Red Bull vient de donner à Laurent Mekies ce que Christian Horner n’a pas eu au moment de son départ : une perspective à long terme. L’écurie a annoncé ce mercredi la prolongation de son directeur général et team principal jusqu’à la fin de la saison 2031. Cinq années supplémentaires pour le Français, arrivé à la tête de l’équipe en juillet 2025 après l’éviction de Horner. Dans une équipe qui sort de turbulences, le message est limpide : Mekies n’est plus un intérimaire, il est désormais au cœur du projet.

Mekies a cinq ans pour convaincre
L’annonce a été faite par Mark Mateschitz lors d’un débriefing à Milton Keynes, après les victoires de Max Verstappen en Malaisie et à Singapour. Le timing n’a rien d’anodin. Red Bull a connu un début de saison difficile sous les nouvelles règles, avant de retrouver des couleurs et d’enchaîner deux succès. Quand les résultats remontent, la direction peut présenter la stabilité comme une stratégie plutôt que comme une nécessité. Cette prolongation confirme la confiance des actionnaires dans le travail de Mekies et dans la trajectoire qu’ils veulent donner à l’équipe.
Le dirigeant français s’est dit « incroyablement fier de poursuivre cette aventure avec Oracle Red Bull Racing », avant de remercier les actionnaires, la direction et les membres de l’équipe pour leur confiance. Il a aussi insisté sur le collectif et sur le rôle des équipes techniques de Pierre Waché et Ben Hodgkinson. « Nous avons une base solide pour les années à venir, et nous croyons sincèrement que ce n’est que le début », a-t-il déclaré. Une formule ambitieuse, qui devra désormais résister à l’épreuve la moins poétique du paddock : les chronos.
Les actionnaires Chalerm Yoovidhya et Mark Mateschitz estiment que Mekies a guidé l’équipe « pendant une période importante de transition », tout en préservant son esprit de compétition. Oliver Mintzlaff, directeur général des projets et investissements, a salué son expertise technique et sa vision stratégique.
Les dirigeants manient rarement les communiqués pour y glisser des réserves ; cette fois, la durée du contrat donne du poids au discours. Red Bull ne lui offre pas simplement une saison de plus : elle lui confie les clés jusqu’en 2031.
La prolongation s’ajoute à celles de Max Verstappen, d’Isack Hadjar et de plusieurs membres clés du personnel. Red Bull verrouille ainsi les piliers de son projet et affiche une ligne claire pour les saisons à venir.
Le message s’adresse aussi à Verstappen : son patron reste, son coéquipier reste, et les responsables du projet moteur sont présentés comme centraux pour la suite. Dans une saison où la hiérarchie a déjà bougé, l’équipe mise sur la continuité pour éviter qu’un nouveau virage ne se transforme en crise interne.
Le contraste avec l’ère précédente est difficile à ignorer. Christian Horner, écarté après vingt ans à la tête de l’équipe, a confié cette semaine au Guardian que son départ avait été « particulièrement brutal et triste ». Il dit n’avoir « pas vraiment reçu de raison » précise et regrette de ne pas avoir vu le moteur conçu sous son impulsion gagner une course. Ce moteur vient pourtant de permettre à Verstappen de s’imposer.
Le symbole est presque trop parfait : l’héritage technique de Horner marque des points, tandis que son successeur reçoit cinq ans de confiance. Aucun communiqué ne le formule ainsi, mais la page se tourne à grande vitesse.
Mekies a pris les commandes de Red Bull en juillet 2025, après avoir dirigé Racing Bulls. Son parcours passe aussi par Minardi, Toro Rosso, la FIA et Ferrari : un itinéraire qui lui donne une connaissance rare des rouages sportifs et techniques de la discipline.
Red Bull affirme qu’il a contribué au redressement de la seconde moitié de 2025, lorsque l’équipe a manqué le titre pilotes de seulement deux points. En 2026, il a dû traverser une entame compliquée sous le nouveau règlement avant de voir Verstappen relancer la machine. Ce contrat récompense donc les progrès récents, mais constitue aussi un pari sur sa capacité à maintenir l’équipe soudée.
Car cinq années de contrat ne garantissent pas cinq années de tranquillité. En Formule 1, les résultats peuvent retourner une salle de conseil plus vite qu’un arrêt au stand, et Red Bull reste une structure capable de décisions radicales. Mekies devra transformer cette confiance en résultats réguliers, retenir les talents clés et faire durer le regain de forme. Deux victoires ont replacé l’équipe dans la course ; elles ne suffisent pas à effacer les difficultés du début de saison ni à promettre le retour d’une domination.
Avec Verstappen, Hadjar et désormais Mekies engagés dans la durée, Red Bull affiche un cap jusqu’en 2031. Reste à savoir si cette stabilité sera le socle d’un nouveau cycle gagnant ou une belle photographie prise au moment où les résultats sourient.
Horner a laissé une équipe immense, mais aussi une succession mouvementée. Mekies a cinq ans pour prouver qu’il peut en faire autre chose qu’un héritage encombrant. La vraie question n’est donc plus combien de temps il restera : c’est ce que Red Bull gagnera avec lui.
🗣️: "I am incredibly proud to continue this journey with Oracle Red Bull Racing, and I would like to thank Chalerm, Mark, and Oliver, the entire Team, and everyone involved for the trust they have placed in the project.
"What makes this Team special is the way everyone comes… pic.twitter.com/5F034ySI0m
— Oracle Red Bull Racing (@redbullracing) October 14, 2026








