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Quelques heures avant le véritable début de la saison MotoGP 2026 en Thaïlande, la Direction de course, désormais dirigée par Graham Webber, a tenu à préciser le protocole des pénalités à porter à la connaissance de tous les pilotes.

Les pénalités, ou leur absence, appliquées aux pilotes ont souvent fait l’objet de polémiques, principalement dues à un certain manque de clarté des protocoles utilisés par les commissaires FIM MotoGP.
La trame suivante permettra sans doute de mieux comprendre les décisions prises par Simon Crafar et ses collègues, à qui nous avions d’ailleurs demandé d’être plus clair sur le sujet…


RÉSUMÉ DES PROTOCOLES DE PÉNALITÉS

1/ Roulage lent sur la trajectoire (Slow Riding On-Line)

Les Commissaires disposent d’un protocole de longue date concernant les incidents de roulage lent sur la trajectoire, régulièrement abordé avec les équipes et la Commission Sécurité des pilotes.
Le protocole actuel prévoit que les incidents en Q1 et Q2 entraînant un désavantage clair pour un concurrent aboutissent presque toujours à une pénalité, sauf circonstances atténuantes évidentes.
Les 20 dernières minutes de la Practice en MotoGP, ainsi que les 10 dernières minutes de la Practice en Moto2™ et Moto3™, sont jugées de manière similaire en ce qui concerne l’accès à la Q2.

Les incidents similaires survenant plus tôt lors des FP1 et FP2 sont évalués au cas par cas. En règle générale, les pilotes reçoivent d’abord un avertissement pour une première infraction, mais des pénalités sont ensuite appliquées et progressivement aggravées en cas de récidive au cours de la saison.

Ce protocole vise à sanctionner les infractions graves affectant un autre pilote, tout en évitant que des incidents mineurs sans conséquence en matière de sécurité ou de performance ne monopolisent l’attention des pilotes ou des officiels. Tous les incidents en piste ne nécessitent pas l’intervention des Commissaires, la priorité restant la sécurité, l’équité, la cohérence et le bon sens.

Tout incident mettant en danger la sécurité est immédiatement et indépendamment sanctionné.

Les circonstances d’un incident ne sont presque jamais identiques. Par conséquent, les Commissaires se réservent le droit d’adapter ces protocoles lorsque nécessaire afin de tenir compte de situations exceptionnelles.

2/ Incidents entre pilotes

Les Commissaires disposent également d’un protocole établi de longue date concernant les incidents impliquant un contact ou une chute entre pilotes, régulièrement discuté lors des briefings, auditions et réunions de la Commission Sécurité.
Lorsqu’un pilote tente un dépassement et perd le contrôle, entraînant la chute d’un autre pilote, l’incident est considéré comme un fait de course si la tentative n’était pas excessivement ambitieuse. Les Commissaires prennent en compte de nombreux facteurs pour déterminer si la manœuvre pouvait être réalisée en sécurité ou si elle était trop ambitieuse et très susceptible de provoquer un accident.
Si les Commissaires estiment que la tentative n’était pas excessivement ambitieuse, l’incident est qualifié de fait de course et aucune pénalité n’est infligée. Cette règle s’applique à toutes les catégories.

Certains incidents relèvent d’une lutte rapprochée avec contact entre pilotes. Il existe toutefois une limite au-delà de laquelle un dépassement comportant un contact devient trop agressif et permet un gain de position injuste. Les Commissaires examineront ces situations et, selon leur gravité, pourront infliger une pénalité de positions ou un Long Lap Penalty.

Lorsque les Commissaires jugent qu’un incident ayant provoqué l’abandon d’un autre pilote résulte d’une manœuvre trop ambitieuse et/ou avec peu ou pas de chances d’aboutir en sécurité, des sanctions sont appliquées. À titre indicatif :

  • En MotoGP et Moto2 : Long Lap Penalty.

  • En Moto3 : Double Long Lap Penalty.

Les sanctions pourront être aggravées en cas de récidive au cours de la saison.

Si les Commissaires considèrent qu’une manœuvre ayant entraîné l’abandon d’un autre pilote était injuste ou dangereuse, avec une collision importante et sans réelle possibilité de dépassement sécurisé, les pénalités seront plus sévères. À titre indicatif :

  • En MotoGP et Moto2 : Double Long Lap Penalty.

  • En Moto3 : Double Long Lap Penalty ou départ depuis la pit lane.

Ces sanctions seront également aggravées en cas de récidive.

3/ Départ de course

Les Commissaires traitent plus sévèrement les incidents survenant au départ, en particulier dans le premier virage et durant le premier tour.
À titre indicatif, toutes les catégories recevront une Double Long Lap Penalty. Comme toujours, les sanctions pourront être renforcées en cas d’infractions répétées au cours de la saison.

4/ Panneaux / drapeaux jaunes

Lorsque les panneaux ou drapeaux jaunes sont déployés :

  • En essais : les pilotes doivent ralentir et faire preuve de prudence.

  • En course : les dépassements sont interdits.

Chuter sous drapeau jaune est considéré comme un comportement irresponsable et un manque de prudence suffisant, et sera sanctionné. Toutefois, les Commissaires tiendront compte des circonstances particulières, comme la présence de débris ou d’huile sur la piste.

5/ Essais de départ

Les essais de départ doivent être effectués conformément aux protocoles et règlements publiés.
Des essais de départ jugés dangereux peuvent être sanctionnés.

À titre indicatif, les pénalités standards pour des Practice Starts dangereux sont :

  • Pénalité sur la grille

  • Long Lap Penalty

Comme toujours, les circonstances d’un incident ne sont presque jamais identiques. Les Commissaires se réservent donc le droit d’adapter les protocoles si nécessaire dans des cas exceptionnels.

