« J’espère ne voir personne, être devant et faire du bon travail. » Max Verstappen a trouvé une façon très personnelle d’annoncer sa première course face à Valentino Rossi en GT3. Le quadruple champion du monde de Formule 1 se réjouit de rencontrer l’Italien dans le paddock. En piste, il préfère nettement que leurs trajectoires ne se croisent pas.

À Portimão, Verstappen espère surtout rouler devant Rossi
La déclaration a le mérite d’être limpide. Rossi, oui, pour une discussion. Rossi dans le trafic ou dans les rétroviseurs, beaucoup moins. Interrogé par la FIA sur cette rencontre attendue à Portimão, le Néerlandais a d’abord salué son futur adversaire :
« J’espère le voir. C’est un gars vraiment sympa, alors j’espère pouvoir discuter un peu avec lui. »
Puis il a précisé sa pensée :
« Je n’espère pas le voir pendant la course. » Et, pour dissiper toute ambiguïté, il a ajouté qu’il espérait « ne voir personne », afin d’être devant.
Pas de provocation envers Rossi, donc. Verstappen décrit simplement le scénario idéal d’un pilote : faire sa course en tête, sans devoir se battre dans le peloton. Mais la formule tombe particulièrement bien quand l’adversaire potentiel s’appelle Valentino Rossi. Deux champions aux palmarès immenses, deux univers différents, et déjà une petite rivalité de circonstance avant même le premier tour. Max veut une conversation dans le paddock ; il espère que la piste, elle, restera silencieuse.
Le rendez-vous aura lieu du 16 au 18 octobre à Portimão, lors de la finale de la GT World Challenge Europe Endurance Cup. Verstappen prendra place dans la Mercedes-AMG GT3 n°3 de Verstappen Racing. Rossi pilotera la BMW engagée par WRT, dans la même catégorie Pro. La rencontre est donc bien plus qu’une opération de communication : les deux hommes partageront la grille et pourront se retrouver en course. Mais le mot « duel » mérite une nuance : il s’agira d’une épreuve d’endurance de trois heures, avec plusieurs pilotes par voiture et un peloton attendu d’environ 60 GT3. Pas d’explication à deux au premier virage, mais une course où le trafic, les relais et la stratégie compteront autant que les noms inscrits sur les portières.
Verstappen ne débarquera pas sans expérience de la discipline. Il a déjà goûté cette année aux courses de GT, notamment sur la Nordschleife, et il assure aimer ce type de défi.
« C’est très différent de la Formule 1, mais j’adore ça », a-t-il expliqué à la FIA. Il décrit Portimão comme un circuit « très agréable à piloter » et affirme vouloir profiter du week-end tout en aidant son équipe à obtenir un bon résultat. L’envie est là, mais le Néerlandais ne transforme pas cette première participation au championnat en promesse de victoire.
La composition de l’équipage donnera aussi une autre dimension à l’épreuve. Verstappen partagera la Mercedes avec Chris Lulham et Ben Barnicoat. Les pilotes habituels Dani Juncadella et Jules Gounon seront retenus par leurs engagements en Championnat du monde d’endurance à Barcelone. Max ne s’invite donc pas seulement dans une voiture déjà lancée : il prendra part à une course où chaque relais devra s’inscrire dans le travail collectif. Le résultat ne dépendra pas d’un seul duel, même si les caméras auront naturellement tendance à chercher la BMW de Rossi dès que la Mercedes apparaîtra à l’écran.
Son calendrier ajoute une couche à cette annonce. Portimão s’insère entre les courses de Singapour et des États-Unis, au cœur d’une séquence très chargée qui comprend aussi la Malaisie, le Mexique et le Brésil. Verstappen a lui-même parlé d’une période de sept semaines bien remplie. Il ne semble pas vouloir lever le pied : il choisit au contraire d’ajouter une course de GT à son programme de Formule 1. L’expression « profiter du défi » prend alors un sens assez concret. Le repos attendra.
À Portimão, la première rencontre se jouera donc probablement avant le départ : une poignée de main, quelques mots, peut-être une photo. Ensuite, chacun reprendra sa place dans le cockpit. Verstappen espère alors voir la piste s’ouvrir devant lui. Mais avec Rossi dans la même catégorie et des dizaines de voitures autour, son vœu de ne croiser personne risque d’être le plus difficile à exaucer. La question n’est pas seulement de savoir qui ira le plus vite : lequel des deux champions saura le mieux se frayer un chemin jusqu’à l’avant ?










