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Kenny Foray a remporté en 2025 le championnat de France FSBK Superbike pour la 5e fois, et il remettra sont titre en jeu en 2026, tout en continuant son parcours en Endurance…

A travers cette longue interview, il nous éclaire le métier de pilote professionnel en France, avec ses différentes facettes, mais aussi ce qu’il prépare pour le futur !

Retrouvez la première partie ici.


🎤 Face à ça, quelle a été l’opposition ?
« L’opposition, il y a eu Alan Techer. C’était lui qui était de base avec qui je devais me battre, sauf qu’il s’est blessé en début d’année. Et puis il y a Enzo qui est arrivé au fur et à mesure de l’année, qui a été très performant et qui a gagné les deux dernières courses. Il y avait Enzo de la Vega avec la Yamaha et puis Alan Techer avec la Honda.” 

🎤 Et pour l’année à venir, tu penses que ce sera pareil?
“S’ils sont tous encore là, oui, ça va être eux, plus tous les autres qui vont arriver. On sait très bien que dans ce genre de championnat ,il ne faut sous-estimer personne, parce qu’il suffit que quelqu’un retombe sur une moto qu’il apprécie, retombe sur un truc qu’il aime bien, et puis hop, ça reperforme. Donc ça sera à coup sûr ces trois-là, et puis après je pense à Grégory Leblanc, je pense à Martin Renaudin s’il revient. Il y en a pas mal mais je ne connais pas tous ceux qui vont rouler.” 

🎤 Parlons maintenant de l’endurance, car c’est ce qui te permet de rouler en FSBK…
“Écoute, l’endurance, quand tu es français, c’est un peu la base du contrat. Tu as un contrat en endurance qui t’amène après éventuellement des contrats en FSBK, et c’est souvent l’endurance qui te fait vivre. Alors pour moi, c’est un peu différent, mais bon, ça reste comme ça pour 99% des gens. Donc l’endurance, ça reste quelque chose d’indispensable pour un pilote français qui roule en France, bien entendu.
L’an prochain, je continue toujours avec le même team, l’ERC BMW, et l’an dernier on a fini cinquième du championnat avec un abandon à la dernière course, donc on pouvait finir dans le Top 3. On n’est pas un team officiel, mais on fait partie des teams privées les plus performantes et on a fait le podium aux 24h du Mans. Donc voilà, il y a plein d’optimisme pour l’année prochaine.” 

🎤 Qu’est-ce qui différencie les teams privées des teams d’usine ?
“En fait, en endurance, moi j’estime que pas grand-chose, clairement. Alors souvent, on peut dire que les teams officiels ont plus d’argent, c’est ce qui fait la différence. Nous, ce n’est pas forcément le cas, ce n’est pas le problème de notre team; en tout cas ce n’est pas le souci.
Ce n’est pas du Mondial Superbike. Là on parle de 24h, donc en fait une moto va être meilleure sur un moment T, mais sur 24h tu as tellement de moments différents que, ça se trouve, il y a un moment où ta moto va être meilleure que l’officielle à cause des conditions de piste. Il y a tellement de différences de situations qu’en fait l’avantage des vraies factory aujourd’hui est très léger, comme chez BMW entre la 37 et la 6. Ce n’est pas ça qui va faire qu’ils vont être devant nous.  

Après, la seule chose qui change par rapport aux officielle et à nous, c’est que toutes les officielles sont en Bridgestone; et nous on est en Dunlop. Ça, clairement; c’est une différence. Mais par contre, on sait que les Dunlop, il y a quelques fois où ils fonctionnent très bien. Le seul truc c’est que les Bridgestone fonctionnent bien tout le temps; et c’est là où ils sont meilleurs que nous. Et ça malheureusement, il y a de plus en plus de motos en Bridgestone. Je crois que l’année prochaine, dans les huit ou neuf premiers de l’an dernier, je crois qu’en EWC il n’y a plus que deux teams qui ne sont pas en Bridgestone. Il y en a six ou sept dans Bridgestone maintenant. Donc ça fait beaucoup. C’est un peu frustrant parce que tu te dis que ce serait quand même mieux qu’on ait tous les mêmes pneus, mais d’un autre côté, je pense qu’on sera les seuls à rouler avec les Dunlop en EWC, et ça peut aussi créer la surprise parce qu’on sera les seuls peut-être à avoir des pneus qui fonctionnent très bien. Ou ça peut être l’inverse aussi, mais ça je n’y pense pas (rire).” 

