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Ce jeudi 23 juin 2022, Johann Zarco a répondu aux questions des journalistes depuis le TT Circuit Assen en prélude au Grand Prix des Pays-Bas.

En terminant 2e en Allemagne, le pilote français s’est emparé de la 3e place du championnat du monde MotoGP à une épreuve du break estival.

Comme à notre habitude, nous reportons ici les paroles de Johann Zarco sans la moindre mise en forme, même si cela est partiellement traduit (vouvoiement en anglais, tutoiement en français).


Quel regard portez-vous sur les 10 premières courses de la saison ?
Johann Zarco : « Je suis content de comment ça se passe pour moi, cette première moitié, parce que je n’ai pas commencé aussi bien que j’ai commencé la saison 21 avec deux podiums consécutifs au Qatar l’année dernière. Mais j’essaie de me concentrer sur chaque weekend, de donner le maximum d’énergie que je peux, et j’essaie de bien contrôler cette moto Ducati. La moto 2022 est parfois un peu plus difficile à préparer, alors les courses deviennent parfois un peu plus difficiles, mais les résultats sont venus lors des dernières courses et juste pour ça, je suis vraiment heureux. »

Avez-vous été impressionné par la vitesse et la régularité de Quartararo ?
« Ce qui est assez impressionnant de la part de Fabio, en dehors du simple côté technique du pilotage, c’est sa capacité à supporter le poids d’être champion du monde et de devoir aller chercher le deuxième titre. Vous avez beaucoup de pression, rien que par vous-même, vous vous mettez plus de pression parce que vous savez que vous pouvez gagner, donc vous voulez gagner à nouveau, et puis tous les gens vous demandent, et attendent que vous preniez la victoire. Et maintenant, il le fait, donc c’est très impressionnant d’avoir cette maturité pour contrôler le championnat comme il le fait. De plus, j’ai très bien pu voir en Catalogne, et encore davantage au Sachsenring, le rythme qu’il avait dans des conditions difficiles, quand il faisait très chaud et que tous les pilotes peinaient avec le pneu : il a une vitesse que vous pouvez suivre au début puis il y a un moment où vous devez ralentir car vous ne pouvez pas garder ce rythme. Et cela semble facile pour lui ! Ce qu’il fait est la belle chose de cette période, ce que tous les pilotes veulent, mais que tous ne peuvent pas. »

Que pensez-vous du fait de compléter cette série de résultats 5-4-3-2-… ce weekend ?
« C’est plus facile à dire qu’à faire, mais pourquoi pas ? Ce serait tellement fantastique de suivre cette logique. Je pense que la météo délicate que nous pouvons avoir ce weekend, peut m’aider à économiser de l’énergie physiquement. Avec les pneus pluie, j’apprécie encore plus la moto parce que vous avez besoin de moins de force pour amener la moto dans le virage, donc pour moi les conditions délicates peuvent être excellentes pour suivre cette logique. Nous verrons. De plus, si nous savons qu’il va pleuvoir pendant les séances FP2 et FP3, ce sera une sorte de stratégie de pousser dès la FP1 pour être déjà qualifié pour la Q2. Au final, le weekend reste le même : aller directement en Q2 pour bien se préparer pour les qualifications, et ensuite être en première ligne, car chaque fois que vous partez en première ligne, cela vous donne une plus grande chance de monter sur le podium. Donc, nous allons voir comment ça va se passer. Aussi, avec ce nouveau carénage sur la Ducati, à cet endroit où il y a une chicane rapide, je pense que le carénage peut aider par rapport à l’année dernière. Et si simplement nous avons ce meilleur feeling, je peux être compétitif. »

Le podium de Mandalika sur le mouillé vous met-il en confiance si le temps est humide dimanche ?
« Oui. Mandalika était une course spéciale: une grosse, grosse pluie, mais si chaude. Si nous avons de la pluie ce weekend, il fera assez froid, donc c’est une autre histoire avec les pneus et le feeling sur la piste. Mais, nous avons eu la plus grosse séance de pluie au Portugal et je me sentais bien. J’aime bien ces conditions et la façon dont elles me permettent de bien sentir la moto, sans utiliser la force du corps, et c’est pourquoi je les apprécie presque davantage. »

