Kimi Antonelli a pris la pose avec Victor Wembanyama, et la photo fait le travail toute seule : 51 centimètres séparent le pilote Mercedes de la star des San Antonio Spurs. Mais pendant que les réseaux s’amusent à comparer les tailles, Antonelli pense à un autre chiffre, autrement plus lourd : les points qui le séparent du titre mondial.

Antonelli peut devenir champion dès dimanche.
En visite chez les Spurs avant le Grand Prix des États-Unis, Antonelli a rencontré Wembanyama et ses coéquipiers, à San Antonio. Dans la vidéo publiée par le compte de la franchise, Antonelli lâche, avec un sourire :
« Alors, espérons que dans deux semaines, on le décroche. » Le « on », ici, ne concerne pas les Spurs : le pilote évoque bien la possibilité de conclure la saison de Formule 1 avec le titre en poche. La scène est légère, mais le rendez-vous d’Austin, lui, ne le sera pas.
La perspective est devenue réelle après le Grand Prix de Singapour. Antonelli y a terminé troisième, tandis que son coéquipier George Russell, parti de l’arrière après une pénalité moteur, a fini neuvième. Résultat : le jeune Italien compte désormais 102 points d’avance sur Russell, son plus proche rival. Six manches restent au calendrier, avec 150 points encore distribués. Il a donc une première balle de match au Texas.
Le titre est possible, pas encore servi sur un plateau
Pour être sacré à Austin, Antonelli devra gagner le Grand Prix. Mais cette victoire ne suffira pas à elle seule : Russell devra terminer neuvième ou plus loin, et Lewis Hamilton cinquième ou au-delà. Max Verstappen, lui, peut finir à n’importe quelle place dans ce scénario. Les calculs sont précis, les conditions exigeantes, et la moindre erreur peut repousser la fête à la manche suivante.
La formule de la vidéo laisse entendre une confiance tranquille. Après Singapour, pourtant, Antonelli avait plutôt accueilli la nouvelle de ses chances avec surprise. « Vraiment ? » avait-il lancé lorsqu’on lui avait expliqué qu’il pourrait gagner le championnat dès la prochaine course. Il avait aussitôt recentré le sujet : « Essayons de faire les meilleurs week-ends possibles et de finir le travail. » Le ton est posé ; l’enjeu, lui, est historique.
À 20 ans, le pilote Mercedes pourrait devenir le plus jeune champion du monde de l’histoire de la F1, et le premier Italien sacré depuis Alberto Ascari en 1953. Mais Austin n’est pas un décor de célébration réservé à l’avance. Le week-end comprend un format sprint : il faudra être rapide dès les premières séances et éviter de laisser filer des points dès le samedi. Une mauvaise qualification, une touchette ou une stratégie mal calibrée suffirait à transformer la balle de match en simple avertissement.
Un détour texan avant la pression
La visite chez les Spurs offre une respiration bienvenue avant cette échéance. Wembanyama et ses coéquipiers préparaient leur début de saison NBA ; Antonelli, lui, était déjà plongé dans la dernière ligne droite de son championnat. Les joueurs ont notamment voulu savoir quelle vitesse maximale pouvaient atteindre les voitures de F1. Question légitime : sur un terrain, les Spurs ont l’avantage en taille ; sur une ligne droite, la Mercedes d’Antonelli devrait reprendre quelques centimètres.
Cette rencontre rappelle aussi que le pilote italien n’arrive plus au Texas comme le débutant que Mercedes devait accompagner pas à pas. Il a remporté des courses, accumulé les podiums et construit une avance considérable. Sa saison ne se résume donc pas à une percée ponctuelle : il a tenu le rythme assez longtemps pour que le titre devienne une question de calendrier et de calculs.
Pour Mercedes, l’enjeu dépasse le sacre individuel. L’équipe doit gérer la rivalité interne avec Russell sans laisser la bataille de points perturber son pilote en tête. Russell reste mathématiquement en lice, mais sa marge s’est réduite après Singapour. Une équipe peut célébrer un titre et préserver une relation de travail dans le même week-end ; elle peut aussi transformer la dernière ligne droite en exercice de diplomatie à haute vitesse.
Antonelli, lui, garde les yeux sur la piste. La photo avec Wembanyama fera le tour des réseaux pour leur différence de taille. À Austin, ce sont les écarts au classement qui compteront. Si les conditions s’alignent, il peut faire basculer sa carrière et entrer dans les livres d’histoire avant même les cinq dernières manches. Sinon, il repartira avec une nouvelle avance à défendre.
Le jeune Italien a résumé la situation en une phrase à San Antonio : « Espérons que dans deux semaines, on le décroche. » Wembanyama pourra lui prêter sa stature ; le titre, lui, devra encore se gagner virage après virage.
Kimi Antonelli (5 foot 8 inches) met NBA star Victor Wembanyama (7 foot 4 inches) before the USGP.
🎥: @spurs pic.twitter.com/28he6vpaOr
— Motorsport (@Motorsport) October 20, 2026




