La progression de Johann Zarco continue, peut-être pas aussi vite qu’il le souhaiterait, mais l’évolution va dans le bon sens. De 21e sur la grille de départ au Qatar, il se plaçait 18e en Argentine. Losail et Termas de Los Rios sont des circuits atypiques d’où il ne faut pas tirer de conclusions trop hâtives pour la suite de la saison. Johann n’a ainsi jamais gagné et n’est jamais monté sur le podium au Qatar, ce qui ne l’a pas empêché d’être deux fois Champion du Monde.

L’équipe KTM est actuellement en plein développement, et elle peut y mettre les bouchées doubles grâce à désormais quatre motos officielles en MotoGP. Quand l’ensemble sera bien stabilisé, on peut s’attendre à une amélioration de la performance. Peut-être pas à Austin, encore un circuit très particulier, mais dès le retour en Europe où les RC16 retrouveront leurs terrains de jeux favoris, d’abord à Jerez, puis au Mans.

Faisons le point du GP d’Argentine avec Florian Ferracci, l’un des mécaniciens (le seul Français) de l’équipe de Johann.

Quand le vendredi matin Zarco réalisait le 6e temps de la FP1 avec 0.208 d’avance sur Andrea Dovizioso, ça a dû amener un agréable sourire sur le visage de votre équipe ?

« Tout le monde était très content ! Johann est parti tout de suite en début de séance avec un bon rythme par rapport aux conditions, et la moto devait aller bien aussi. Cela a fait qu’il s’est maintenu pendant toute la séance parmi les premières positions. Moi je m’occupais de son panneautage, en plus de la boîte de vitesses, et j’étais content de lui montrer des temps comme ça, c’était super ».

Vendredi, Johann terminait 17e des essais libres, mais à seulement 0.775 du leader Andrea Dovizioso. La progression au chrono était excellente, car (3 semaines auparavant) le vendredi soir à Doha, il était à 2.032.

« Oui, mais je voudrais d’abord souligner que la deuxième séance d’essais libres du vendredi après-midi a été incroyable avec 21 pilotes (Ndlr : sur 22 présents) dans la même seconde. Nous on était plutôt bien, mais c’est par la suite que ça s’est un peu corsé.

« Il est certain que pour nous cet écart de 0.775 c’était super, mais il aurait fallu continuer à progresser encore par la suite. Et c’est là que ça a été plus compliqué ».

Samedi matin, Zarco gagnait encore du temps en améliorant lors de la FP3 en 1’39.635 son 1’39.956 de la veille. Était-ce prometteur ?

« Oui et non, parce que les autres ont plus progressé que nous. On a progressé un petit peu, de trois dixièmes. On a alors pris conscience que ça allait être difficile. Il y a maintenant un niveau incroyable, les pilotes sont très proches les uns des autres ».

« Dès que le package pilote plus moto n’est pas à 100% – sauf blessure, évidemment – ça se voit tout de suite : le pilote se retrouve à la fin du classement. C’est ce que nous avons commencé à voir le samedi matin. Je pense que même Johann a commencé à prendre conscience que ça allait être dur. Était-ce par rapport aux conditions de la piste ? Je l’ignore, toujours est-il qu’on a moins progressé par rapport aux autres ».

Après s’être élancé de la dix-huitième place sur la grille de départ, Johann terminait quinzième. Dans quels domaines devez-vous progresser ?

« L’élément très important dont il faut tenir compte pour la course de Johann, c’est l’incident au départ avec Jorge Lorenzo. Moi j’étais derrière le muret pour faire la signalisation, à la hauteur de Lorenzo, en quatrième ligne. Lorenzo est pour ainsi dire resté sur place quand les feux se sont éteints et j’ai vraiment eu très peur ! J’ai cru que Johann allait percuter Lorenzo ».

« Sur le moment, on n’a pas su ce qui s’était passé. Lorenzo est vraiment très mal parti, Johann arrivait très vite derrière lui et franchement je pense qu’il a eu très peur aussi. Je l’ai vu dedans ! Je pensais vraiment qu’il allait le percuter ».

« Johann évidemment a coupé et il a donc perdu beaucoup de temps. Après il a fait un très bon début de course où très vite il a récupéré des positions. Pendant les cinq premiers tours, il a regagné des places, puis ensuite il a stagné parce que ceux de devant avaient déjà creusé un petit écart ».

« Les choses se sont compliquées ensuite quand il a perdu du grip au niveau de l’arrière. Ensuite, d’après ce qu’il a dit lui-même, il s’est battu avec la moto pendant toute la course pour cette raison. Dans quels domaines devons-nous progresser ? Il n’est pas évident de répondre avec précision à cette question ».

Le retour en Europe à partir de Jerez, du Mans et du Mugello va-t-il permettre une bonne évolution ?

« Oui, je pense qu’on peut être optimiste à partir de ce moment-là. Nous aurons des essais très importants à faire du lundi au mercredi après le Grand Prix de Jerez. Il y a pas mal de nouveautés à essayer ».

« Quand il y a un week-end de course, comme ces trois épreuves outremer au Qatar, en Argentine et aux États-Unis, on ne peut pas tester de nouvelles pièces parce que ce qui est important, c’est dès les premières séances d’essayer de faire de bons chronos ».

« Le pilote se concentre pour faire des temps rapides donc nous faisons de petits réglages pour essayer de rendre la moto la plus compétitive possible. Ce n’est vraiment pas le moment où on peut essayer un nouveau cadre ou un bras oscillant, ou d’autres pièces aussi importantes. Ces pièces-là, on les teste quand il y a des journées d’essais comme ce sera le cas à Jerez ».

« Sur des circuits comme la piste andalouse, nous disposons déjà de bases de réglages, et c’est aussi le cas pour Le Mans. On est optimistes pour notre retour en Europe ».

« Un autre élément non négligeable est que Dani (Pedrosa) va pouvoir recommencer à rouler et il est certain que son aide nous sera très précieuse ».

Photos © Gold and Goose pour Red Bull KTM Factory Racing



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