitue pas encore un mouvement collectif structuré. C’est néanmoins un signe supplémentaire que les décisions prises au sommet du championnat ne font pas nécessairement consensus dans le paddock.

« Accepter ou partir » : la phrase qui change tout

Le passage le plus révélateur ne vient peut-être pas de Pernat. Lors du Grand Prix d’Indonésie, Marc Marquez a expliqué que les pilotes ne disposaient d’aucun véritable pouvoir de décision sur le nouveau format. Selon ses propos rapportés, ils doivent simplement « accepter ou partir ».

Cette formule donne une autre dimension au débat. Après la polémique des obligations promotionnelles et des amendes de 5 000 euros, voici désormais une réforme sportive majeure dont les principaux acteurs disent ne pas pouvoir décider.

Les deux dossiers sont différents, mais ils posent une question commune : quelle influence les pilotes exercent-ils réellement sur l’évolution de leur championnat ?

Pernat pose la question : le MotoGP peut-il réformer sans convaincre ses pilotes ?

Le rapprochement avec la Formule 1 est tentant. Le MotoGP cherche à développer son audience, à multiplier les moments forts et à rendre chaque journée plus attractive. Mais les pilotes de motos restent directement exposés aux conséquences physiques des décisions sportives.

Leur consultation ne devrait donc pas être réduite à une simple formalité. Pernat annonce sur Formula Passion un « défilé d’ambulances ». La formule est excessive tant que la réforme n’a pas été éprouvée, mais elle exprime une inquiétude réelle.

Et lorsque Marquez explique que les pilotes doivent accepter ou partir, le problème n’est plus seulement de savoir si le nouveau format sera spectaculaire. Il devient aussi de déterminer qui a le droit de décider des risques que ce spectacle impose.

MotoGP Qatar

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