Êtes-vous sur le point de re-signer ou avez-vous donné votre accord ? Êtes-vous ravi de continuer avec Ducati après la foi mutuelle en 2020 ?
« Nous avons de très bonnes relations, avant tout parce que je suis seul à leur parler, sans aucun manager, puisque j’ai eu ma propre histoire et que je suis suffisamment vieux pour leur parler directement. Ils savent comment je pense, ils savent que la chance de rester chez Ducati est la meilleure chose pour moi pour construire des résultats et aller jusqu’à la victoire. Et avoir une Ducati d’usine dans le team Pramac est déjà quelque chose de très bien pour moi, donc continuer avec Ducati, même si ce n’est pas signé, ce ne sont que des paroles mais c’est quasiment sûr à 100 %. Ce serait une mauvaise surprise de ne pas avoir de contrat. Ensuite, je pense qu’ils savent plus ou moins tous les pilotes qui seront chez Ducati, mais ils ne sont pas encore certains à 100 % de savoir qui mettre. En plaisantant, j’ai dit à Ciabatti et Dall’Igna que s’ils hésitaient entre un Italien et un Espagnol, ils pouvaient viser au milieu et prendre le Français (rires). C’est comme s’ils étaient d’accord mais ils ont beaucoup de choses à prendre en considération. En sachant que je me sens très bien chez Pramac, et il y a aussi les relations avec Campinoti : quand un team satellite avec une moto d’usine ont de bons résultats comme nous en faisons, c’est très bien pour un team satellite. Ils ont leurs propres sponsors et ils peuvent avoir plus de soutien de leurs sponsors s’ils ont un bon pilote. Parfois, quand le bon pilote s’en va dans le team d’usine, ils doivent reconstruire quelque chose avec un autre. De ce point de vue, cela peut être bien de rester avec Pramac, et de l’autre côté, celui du prestige du team d’usine, si je remporte des courses et suis un prétendant au titre, alors ce serait encore mieux d’être dans le team d’usine. Mais on ne sait jamais. »

Les fans demandent parfois une modification du programme, avec une course sprint pour la qualification, ou des points donnés en qualification. Qu’en pensez-vous ?
« La course sprint offre un beau spectacle mais le MotoGP est tellement intense en ce moment que je ne me vois pas faire une course le samedi et être prêt pour le dimanche. Peut-être qu’une Superpole pourrait être un spectacle qui serait bien à regarder, car c’est de la vitesse pure durant un tour, sans l’aide de quiconque ou sans suivre quelqu’un. Cela pourrait être une idée pour le MotoGP, meilleure qu’une course sprint à mon avis. Ensuite, la façon dont nous faisons les courses est assez intéressante : comparé à la F1, nous avons une course de 40 minutes au lieu d’une heure et demie, et cela garde les gens un peu plus éveillés devant la TV, et c’est très important. Mais peut-être même que si nous avions une course plus courte, de 30 minutes, pourquoi pas ? Cela dépend des weekends car après 40 minutes au Sachsenring il y avait déjà des écarts assez importants entre les pilotes et cela peut être ennuyeux pour les gens qui regardent la télévision. Mais pour un sportif qui donne sa meilleure énergie en course, cela est très intéressant car vous pouvez bien travailler durant les essais, essayer tout ce qui est possible pour être aussi vite que possible, mais ensuite la course c’est une autre histoire. Et quand vous mettez tout ensemble, que vous êtes assez rapide pour être devant avec Fabio et en mesure de travailler pour la course, c’est la combinaison parfaite. Si vous comprenez que vous devez construire le weekend de course de cette façon, cela devient intéressant, mais si c’est juste pour le spectacle, alors clairement on peut bouger certaines choses. »