6/ Exécution d’une pénalité

La philosophie suivie par les Commissaires FIM MotoGP est que les pénalités doivent être effectives et que le pilote doit purger sa sanction lors de la prochaine épreuve du Championnat à laquelle il participe, même si celle-ci a lieu la saison suivante.

Cependant, si le pilote ne participe pas ou ne termine pas la prochaine épreuve en raison d’une blessure, maladie ou autre problème sans lien avec l’incident sanctionné (et non survenu lors de celui-ci), la pénalité est considérée comme purgée et n’est pas reportée aux épreuves suivantes.
Une course annulée ne compte pas comme « prochaine épreuve ».
Si le pilote ne participe pas à la course (ou au Sprint) de la prochaine épreuve pour une raison directement liée à l’incident sanctionné, la pénalité devra être purgée lors de la prochaine épreuve à laquelle il prendra part.
Les décisions médicales restent et doivent rester indépendantes des décisions disciplinaires.
Cette exception en cas de blessure ou maladie non liée repose sur deux principes :

  1. Les Commissaires considèrent qu’un forfait constitue une sanction plus lourde qu’une pénalité type Long Lap.

  2. Éviter des situations passées où des pilotes blessés ont pris le départ uniquement pour purger leur pénalité, mettant en danger leur sécurité et celle des autres.

7/ Sévérité des pénalités selon les catégories

Pour des infractions similaires, la catégorie Moto3 reçoit des pénalités plus sévères que le MotoGP et le Moto2.
Deux raisons à cela :

  1. Fixer un cadre éducatif pour les jeunes pilotes, souvent nouveaux dans le paddock Grand Prix, et leur inculquer les standards de pilotage exigés.

  2. En raison de la nature très groupée des courses Moto3, certaines pénalités ont un impact moindre sur la course qu’en MotoGP ou Moto2.

Les pénalités doivent avoir un impact réel sur la course d’un pilote et agir comme dissuasion. Les sanctions plus sévères en Moto3 visent donc à produire un effet équivalent à celui observé dans les catégories supérieures.

8/ MotoGP Sprint

En suivant le principe que le Grand Prix du dimanche est la course principale en MotoGP, la majorité des sanctions disciplinaires sont purgées lors de la course principale et non lors du Sprint.
Cependant, les Commissaires peuvent infliger des pénalités pendant un Sprint pour des infractions commises au cours de ce même Sprint.

Les pénalités pour :

  • Limites de piste (Track Limits)

  • Faux départ (Jump Start)

  • Infractions techniques

seront purgées lors du Sprint, selon des critères spécifiques définis dans le Règlement FIM MotoGP.


PROTOCOLE CONCERNANT LES RACCOURCIS

Pour les pilotes coupant la piste, le principe est le suivant : un pilote ne peut tirer aucun avantage d’une coupe de piste et doit perdre du temps par rapport à un tour effectué intégralement sur la trajectoire normale.
Dans la mesure du possible, les sanctions seront appliquées pendant la course afin d’éviter des pénalités de temps après l’arrivée.
La sanction standard pour une coupe de piste est un Long Lap Penalty, lorsque cela est possible.

Résumé

Les zones de raccourcis sont définis par des boucles de chronométrage et communiqués à toutes les équipes avant la première séance d’essais. Ces boucles sont choisies de manière à permettre aux pilotes de franchir un point de chronométrage après la zone concernée, afin qu’ils sachent combien de temps ils doivent perdre. Il y a toujours une distance suffisante après ce point pour permettre au pilote de perdre le temps requis et ainsi éviter une Long Lap Penalty.

Si un pilote coupe la piste dans cette zone :

a) En essais : le temps au tour est annulé.
b) En course : le pilote doit perdre au minimum 1 seconde par rapport à son meilleur temps dans ce secteur jusqu’à ce moment de la course.

Les Commissaires prendront en compte l’évolution des conditions de piste ou tout incident pour déterminer si le temps requis a bien été perdu. En cas de défaillance du transpondeur, le temps au tour sera utilisé à la place du temps sectoriel.

  • Si le pilote perd au moins 1 seconde par rapport à son meilleur temps dans le secteur : aucune pénalité.

  • Si le pilote ne perd pas au moins 1 seconde : Long Lap Penalty.

  • Si le pilote gagne un temps significatif (selon l’appréciation des Commissaires FIM) : Long Lap Penalty + pénalité additionnelle.

  • Si le pilote coupe la piste parce qu’il a été contraint de sortir par un autre pilote : pénalité de temps uniquement pour tout avantage obtenu.

  • Toute position gagnée en coupant la piste doit être rendue. En cas de non-restitution, une pénalité pourra être infligée.

  • Lors du premier tour de course, où les contacts sont plus probables, les Commissaires peuvent appliquer les critères des Track Limits. Ainsi, si un pilote entre dans la zone de raccourci, cela peut ne pas être automatiquement considéré comme une coupure de piste. Toutefois, aucun avantage ne doit être tiré, sous peine de sanction.

Long Lap Penalty

Le Long Lap doit être effectuée dans un délai de 3 tours à compter du franchissement de la ligne d’arrivée suivant la notification.
Si la Long Lap n’est pas effectuée dans ce délai, des sanctions plus lourdes seront appliquées.

En cas de coupure de la piste en course, un message de LONG LAP penalty peut apparaître.
Le Long Lap doit être effectué dans les 3 tours suivant la notification.
Aucune pénalité ne sera appliquée si le pilote perd au moins 1 seconde dans le secteur défini pour la coupure de piste.


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