En finissant, dimanche dernier, 5e de la 41e édition des 8 Heures de Suzuka, le team FCC TSR Honda est devenu officiellement le premier team japonais à être champion du monde d’endurance.

Bravo donc à l’équipe de Masakazu Fujii, le patron de TSR, qui œuvre depuis une trentaine d’années pour en arriver à cette consécration, comme le montre son palmarès suivant :

2017/2018 Champion du monde d’Endurance FIM EWC. 6ème au Bol d’Or, 1er à 24H Motos, 3ème à 8H du Slovakia Ring, 1er à 8H d’Oschersleben, 5ème aux 8 Heures de Suzuka.
2016-2017 4ème au FIM EWC, 5ème au Bol d’Or, 5ème au 24H Motos, 5ème au 8H d’Oschersleben, 21ème au 8H du Ring de Slovaquie, 3ème au Suzuka 8H.
2016 7ème au FIM EWC, 3ème à 24H Motos Motos
2015 2ème aux 8H de Suzuka
Victoire aux 8H de Suzuka en 2012
Victoire aux 8H de Suzuka 2011
2010 3ème aux 8H de Suzuka
2009 9ème aux 8H de Suzuka
2007 3ème aux 8H de Suzuka
Victoire aux 8H de Suzuka 2006
2005 4ème aux 8H de Suzuka
2003 3ème aux 8H de Suzuka
1990 1ère course aux 8H de Suzuka

Notons simplement que de 100% japonaise à ses débuts, l’équipe aidée par Honda s’est peu à peu considérablement européanisée, à tel point qu’aujourd’hui, on se peut se demander si elle est plus japonaise que française, espagnole, belge ou suisse…

Explications :

Ceux qui ont regardé les 8 Heures de Suzuka ont une nouvelle fois pu le constater ; bien que s’agissant de leur épreuve phare, les Japonais ne sont pas au niveau des professionnels européens, qu’il s’agisse des commissaires de piste ou des mécaniciens.

Dès qu’un événement imprévu survient (et c’est souvent le cas en endurance), un vent de perdition souffle sur les Nippons qui apparaissent alors complètement désemparés. On est bien loin des réactions « à la seconde » des équipes européennes…

En ce qui concerne l’équipe technique, l’explication se trouve dans la mentalité japonaise : au Japon, on est là pour gagner, et si le moindre problème se présente, de victoire il est plus question et l’épreuve se transforme en test grandeur nature avec un rythme beaucoup moins soutenu.

C’est en partie pour cela que, depuis 2013, Masakazu Fujii s’est appuyé sur l’équipe espagnole Bruno Performance, principalement pour faire rouler sa moto (logistique, mécaniciens formés au Japon, etc.). Bruno Performance est une structure fondée par le Belge Bruno Boggiano qui a succombé au charme de la péninsule Ibérique et s’est installé à Tarragone, au sud de Barcelone, il y a une vingtaine d’années.

L’équipe espagnole a récupéré Kenta Fuji, le fils de Masakazu Fujii, en Moto3 en 2013, après que le team CIP d’Alain Bronec, chez qui il était auparavant, a concentré ses efforts sur les Grands Prix.

Du coup, Bruno Performance a également récupéré Alan Techer avant que ce dernier ne parte en CEV Moto2 développer la NTS avec Osamu Goto (Geo Tecnology), Martial Garcia… et Bruno Performance.

Ces expériences se sont bien passées et Masakazu Fujii a été séduit par le sérieux du travail fourni par la structure espagnole. Ce n’est donc pas un hasard si, aujourd’hui, Alan Techer est un des pilotes de la FCC TSR Honda exploitée par Bruno Performance, aux côtés de Freddy Foray et Josh Hook.

TSR possède des relations privilégiées avec Honda et, à ce titre, reçoit un moteur usine pour l’Endurance, peut-être la seule chose réellement japonaise (avec les pneus) dans cette équipe très  cosmopolite. Notre propos n’est pas de dénigrer qui ou quoi que ce soit, mais simplement d’apporter un éclairage sur les conditions internationales réunies qui ont engendré ce titre.

Félicitations aux vainqueurs, et souhaitons simplement que cet exemple de collaboration Japon-Europe en suscite bien d’autres, à l’image du récent accord Tati Team Beaujolais-Trick Star (Kawasaki).



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