F1
Publié le 15 octobre 2026 • 00:00 par Oléna Champlain

F1 : Honda déjà sous pression, Stroll cherche un plan B

 Aston Martin étudierait des options moteur pour 2028 si Honda ne progresse pas. Une rumeur à manier avec prudence.

Le grand mariage devait conduire Aston Martin au sommet. Quelques mois après le début de son partenariat d’usine avec Honda, le voilà déjà escorté par une rumeur de séparation. 

Stroll sonde Red Bull et Mercedes

Selon plusieurs informations relayées dans le paddock, Lawrence Stroll aurait sondé Mercedes et Red Bull Powertrains pour évaluer une éventuelle solution de repli à partir de 2028. Une hypothèse qui dépendrait d’un critère simple, et cruel en Formule 1 : Honda devra montrer en 2027 que le projet sait enfin accélérer

Rien n’indique qu’un divorce soit décidé. Aucun changement de motoriste n’a été officialisé : il s’agit, à ce stade, d’une possibilité évoquée en coulisses, sur fond de première saison 2026 difficile. Mais quand le propriétaire d’une équipe commence à regarder les issues de secours, le « partenariat à long terme » prend soudain un petit air de période d’essai.

La rumeur ne sort pas de nulle part. Aston Martin a payé cher les limites de son ensemble châssis-moteur : manque de performance, problèmes de fiabilité et difficultés de pilotage ont relégué l’équipe dans le bas du classement. La situation a poussé Honda à revoir l’organisation de son programme moteur. Le constructeur a annoncé un changement de direction technique, effectif au 1er octobre, avec l’objectif affiché d’assurer « un transfert fiable de l’expertise technique vers la nouvelle génération d’ingénieurs ». Derrière cette formulation très policée, le chantier est clair : le projet doit se réorganiser et progresser

La question des compétences humaines s’invite aussi dans le débat. Le message à l’origine de cette actualité affirme qu’Aston Martin pousserait Honda à recruter davantage d’ingénieurs ayant déjà travaillé chez d’autres motoristes. Ce point n’a pas été confirmé officiellement. Il traduit néanmoins l’urgence qui entoure le programme : une usine flambant neuve, un partenariat exclusif et des ambitions de titre ne suffisent pas si le moteur ne suit pas. En F1, les infrastructures font de belles images de lancement ; les chevaux, la fiabilité et les décisions techniques font les chronos.

L’ironie, c’est que Lawrence Stroll avait présenté Honda comme la pièce maîtresse du projet. En 2023, lors de l’annonce de l’accord, le propriétaire assurait : « Notre partenariat avec Honda est la dernière pièce du puzzle pour faire d’Aston Martin une équipe de pointe, capable de remporter des titres. » Il ajoutait n’avoir « aucun doute » sur le succès à venir. Trois ans plus tard, cette confiance se heurte à un calendrier beaucoup moins patient. Un moteur neuf dans un cycle réglementaire neuf demande du temps ; mais la patience a ses limites lorsque l’équipe stagne pendant que ses rivales engrangent les points.

Les alternatives évoquées ne sont pas anodines. Mercedes connaît parfaitement Aston Martin : l’écurie utilisait ses moteurs avant le passage à Honda en 2026. Un retour ne se signerait toutefois pas d’un claquement de doigts. Il faudrait négocier les conditions, organiser l’intégration technique et vérifier les capacités de fourniture du motoriste.

Red Bull Powertrains est également devenu un nom crédible depuis que son projet a franchi un cap majeur. Max Verstappen a offert à Red Bull sa première victoire comme constructeur de groupes propulseurs, à Sepang. Son responsable technique, Ben Hodgkinson, a préféré parler de « croyance » plutôt que d’attentes, rappelant que son équipe n’avait remporté qu’une course sur seize. Une performance qui rend l’option séduisante sur le papier, sans prouver qu’un accord avec Aston Martin existe.

Le calendrier donne à Honda une fenêtre pour répondre. Le constructeur vise un retour parmi les meilleurs, tandis que les règles moteur doivent encore évoluer à partir de 2027. Le changement de responsable peut aider à remettre le projet sur les bons rails ; il ne fera pas disparaître instantanément les problèmes de puissance et de fiabilité. La saison prochaine devra donc fournir des signes concrets de progrès, pas seulement des promesses

Pour Aston Martin, l’enjeu dépasse le seul choix du fournisseur. Fernando Alonso et Lance Stroll ont prolongé avec l’équipe pour 2027. L’écurie conserve ainsi un duo expérimenté, mais elle ne peut pas demander à ses pilotes d’attendre indéfiniment que le puzzle se complète. Adrian Newey, les nouvelles installations et les moyens engagés donnent au projet l’allure d’une superpuissance en construction ; encore faut-il que la voiture sorte du garage avec autre chose qu’un beau discours et un moteur capricieux.

Alors, Honda dispose-t-il encore d’une saison pour convaincre Lawrence Stroll, ou le patron d’Aston Martin prépare-t-il déjà le plan B ? Pour l’instant, aucune rupture n’est actée. Mais la rumeur dessine une échéance limpide : en 2027, Honda devra prouver que ce mariage peut gagner. Sinon, les vœux de fidélité pourraient bien s’arrêter à la première ligne droite.

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