Carlo Pernat rédige régulièrement des articles sur le site italien GP One. Voici son dernier en date, traduit en français.


Fin de la transmission. Le phénomène Marc Márquez a presque donné le coup de massue final au championnat du monde de cette saison en remportant son Grand Prix à domicile devant un grand Andrea Dovizioso qui a fait tout ce qu’il a pu pour l’en empêcher.

Avec une avance énorme de soixante-douze points et cinq Grand Prix restants, rien ne laisse envisager un quelconque retournement de situation au classement général. Il faudrait peut-être qu’un astéroïde tombe sur Marc Márquez à chaque course. Sa supériorité est trop importante, même avec une Honda inférieure à la Ducati de ses deux adversaires. Si j’étais Giacomo Agostini, je commencerais à « grogner » contre l’Espagnol qui cherchera à battre son record de quinze titres mondiaux, étant donné qu’il se rapproche des sept titres à seulement vingt-cinq ans et qu’aucun jeune phénomène capable de le battre n’arrive à l’horizon.

Andrea Iannone a fait un très beau résultat en terminant sur son troisième podium de la saison au guidon de la Suzuki qui était en grande forme et qui a vu Álex Rins terminer quatrième.

A l’inverse, c’est vraiment déprimant de voir Valentino Rossi naviguer entre la huitième et la dixième position à quinze secondes de ses adversaires habituels. Disons-le : la Yamaha n’a pas du tout eu un bon moteur cette saison et je vois de fortes similitudes avec la Suzuki de l’an dernier. Elle avait mis au point durant les essais hivernaux un moteur qui s’était révélé être peu fiable et peu compétitif.

Cela s’est surement produit au sein de l’équipe d’Iwata et les déclarations sur l’électronique ne sont que l’arbre qui cache la forêt. Le véritable problème vient du moteur qui provoque une crise à tous les niveaux, de l’électronique au châssis en passant par l’adhérence des pneus. La réglementation actuelle en vigueur impose sept moteurs en début de saison, et il est impossible d’en changer jusqu’à la fin du Championnat en cours, ce qui cause ainsi tous les problèmes. C’est la stricte vérité et aussi bien les techniciens que les pilotes en sont pleinement conscients. La preuve est arrivée la semaine dernière lorsque Yamaha a réalisé un test sur le circuit d’Aragon. Bien que les temps aient été discrets, le moteur avait la configuration 2019.

L’autre problème de cette saison vient des performances des pilotes qui commencent à perdre leur motivation. Franchement, voir Valentino Rossi dans ces conditions fait pleurer les passionnés de sport du monde entier et je vous assure que The Doctor est très bien entraîné et est encore en mesure de se battre pour le podium à chaque Grand Prix. Il a l’âge qu’il a mais sa volonté et sa capacité à se battre sont toujours les mêmes. Le fait d’être toujours troisième au Championnat malgré les problèmes rencontrés par Yamaha le montre bien.

J’ose lancer un appel : il faut sauver le soldat Rossi.



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