🎤 Projetons-nous encore plus loin. Avec ton frère, vous vous impliquez dans le futur, avec votre école et l’aide que vous apportez aux jeunes. Tu nous en parles ?
“Écoute, on a fait une école de pilotage, la KF78 Académie avec Freddy. Alors, c’est Freddy qui s’en occupe à 80 %, parce que moi, comme je suis encore pilote, je ne peux pas m’en occuper autant que lui le fait. L’idée, c’est de s’occuper un maximum des jeunes quand ils sont très jeunes, c’est-à-dire de 8 à 12-13 ans dans les petites catégories. Et aujourd’hui, on a un gamin, Nolann Macary, qui était avec nous depuis 3 ans et qui est monté en puissance: il est arrivé à être champion de France dès sa première année en NSF en Championnat France Superbike. On essaie de tout mettre en place pour qu’à la fois on ait des jeunes qui roulent sur des minimotos sur des circuits de karting, et puis après on a une structure en Championnat France Superbike pour les 250 NSF, qui est la meilleure catégorie des jeunes en France pour pouvoir leur permettre à la fois de rester en France dans un premier temps, et puis après on espère les envoyer le plus loin possible. Mais l’objectif, c’est vraiment, plus que d’aider les jeunes, on veut vraiment les former. 
Par exemple dans l’académie, le gamin qui a 8, 9 ou 10 ans, il a un mécano à lui, il a sa moto et il parle à son mécano. Les parents, on essaie de faire en sorte qu’ils soient le moins possible dans les tentes, enfin là où il y a la moto. En fait, on les habitue vraiment à être ,entre guillemets, professionnels. Ils ont des Brevets d’état qui sont avec eux tout le temps. Enfin, on essaie de les former vraiment à ce qu’ils soient prêts, quand ils auront 14, 15, 16 ans, pour être à un niveau qui est mondial. 

Et aujourd’hui, on a la chance d’avoir eu beaucoup de titres : dès la première année, on est arrivé en championnat de France Superbike, on a gagné direct, alors qu’on n’avait aucune expérience. Donc on se rend compte que la formation qu’on est en train de mettre en place, elle est bonne. Le suivi, il est bon. Maintenant, ça ne veut pas dire que c’est fini. Notre objectif, c’est qu’il y ait un de nos enfants qui aille en Grand Prix. Ca paraît prétentieux comme projet, mais nous, c’est clair que le seul objectif qu’on a, c’est qu’ils aillent le plus haut possible. On ne fait pas ça pour qu’ils s’arrêtent à 15 ans et qu’ils disparaissent de la circulation. Nous, on veut qu’ils aillent le plus haut possible et on est intransigeant sur beaucoup de choses. La formation compte beaucoup, mais le résultat fait partie intégrante du projet. En tout cas, ça peut prendre 10 ans, ça peut prendre 15 ans, ça peut prendre 5 ans, mais l’objectif final, c’est qu’il y ait un gamin de la KF78 Académie qui aille le plus haut possible en Grand Prix !” 

🎤 Concernant Nolann Macary, tu peux nous rapeller ce qu’il a fait l’an dernier et où il sera l’an prochain ?
“Alors  ce qu’il a fait, c’est qu’il a été champion de France en 250 NSF dès sa première année. Donc ça c’était une très bonne chose. Il a fait quelques wildcards en European Talent Cup. Alors celle qui était la plus marquante, c’était à Magny-Cours parce qu’il s’est très bien débrouillé. Il n’avait pas beaucoup d’expérience donc ça a été un peu compliqué, et à la fin il s’est fait mal en plus. Il est tombé, il s’est fait mal parce qu’on se rappelle des conditions à Magny-Cours : elles étaient dantesques ! Et après, malheureusement, il devait faire les dernières courses en Espagne, mais il s’est blessé et il n’a pas pu les faire. Mais normalement, il devrait être l’année prochaine en ETC, et il devrait continuer à faire quelques wildcards en FSBK avec nous pour le former un maximum, pour qu’il soit le plus fort possible.” 

🎤 En European Talent Cup, ce serait dans une structure étrangère, c’est-à-dire que là, ce n’est pas vous ?
« Aujourd’hui, ça ne sera pas nous, parce que nous on n’a pas l’expérience pour le faire. Je ne te dis pas que dans l’avenir ça ne sera pas le cas, mais en tout cas, aujourd’hui, il roulera avec Monlau. C’est le team avec lequel on s’est rapproché, parce qu’on sait que ça fait partie des des structures qui ont le plus d’expérience. 
Alors attention, ça ne veut pas dire qu’on n’est pas intéressé par le fait que ça puisse être à l’avenir des structures françaises qui sont très bonne. Mais voilà, on a eu cette opportunité pour le moment, mais ça ne veut pas dire que pour le futur, on ne changera pas. Mais en tout cas pour aujourd’hui, c’est comme ça qu’on voit les choses. 

🎤 Il a quel âge? 
“Il va avoir 15 ans, mais il a encore 14 ans. C’est un des plus jeunes, en fait.” 

Merci Kenny, on va suivre tout ça…

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