Ce confinement, pour Andrea Dovizioso, c’est une double peine. Certes, comme ses autres collègues pilotes, il subit celle d’un début de saison repoussé alors qu’il était au top de sa forme et au meilleur niveau technique avec sa Ducati. Ce plein d’énergie accumulé lors de l’intersaison doit maintenant être géré, préservé, puisqu’il n’a pu être libéré. Ceci dans un espace contraint… Ensuite, celui qui a soufflé ses 34 bougies le 23 mars doit vivre ce moment loin des siens, alors qu’il est dans son Italie natale et meurtrie par le coronavirus. En effet, il n’a pu rejoindre sa femme et sa fille avant que le confinement ne tombe comme une chape de plomb. Il vit donc ce moment seul et séparé, ce qui fait réfléchir sur le sens de la vie. Et donc, de sa carrière…

Ducati devrait prendre garde à un effet secondaire envisageable du Coronavirus sur sa gestion sportive. En effet, à écouter la dernière intervention d’Andrea Dovizioso, ce dernier, qui doit renégocier son contrat d’ici la fin de cette année, se voit en prise avec des questions existentielles alors qu’il vit isolé des siens, en plein confinement. « Nous, les pilotes, avons une vie anormale, et ces deux semaines m’ont fait comprendre certaines choses » déclare Dovi. « C’est agréable d’avoir une vie bien remplie, mais parfois c’est un peu trop et vous risquez de perdre certains aspects importants. Si cet arrêt ne dure pas beaucoup plus longtemps, cela pourrait aussi conduire à des choses positives. Mais malheureusement trop de gens ont déjà trop payé de cette situation. »

« Malheureusement, je ne passe pas de temps avec ma fille parce qu’elle était avec maman au début de la période de quarantaine et donc je ne l’ai pas vue depuis deux semaines, ce n’est pas une bonne chose » ajoute Andrea Dovizioso. « Heureusement j’ai un cabanon près de chez moi où je garde toutes mes affaires et j’ai une salle de gym. Je m’entraîne et cet espace fait la différence. »

 

 

 

« Ces jours-ci me font mettre des choses en place car je n’étais pas très bien physiquement. J’essaie de ne pas trop jouer aux jeux vidéo parce qu’ils n’aident pas, ils font juste perdre du temps. » Il ne faudra donc pas compter sur lui pour un Grand Prix virtuel, du genre de celui qui aura lieu ce dimanche avec les ténors de la grille de départ qui se départageront avec une manette sur le tracé du Mugello…

Sur la perspective de la saison qui reste à venir, l’équipier de Danilo Petrucci précise : « ce sera une année particulière, le niveau est plus élevé et il y a de plus en plus de jeunes talentueux mais nous les vieillards, pouvons encore avoir notre mot à dire. Sûrement au Qatar j’aurais été rapide et j’aurais pu jouer devant, mais je ne sais pas si j’aurais pu faire de même en Thaïlande ou dans les autres courses qui ont été reportées car nos adversaires semblaient très en place et les conditions auraient été différentes de celles du Qatar. »

Reste que si Dovizioso broie un peu trop du noir, jusqu’à privilégier d’autres choses dans la vie plus essentielles dont il aurait fait la découverte, les rouges pourraient se retrouver marron, en perdant leur leader sans pouvoir lui assurer vraiment sa succession. Après s’être fait les freins par Yamaha qui a fidélisé très vite Viñales et Quartararo, Ducati devrait alors se pencher sur son vivier composé de Miller, Petrucci, Bagnaia et aussi de Zarco.



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