C’est en 1998 que Damien engagea son premier équipage, composé de Patricia Bodard, Marie-Pierre Vintaer et Aurélie Bugaud aux 24 Heures du Mans, au Bol d’Or et aux 24 Heures de Spa. Il passa en 2001 chez Suzuki avec ensuite en 2013 la victoire au Bol d’Or en Superstock avec le Junior Team Le Mans Sud Suzuki, puis en 2014 la victoire en Coupe du Monde d’endurance Superstock avec la même valeureuse équipe.

Professeur au Lycée polyvalent Le Mans Sud, Damien Saulnier amenait ensuite son Junior Team LMS Suzuki à la deuxième place de la Coupe du Monde d’endurance 2017-2018. La nouvelle saison commençait avec la 3e place des qualifications en Superstock du Bol d’Or 2018, avec Louis Rossi, Hugo Clère (Champion de France Superbike Challenger 2018) et Alex Sarrabayrousse, qui sera remplacé par Alexis Masbou en 2019.

Damien, tout d’abord pourquoi as-tu recruté Alexis Masbou ? Avec un peu d’humour, le mot « Junior » dans le nom de ton équipe n’étonne-t-il pas ? Heureusement qu’il y a Johan Nigon et Clément Stoll qui vous rejoignent officiellement en catégorie Challenger pour le FSBK…

« Et ils sont accompagnés d’Hugo Clère qui n’est vraiment pas très vieux… Pour Louis Rossi, il y avait le côté manceau, sarthois, et Alexis Masbou m’avait sollicité l’année dernière pour rouler avec nous. Il est revenu à la charge cette année car Louis, Hugo et lui se connaissent très bien et s’apprécient. Du coup, de fil en aiguille, je lui ai dit pourquoi pas, ça pourrait être sympa de faire l’endurance avec toi. Par contre il n’y aura pas de Championnat de France, car on y préserve l’esprit Junior, même si on ne savait pas encore avec qui à l’époque. Sont venus s’insérer ensuite Johan Nigon et Clément Stoll.

« Après, quand on dit Junior, historiquement si on revient un peu en arrière, quand la section a été créée en 1998, pour la rentrée scolaire 1997, ça a été des jeunes jusqu’en 2001 sur la moto,  avec les filles, Pascal Guittet et d’autres.

« Initialement, quand on parle de Junior, l’idée de base avec Jean-Claude-Chemarin, puis ensuite avec Dominique Méliand, ça a toujours été de former des mécaniciens. Après on y a associé de jeunes pilotes, car ça correspondait à la direction générale de l’initiative, mais l’idée c’était bien de former des mécanos.

« Parfois, quand j’entends des gens dire que maintenant on sort de l’esprit original du Junior Team, je leur dit « vous êtes bien gentils, mais qui dans le paddock a formé 220 mécaniciens en 22 ans ? Je n’en ai pas encore trouvé beaucoup ! » (rire)

Vous avez longtemps lutté dans le groupe de tête en Superstock lors du dernier Bol, avant de devoir abandonner après 605 tours en raison du moteur cassé, suite à un problème d’embrayage. Comment vois-tu la suite de la Coupe du Monde (Le Mans, Slovaquie, Oschersleben) ?

« Je ne souhaite en aucun cas des ennuis aux autres – je suis plus sportif que ça – mais on ne sera peut-être pas les seuls à manger du pain noir. Je me dis que si on n’a pas de gros soucis techniques, comme les jeunes mécanos dans les stands font un boulot plus que correct, on pourrait faire quelque chose de sympathique avec les trois jockeys qu’on a sur la moto. On peut figurer aux avant-postes du Superstock. Après il faut se battre devant et on verra bien comment se déroule la course.

« Il est sûr qu’on a perdu au Bol de gros points au Championnat. On est septièmes avec 3 points, contre 27 pour le leader Gert56 German Endurance Racing Team. On n’est pas à zéro, grâce aux points intermédiaires, mais on n’en a pas énormément. On a donc maintenant l’obligation d’aller vite et de ne pas faire de boulette. »

Dominique Méliand a créé le SERT en 1980. Après avoir remporté 15 titres mondiaux, 16 Bols d’Or et 10 24h du Mans, le « Chef » a annoncé son départ en fin d’année et que sa succession se jouerait entre toi et Dominique Hébrard (sans le nommer personnellement), en ajoutant qu’il serait judicieux de vous associer tous les deux. Qu’en penses-tu ?

« Suzuki m’a demandé il y a quelques mois si ça m’intéressait de prendre la suite de Dominique, si on pouvait faire un montage efficace. Après on peut imaginer quelque chose. Avec qui, comment, où ? Il faut que l’aventure continue de la même manière pour les gens qui sont actuellement à l’intérieur du SERT. Donc pourquoi ne pas créer une structure unissant le SERT et le Junior team, en préservant les gens déjà présents, ce qui est important ?

« L’idéal serait de fusionner les deux, avec Paulo, Pascal et Dominique, en conservant l’esprit et l’âme du SERT tels qu’ils existent depuis plus de 30 ans. Moi j’y serai dans tous les cas favorable.

« Les dirigeants de Suzuki (Japon et France) sont aussi dans cet esprit-là. Dominique également. Après il faudra bien cibler qui fera quoi, et à quels moments pendant la saison. Ça peut être intéressant pour nous aussi, le Junior Team, par rapport à la formation des élèves. Moi, avec les élèves, je serais plutôt en seconde main, mais je serais plutôt favorable à ce qu’on fonctionne ensemble. On devrait associer les deux. »

« Cela ne changerait-il pas beaucoup ton travail actuel de professeur au Lycée polyvalent Le Mans Sud ?

« Oui, quand même un petit peu, mais j’aimerais bien malgré tout conserver la trame de base. Les jeunes obtiennent un Bac Pro moto, et maintenant un BTS, et avec leurs connaissances dans le domaine de la mécanique avec une approche orientée vers les concessions, nous on essaie de les construire en forme de couteau suisse. Ils ont un maximum de polyvalence et d’autonomie à la fin de l’année.

« Suzuki est toujours désireux qu’on garde cette bonne relation avec l’Automobile-Club de l’Ouest, avec son école de pilotage, et qu’on continue à faire des baptêmes de piste, des roulages et de nombreuses autres activités. Il y aura toujours cette proximité avec l’ACO, et toujours le Championnat de France Superbike, même si ce n’est pas avec trois motos, mais avec deux comme cette année. Il y aura toujours cet esprit de formation des jeunes. Je ne veux pas changer. »

Si tu passais au SERT, que deviendrait le Junior Team Le Mans Sud Suzuki ?

« Je ne veux pas qu’il s’arrête. »

Ci-dessus : Damien Saulnier et Dominique Méliand

Photos © Junior Team Le Mans Sud Suzuki et Suzuki Racing


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