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Après une longue attente à cause des interviews des nombreuses télévisions, les trois premiers pilotes de ce Grand Prix de France 2016 se sont présentés en salle de conférence pour y débriefer leur course et répondre aux questions des journalistes.

Comme à l’accoutumée et pour éviter toute interprétation approximatives de ces derniers, nous vous proposons en exclusivité une traduction « brute » de l’intégralité de leurs réponses, à commencer par celles de Jorge Lorenzo.

Jorge Lorenzo: « Oui, une journée parfaite et presque un weekend parfait puisque c’est la première fois que je fais la pole position ici en MotoGP.
Avant la course nous savions que nos avions une belle chance de la gagner, mais nous devions attendre un peu pour voir ce qui pouvait se passer après la course des Moto2, puisque parfois les pneus Dunlop rendent la piste un peu plus glissante. Et parfois, ceci ajouté à un réservoir plein, rend difficile de freiner la moto et d’avoir la meilleure adhérence partout en piste. Et c’est ce qui est arrivé au début; j’avais beaucoup de problème pour freiner la moto chargée, et c’est peut-être pourquoi Iannone a pu plus ou moins stabiliser l’écart (avec moi) puis récupérer quelques mètres.
Mais la clef de la course a été que quand la moto s’est allégée, j’étais et je pilotais de mieux en mieux. Dès lors, la course s’est inversée et j’ai progressivement amélioré mes chronos, puis j’ai pu m’échapper et creuser cet écart de 5 secondes avant la chute de Marquez et Dovi.
Donc quand Rossi était à 7 secondes, j’ai pu respirer un peu plus, mais pas trop car je voulais garder un rythme élevé et ne pas perdre de concentration.

Donc une journée parfaite, en particulier par rapport au championnat; avant cette course, Marquez n’a commis aucune erreur et menait. A l’inverse, les pilotes Yamaha  avaient chuté, pour ma part en Argentine et Rossi à Austin.
Donc quelque part, c’est comme si on repartait de zéro pour les prochaines courses. »

Vous aviez un excellent rythme durant cette course…

« Oui, la moto était excellente, tout comme les pneus. Je pense que Michelin a fait un beau, rapide et gros travail pour résoudre le problème que l’on a eu à Jerez. En particulier, le pneu nous offrait un peu plus d’adhérence dans sa zone centrale, et il avait plus ou moins la même performance durant toute la course.
Comme je vous l’ai dit, je voulais pouvoir conserver un rythme en « gros 33″ et ne pas changer de trajectoires, ne pas être un peu trop décontracté pour éviter de rater une trajectoire ou commettre une erreur stupide et chuter. »

Prochaine étape au Mugello où vous avez gagné l’année dernière…

« Oui. On arrive au Mugello en menant le championnat avec ces 5 points d’avantage. C’est un circuit que j’adore, probablement mon circuit favori car je peux y tirer profit de mes points forts et de mes qualités.
Bien sûr, avec la longue ligne droite, les Ducati seront là, d’autant que c’est le circuit où elles passent le plus de temps à faire des tests. Mais pour le moment, avec les erreurs de leurs deux pilotes, elles ne comptent pas vraiment pour le championnat, donc nous devons plutôt nous comparer à Marc et à Rossi.
Arriver là en menant le championnat est excellent. »

Vous souvenez-vous de votre premier podium en MotoGP et que pouvez-vous dire à Maverick?

« Heureusement, mon premier podium est arrivé très vite, lors de ma première course en MotoGP. Cela a donc été une grande surprise pour moi car je ne m’attendais pas à être si compétitif; j’ai fait la pole position au Qatar et j’ai terminé second derrière Stoner.  C’est comme si c’était « trop » car je n’étais pas préparé à ce genre d’expérience, ni, psychologiquement à conserver ce niveau durant toute l’année.
Mais c’est superbe, une superbe sensation, et je pensais alors que je pouvais le refaire plus de fois que ce que j’ai pu finalement faire.

Maverick a finalement démontré qu’il était un pilote qui pouvait finir sur le podium avec une moto qui n’est pas la meilleure, même si la Suzuki est bonne. Il a peut-être été aidé par les chutes de Dovizioso et Marquez, mais vous devez être là et saisir l’occasion. Si vous comparez le résultat de sa course à celle de son coéquipier, il est bien plus rapide, donc il mérite absolument ce podium. »

On n’a pas vu beaucoup de dépassements. Est-ce dû à l’arrivée de Michelin?

« Selon moi, cela peut-être une des raisons. Avec les Michelin, vous devez travailler davantage sur les réglages et vous pouvez créer une différence grâce aux réglages et à votre pilotage, en particulier lors d’une longue course.  C’est pourquoi les écarts entre les premières positions peuvent être énormes ou plus grandes que par le passé. Avec les Bridgestone, tout était plus serré et vous ne pouviez pas faire de grande différence avec les réglages ou votre style de pilotage. Maintenant, il y a également le fait que les performances des pilotes changent beaucoup, de circuit en circuit. »

A Jerez, vous avez critiqué Michelin. Etes-vous impressionné par leurs améliorations, aujourd’hui?

« Critique, non; j’ai juste l’habitude de dire la vérité et ce que je pense. Si je pense que les pneus ont besoin d’être améliorés, je dis la vérité car c’est important qu’ils comprennent qu’ils doivent travailler. Et ils l’ont fait! C’est très important.

Parfois, par le passé, vous vous plaigniez de certains aspects du pneu, et la réaction ne venait pas, ou alors très tard. Avec Michelin, même s’ils ont le monopole des pneus pour le championnat, ils veulent améliorer leurs pneus, ils veulent nous fournir les meilleurs pneus, et c’est pourquoi je les félicitent, hier et également aujourd’hui.
Même si; évidemment, on doit encore travailler sur les pneus; dans la ligne droite de derrière, la partie centrale du pneu glissait un peu, mais ça n’avait rien à voir avec le feeling à Jerez. »

Il y a eu beaucoup de chutes aujourd’hui. Avez-vous une idée du pourquoi?

« Je pense que pour le moment, avec les Michelin, vous ne contrôlez pas votre moto à 100%. La moto bouge davantage, spécialement avec l’arrière; vous avez beaucoup de mouvements en sortie de virage. Au freinage, c’est mieux; ils ont beaucoup amélioré avec ce nouveau pneu avant, par rapport au début, mais la moto n’est pas encore aussi stable qu’avec les Bridgestone. Avec ces derniers, la moto glissait habituellement plus à l’accélération, mais elle était plus stable et bougeait moins.
Donc oui, parfois c’est plus physique et vous devez vous concentrer davantage pour ne pas commettre d’erreur, car la moto peut devenir instable si vous freinez un petit peu trop tard, ou un petit peu trop fort. Donc ce n’est pas simple.
Sur les bosses, vous les sentez davantage.
C’est un style différent et l’on doit s’y habituer car on a été longtemps avec les mêmes pneus dans le passé, donc ce n’est pas si simple. Mais nous sommes en bonne voie d’avoir les meilleurs pneus pour tous les pilotes. »

Avez-vous une idée de ce qui est arrivé à Dovizioso et Marquez?

« Non, quand j’étais en course, j’ai vu les deux motos à l’extérieur du virage #5; Marc reprenait la piste alors que la moto d’Andrea était dans les graviers. J’ai pensé qu’ils s’étaient accrochés. Mais au final, on m’a expliqué qu’ils avaient chuté en même temps. Je ne sais pas. Peut-être que celui qui suivait a été un peu surpris et fait un mouvement qui a entraîné la chute. Mais je n’en sais rien. »

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