Le public est de retour à Assen. Pouvez-vous le voir en pilotant, et qu’est-ce que cela vous fait ?
« J’ai pu voir la tribune en marchant cet après-midi. L’endroit presque le plus beau du circuit est le virage 15 puis la dernière chicane. Pour être honnête, quand je rentre dans la dernière chicane, je ne prends pas le temps de regarder les spectateurs, mais ici à Assen, en faisant du vélo, j’ai pu voir qu’il y avait déjà des campings pleins assez loin du circuit : à 10 km d’ici, il y a déjà beaucoup de campings avec des gens dedans. Cela veut donc dire que ce sera plein, et ici à Assen, encore davantage que la tribune, il y a les petites collines en herbe qui passent du vert au noir quand les gens arrivent. Cela change la vision, avant tout du samedi au dimanche car il y a plus de monde le dimanche, et cela change la vue. »

Ressentez-vous moins de pression qu’auparavant, en particulier l’année dernière, alors que vous êtes de nouveau le pilote Ducati le mieux placé ?
« Non, pas de mauvaise pression car les weekends sont très intenses et je suis vraiment concentré pour performer chaque jour, et tant que je performe bien, j’obtiens de bons résultats. Et comme je l’ai dit, parce que je me sens très bien avec l’équipe Pramac, tout le monde sait que le team d’usine est un cran vers une sorte de rêve, et ils connaissent très bien ma position, donc je n’ai aucune pression. Je l’ai dit en début d’année, j’espère que les résultats sont suffisamment bons pour que l’on continue ensemble et que je sois bien pris en considération, et je peux dire qu’ils le font très bien, donc je n’ai pas de mauvais feeling ou de pensées négatives avec tout ce qu’on peut voir. »

Pensez-vous que maintenant avec son nouveau carénage, la GP22 est à son plus haut niveau ?
« La GP 22 est à un niveau impressionnant quand vous voyez les chronos que nous pouvons faire en qualification, et la façon dont Pecco la pilote est vraiment incroyable. Je pense que c’est vraiment la meilleure performance qu’on peut voir de la part de la moto et d’un pilote, de la combinaison de l’ensemble. Mais peut-être, comme je le dis parfois, elle est parfois un peu sensible. Cette sensibilité peut-être une raison de la chute de Pecco : il peut aller très vite mais si tout n’est pas vraiment parfait, vous pouvez avoir une sorte de surprise. Et parfois, cette surprise coûte beaucoup car Pecco a complètement perdu la course à ce moment. C’est peut-être pourquoi je ne suis pas suffisamment relâché, afin d’éviter ce genre de surprise. Mais quand vous voulez l’évitez, vous perdez de la vitesse. C’est vraiment un équilibre difficile. »

Pourquoi étiez-vous si fatigué après la course au Sachsenring ?
« Peut-être parce que nous avons 10 ans de différence (avec Fabio) (rires). Non, cela vient, en ce moment, de mon style de piloter de cette façon. J’aimerais être plus relax pour apprécier davantage la course, mais pour les moments les résultats viennent de cette façon. Si je me relâche un peu trop, je n’ai plus la vitesse, et l’objectif est d’avoir la vitesse, même en souffrant un peu ou beaucoup. Vous avez ensuite le temps de récupérer. C’est difficile à gérer mais j’essaie vraiment de m’entraîner du mieux possible et d’être toujours prêt. Peut-être, je l’espère, que j’aurai un second souffle dans la deuxième partie de saison après un bon break de cinq semaines en gérant bien ma condition physique. Je verrai, je ne peux rien prédire du tout.
Au Sachsenring, je pense comme les autres pilotes : On ne pouvait pas trop le voir durant la course mais la chaleur nous a détruit plus qu’on pouvait le voir. Il faisait vraiment chaud, il y avait du vent, et si vous ne faites rien, vous dites « OK, il fait chaud ». Mais quand la course a été terminée, rien que le temps pour bien récupérer était un signe qu’il faisait sans doute trop chaud. »

 

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