Qualifié 4ème, Johann Zarco a finalement chuté lors du Grand Prix de France, pour terminer à une anonyme 24ème position.

Après cette course frustrante, le champion du monde en titre s’est néanmoins confié à la presse, et, s’il le fallait encore, ses réponses démontrent d’elles-mêmes la maturité du bonhomme…

Johann Zarco : “Déjà, dès le départ, je n’ai pas pris la bonne option, je n’ai pas réussi à gagner des places et, au contraire, j’en ai perdues beaucoup. Ensuite, dans les premiers tours, je n’étais pas assez rapide pour doubler les adversaires et il a fallu plusieurs tours pour que je trouve bien le maniement de la moto et puisse dépasser. Ensuite, je croyais vraiment pouvoir remonter, Sam était devant et j’essayais de faire au mieux pour le remonter, et finalement, j’ai chuté, j’ai touché une ligne blanche avec ma roue avant sur l’angle. Je suis tombé. Ensuite, le but était vraiment de terminer la course, et de comprendre pourquoi je n’avais pas réussi à bien exploiter la moto ce dimanche là.

Ce n’est pas la fin du monde. Il faut continuer. Le week-end a très bien débuté, les sensations avaient bien évolué mais je n’ai pas pu concrétiser sur ce dimanche. Maintenant, j’ai toute une semaine pour bien réfléchir sur ses difficultés et arriver fort au Mugello. Il faut à chaque fois viser ces premières places, mais en ayant sans doute encore plus de contrôle sur la moto.”

Était-ce les mêmes problèmes qu’à Jerez?

“C’est difficile à dire. Les conditions n’étaient pas les mêmes. Là, j’étais sans doute meilleur qu’à Jerez. J’étais beaucoup plus dans le rythme qu’à Jerez. Malheureusement, je n’ai peut-être pas encore assez de facilité pour placer la moto comme je veux quand je veux, et c’est peut-être pour ça qu’au moment de la bagarre ça devient plus difficile.”

Tu t’es fait enfermer dès le départ, non?

“Oui, dans le grand virage avant la chicane Dunlop. J’étais au milieu du groupe et n’ai pas réussi à prendre l’avantage. J’ai ensuite joué la prudence mais on perd trop de places quand on joue trop de prudence.”

On a quand même l’impression que c’est compliqué, pour le moment…

“Oui, fortement. mais c’est le challenge, de toute façon. Il faut savoir bien gérer cela mentalement pour pas dégringoler mais grandir. Il faut se servir de ces expériences difficiles comme d’un apprentissage et de surmonter ça pour devenir plus fort.”

Quand tu es sorti du groupe, on avait l’impression que tu pouvais revenir…

“Oui, ce n’était pas qu’une impression et en tout cas, moi aussi, je l’avais, jusqu’à la chute.”

Tu as cette année le châssis 2016 alors que tu avais le 2014 l’année dernière…

“Oui, c’est vrai, les sensations ont été très bonnes dès le début. Après, je venais du châssis Suter et ça m’avait donné comme des ailes. Maintenant, on ne peut pas mettre la faute sur le châssis, il y a aussi l’homme. Ils ont les mêmes motos que moi, devant, donc c’est à moi de réfléchir comment l’exploiter. Ce n’est qu’une histoire d’hommes.”

Tu as un peu plus de mal avec ce châssis 2016?

“Je ne mets pas la faute dessus, parce que c’est trop facile. J’ai du mal en général, je n’ai pas de bonnes sensations, mais peut-être que c’est moi qui me crée ces problèmes. A voir. Il faut savoir faire abstraction de tout ça pour se clarifier le chemin.”

C’est une déception supplémentaire que de ne pas avoir réussi une performance devant le public français?

“Oui, sans doute, mais je pense que c’est là l’erreur. Se dire que c’est plus décevant de chuter là que sur un autre Grand Prix, ça veut dire qu’on néglige certains Grands Prix, alors que pour gagner un championnat, il ne faut rien négliger. Il faut donc mettre chaque Grand Prix au même niveau et avoir le même niveau de performance sur chaque course. Donc oui, il y a déception, mais je pense qu’elle est par-dessus tout , pour le résultat blanc.”

A un moment, tu étais entre deux groupes, sans aspiration et sans repère. Comment gères-tu cela?

“Mes repères, je les ai en piste. C’est ma méthode de travail de pouvoir rouler seul et d’avoir des repères, donc ce n’est pas un problème de ne pas avoir de pilotes devant. C’était à ce moment là qu’il fallait remonter, donc c’était s’appliquer au mieux, sans faire d’erreurs, pour grignoter des mètres, mais ça n’a pas suffi.”

Propos recueillis par Thomas Morsellino

 



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