F1
Publié le 22 octobre 2026 • 02:00 par Oléna Champlain

F1 – Piero Ferrari hausse le ton : des actes, pas des paroles

Piero Ferrari demande des actes concrets à la Scuderia, alors que Fred Vasseur reste soutenu malgré une saison loin du titre.

Chez Ferrari, les mots de confiance sont déjà sortis. À la fin de septembre, l’écurie avait publiquement réaffirmé son « entière confiance » en Fred Vasseur, alors que les rumeurs sur son avenir et l’intérêt supposé de Christian Horner agitaient le paddock. Mais Piero Ferrari vient de ramener le débat à une question beaucoup plus concrète : que va faire l’équipe pour enfin répondre aux attentes de ses supporters ?

Piero Ferrari rappelle l’urgence à Vasseur et à la Scuderia

Dans un entretien accordé à Leo Turrini pour le Quotidiano Nazionale, le vice-président de Ferrari a livré une phrase courte, polie en apparence, mais difficile à ranger dans la catégorie des encouragements de routine :

« Je crois sincèrement que notre équipe a besoin d’actions concrètes, pas de vaines paroles. »

Il ajoute que la saison a montré « du positif et du négatif » et que tous doivent travailler pour atteindre l’objectif attendu depuis de nombreuses années par les tifosi.

Piero Ferrari ne réclame pas explicitement le départ de Vasseur. Il ne désigne pas non plus un responsable unique. Son message vise la Scuderia dans son ensemble : il faut transformer les promesses en progrès visibles. Mais, dans une équipe où le directeur reste au centre des discussions, cette phrase ne peut pas être entendue comme un simple commentaire sur la météo. Après les débats sur le maintien de Vasseur, elle ajoute une pression nouvelle, même sans constituer un désaveu officiel.

La nuance compte. Ferrari avait pris la parole quelques semaines plus tôt pour couper court aux spéculations et affirmer son soutien au Français. Piero Ferrari ne contredit pas formellement cette position. Il rappelle plutôt que la confiance n’efface pas l’exigence de résultats. Autrement dit, Vasseur conserve le soutien affiché de la direction, mais ce soutien ne ressemble pas à un chèque en blanc : il doit déboucher sur des actes et une équipe plus compétitive.

Le classement donne du relief à cette demande. Ferrari occupe la deuxième place du championnat constructeurs, mais reste loin de Mercedes. Selon le bilan publié après Singapour, l’écart atteint 134 points. La Scuderia peut donc défendre son rang face à McLaren et Red Bull, tout en sachant que la lutte pour le titre n’a pas réellement pris forme. Être deuxième peut satisfaire une feuille de résultats ; chez Ferrari, cela ne suffit manifestement pas à calmer l’impatience.

L’objectif fixé par John Elkann en 2022 — retrouver un titre mondial d’ici 2026 — ne sera pas atteint. Ferrari n’a plus remporté de championnat depuis 2008. Dix-huit saisons sans couronne, c’est assez long pour que les appels à la patience commencent à sonner comme un refrain. Piero Ferrari remercie d’ailleurs les tifosi pour cette patience, mais sa phrase dit aussi qu’elle ne peut pas être la seule contribution demandée aux supporters. À un moment, la Scuderia doit rendre autre chose que des explications.

Le chantier est aussi technique. L’analyse de la saison met en avant le déficit de puissance de la Ferrari et le choix de privilégier davantage le châssis lors de la conception de la SF-26. Les améliorations apportées à l’unité de puissance n’ont pas comblé l’écart avec Mercedes. Vasseur et ses ingénieurs doivent donc préparer la suite sans se réfugier derrière une seule cause : le moteur, le développement de la voiture, les choix de conception et l’exécution en piste se retrouvent tous dans l’équation.

Ce rappel intervient alors que Vasseur a déjà défendu la nécessité de travailler dans un environnement serein. La sérénité peut aider une équipe à avancer ; elle ne doit pas devenir une consigne de silence lorsque les résultats déçoivent. Piero Ferrari ne souffle pas sur les braises des rumeurs de succession. Il pose une exigence plus difficile à esquiver : que les décisions prises à Maranello se traduisent par des performances, et pas seulement par des déclarations bien calibrées.

La sortie du vice-président est donc à lire comme un avertissement mesuré, pas comme une annonce de changement à la tête de l’équipe. Vasseur reste officiellement soutenu, mais la patience des tifosi, elle, ne se mesure pas en communiqués. Ferrari a encore du temps pour préparer son prochain grand projet ; elle a surtout besoin de montrer que les paroles de Piero Ferrari ne resteront pas, elles aussi, des paroles.

 

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