Moto GP
Publié le 18 octobre 2026 • 13:00 par André Lecondé

MotoGP : Jorge Martin prévient Marc Marquez, il n’a plus l’intention de subir… et sa recette rappelle dangereusement 2024 !

Martin aborde les derniers GP avec deux points d'avance sur Marquez. Sa série de podiums rappelle la régularité qui lui avait réussi en 2024.

Martin

Deux points d’avance, cinq Grands Prix à disputer et une confiance retrouvée : Jorge Martin aborde le dernier acte du championnat 2026 avec une sérénité qui pourrait inquiéter Marc Marquez. L’Espagnol d’Aprilia ne promet pas une avalanche de victoires. Il annonce quelque chose de potentiellement plus redoutable : une régularité sans faiblesse. Exactement la méthode qui lui avait permis de battre Francesco Bagnaia pour le titre mondial 2024.

Le championnat MotoGP 2026 tient désormais à presque rien. Après 17 manches, Jorge Martin mène avec 355 points contre 353 à Marc Marquez. En théorie, cinq rendez-vous restent au calendrier, soit 185 points encore disponibles en comptant les Sprints.

À ce stade, chaque erreur peut coûter beaucoup plus cher qu’une victoire manquée. Et Martin semble avoir parfaitement intégré cette réalité.

« Je serai très compétitif dans toutes les courses restantes »

À Mandalika, l’Espagnol n’a pas dominé les débats. Une irrégularité de pression du pneu avant a compromis son Sprint, tandis que Marco Bezzecchi et Raul Fernandez ont imposé leur rythme lors du Grand Prix.

Martin a néanmoins terminé troisième dimanche, préservant son avance au championnat. Surtout, Marquez et lui ont quitté l’Indonésie avec exactement le même total de points inscrits sur le week-end. Un résultat important sur un circuit où Ducati semblait particulièrement vulnérable.

« Je suis ravi d’avoir décroché mon troisième podium consécutif avec Aprilia ; c’est fantastique », confie Martin, cité par AS. Puis vient une déclaration beaucoup plus offensive : « Je suis confiant et je serai performant dans toutes les courses restantes. »

Et il insiste : « Il y a eu des courses où je pensais avoir des difficultés, et c’est ce qui s’est passé. Mais maintenant, je ne pense pas que j’aurai de problèmes. » La prudence habituelle du prétendant au titre laisse place à une conviction assumée.

Trois podiums consécutifs : Aprilia a trouvé son Martin

Deuxième en Autriche, deuxième au Japon, troisième en Indonésie : Martin vient de signer sa meilleure série de podiums consécutifs depuis son arrivée chez Aprilia. Une évolution majeure pour un pilote dont l’adaptation à la RS-GP n’avait rien d’évident. Sa victoire en Sprint au Red Bull Ring et ses performances récentes montrent désormais une compétitivité qui ne dépend plus d’un seul type de circuit.

Certes, Marco Bezzecchi demeure une référence particulièrement redoutable au sein du clan Aprilia. Mais Martin possède un avantage différent : il sait transformer des journées imparfaites en résultats décisifs pour le championnat. Et cette capacité rappelle immédiatement une autre saison.

Martin

Le fantôme de 2024 revient hanter Ducati

En 2024, Martin avait remporté le championnat avec seulement trois victoires en Grand Prix. Face à Francesco Bagnaia, pourtant plus souvent vainqueur, le pilote Pramac avait privilégié l’accumulation des gros points.

Seize podiums en vingt courses, dont dix deuxièmes places : une démonstration de régularité qui lui avait permis de décrocher le titre avec dix points d’avance. Aujourd’hui, le scénario présente des similitudes troublantes.

Martin ne compte qu’une victoire dominicale en 2026, mais sa constance lui permet de conserver la tête devant Marquez. Le parallèle n’est pas parfait : son adversaire est différent, tout comme la moto et la hiérarchie technique. Mais la logique reste identique.

Pour devenir champion, il n’est pas indispensable de gagner le plus souvent. Il faut surtout éviter de perdre trop de points les jours où la victoire échappe.

Phillip Island : le premier examen de vérité

Le prochain rendez-vous, du 23 au 25 octobre en Australie, pourrait donner une première indication sur le rapport de force final. Les courbes rapides de Phillip Island semblent correspondre aux qualités actuelles de l’Aprilia.

Alex Marquez a lui-même identifié plusieurs circuits de la fin de saison susceptibles de favoriser les RS-GP. Chez Ducati, Davide Tardozzi considère également l’étape australienne comme un test important pour les ambitions de Marc Marquez.

Le champion du monde en titre devra donc composer avec un adversaire qui ne semble plus craindre les circuits à venir. Après l’Australie, Sepang, Losail, Portimão et Valence détermineront le dernier champion de l’ère des 1 000 cc.

Marquez doit-il gagner, Martin simplement ne pas perdre ?

À deux points d’écart, personne ne dispose d’une véritable marge de sécurité. Mais les discours révèlent deux dynamiques. Marquez continue de compenser certaines limites de Ducati par son talent et son opportunisme, comme lors du Sprint indonésien.

Martin, lui, paraît désormais convaincu de pouvoir jouer devant partout. En 2024, il avait déjà prouvé qu’un championnat pouvait se gagner sans dominer le nombre de victoires. Deux ans plus tard, il pourrait infliger à Ducati une nouvelle démonstration de cette méthode, cette fois au guidon d’une Aprilia.

Et pour Marc Marquez, le danger n’est peut-être pas que Jorge Martin gagne toutes les courses. C’est qu’il ne se rate plus jamais.

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