F1
Publié le 4 octobre 2026 • 00:00 par Oléna Champlain

F1 – GP de Malaisie : Les pneus freinent les nouvelles évolutions de Mercedes

Russell alerte sur la dégradation des pneus malgré les nouvelles évolutions. Mercedes doit revoir ses réglages avant les qualifications.

Mercedes avait amené à Sepang de nouvelles évolutions pour reprendre de l’air face à ses rivaux. Après les premiers essais, l’écurie a surtout découvert un problème plus pressant : ses pneus surchauffent et perdent rapidement en performance. George Russell le reconnaît : l’appui supplémentaire se ressent dans certains virages, mais la dégradation « prend le dessus sur tout le reste ». Le nouveau package est bien là ; le mode d’emploi, lui, reste à trouver. Elles représentent une évolution importante pour Mercedes, mais la première journée n’a pas donné l’image d’une équipe qui aurait immédiatement trouvé la solution. 

Mercedes: l’avantage attendu du nouveau package ralenti par les pneus.

Russell a terminé deuxième des EL1, puis septième des EL2. Kimi Antonelli, lui, a pris la cinquième place le matin avant de finir huitième l’après-midi. Les deux pilotes sont restés dans le groupe de tête, mais le chronomètre ne montre pas encore l’effet espéré des nouveautés.

Russell pointe surtout les conditions de piste. À Sepang, la chaleur et l’asphalte abrasif mettent les gommes à rude épreuve. Le pilote estime que les voitures évoluent dans des fenêtres de performance très différentes et que Mercedes n’a pas encore trouvé les bons réglages. L’écurie veut donc profiter de la nuit pour ajuster la voiture et mieux exploiter son package. Ce diagnostic est important : Russell ne dit pas que les évolutions sont ratées, mais qu’elles ne peuvent pas compenser une monoplace qui n’est pas réglée à son meilleur niveau.

Et le travail ne s’annonce pas simple. Russell n’a disposé que d’un seul tour rapide en pneus tendres en EL2. Il a élargi dans le dernier virage et a dû abandonner sa tentative. Antonelli a aussi perdu son chrono sur les tendres après avoir dépassé les limites de piste. Ces erreurs expliquent en partie leurs positions, mais elles ne font pas disparaître le sujet qui préoccupe Mercedes : la dégradation relevée dès les premières heures de roulage. L’équipe a parcouru 56 tours à deux en EL2, sans obtenir toutes les réponses qu’elle cherchait.

Le choix des pneus rend le défi encore plus sérieux. Pirelli a apporté les gommes C2, C3 et C4 — respectivement les dures, les mediums et les tendres. Le manufacturier s’attend à une dégradation thermique importante, avec des températures de piste qui pèseront lourd dans la gestion des relais. Le revêtement de Sepang reste abrasif malgré des travaux récents : les équipes doivent composer avec une piste exigeante et disposent de peu de références récentes pour cette génération de voitures

Russell ne regarde pas seulement ses propres chronos. Il estime que Max Verstappen paraît très rapide et que le rythme de course de McLaren est impressionnant. Il garde toutefois une porte ouverte : « Il ne faut jamais dire jamais. » Ce mélange de lucidité et d’espoir résume le vendredi de Mercedes. La voiture a reçu des pièces neuves, mais les rivaux n’ont pas attendu pour se montrer. Verstappen a mené les EL1 ; Charles Leclerc a ensuite signé le meilleur temps des EL2, devant Isack Hadjar et Lando Norris.

Même Leclerc, pourtant auteur du meilleur temps de l’après-midi, ne considère pas Ferrari comme intouchable. Il a décrit la journée comme difficile, sur une piste sale et glissante, et a estimé que Red Bull se détachait dans le rythme observé. Il a aussi qualifié la dégradation des pneus de « principale discussion » du week-end. Le sujet dépasse donc Mercedes : à Sepang, la performance sur un tour ne suffira pas si les pneus s’effondrent ensuite en course.

Pour Mercedes, la priorité est désormais de trouver un réglage qui permette aux nouveautés de fonctionner sans faire surchauffer les gommes. L’équipe dit avoir ressenti davantage d’appui dans les virages rapides, mais elle n’a pas encore réussi à le convertir en avantage net au classement. Russell pense qu’il faudra surtout agir sur les réglages plutôt que condamner le package. Les prochaines séances diront si cette lecture est la bonne — ou si les évolutions ont simplement apporté un problème supplémentaire à résoudre.

La qualification peut rebattre les cartes, surtout après les tours imparfaits des deux Mercedes en EL2. Mais le vrai test pourrait venir dimanche, lorsque les longues séries de tours mettront la gestion des pneus à l’épreuve. Mercedes est-elle simplement en retard dans ses réglages, ou ses évolutions n’offrent-elles pas encore le gain attendu ? À Sepang, la réponse risque de se lire d’abord sur les gommes.