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Ce jeudi 7 avril 2022, Johann Zarco a répondu aux questions des journalistes depuis le Circuit des Amériques à Austin en prélude au Grand Prix des Amériques.

Nous sommes allés écouter (via un logiciel de téléconférence) les propos du pilote français qui occupe la 8e place du championnat.

Comme à notre habitude, nous reportons ici les paroles de Johann Zarco sans la moindre mise en forme, même si cela est partiellement traduit (vouvoiement en anglais, tutoiement en français).


Johann Zarco : « Tout va bien, avant la manche à Austin ! J’ai fait un bon voyage depuis l’Argentine mais j’ai clairement eu besoin d’un peu de temps pour avaler le résultat blanc en course. J’étais déçu : cela fait parti du jeu mais je n’aime clairement pas cette partie du jeu. J’ai pu voir la piste ici et il y a de nouvelles zones d’asphalte, comme ils l’ont demandé à la commission de sécurité. Idéalement, cela aurait été bien que tout soit refait à neuf, mais c’était trop cher et impossible donc nous verrons à quel point cela a été amélioré. Il faut continuer à travailler et attaquer pour faire progresser le feeling et compléter ce que j’ai pu faire durant les essais où nous avions trouvé de bonnes choses et de bonnes références. Mais clairement, l’Argentine n’a pas payé, donc je reste en attente et je ne peux pas dire grand-chose de plus en attendant vos questions. »

Quelles sont vos sensations avec l’avant de la moto ?
« Ce n’est pas mon point le plus fort. Pecco (Bagnaia) est très sensible avec l’avant, et tant qu’il ne peut pas trouver le bon feeling avec, il ne se sent pas vraiment à l’aise en course. Il a fait une très bonne course en Argentine, et c’est positif. En ce qui me concerne, quand la moto ne fonctionne pas parfaitement, cela ne vient pas vraiment de l’avant pour le moment, Et c’est pourquoi nous pouvons avoir la même moto et décrire le problème de façon différente. Pour moi, c’est plus une sensation avec l’arrière: quand je ne peux pas bien tenir l’arrière, je ne peux pas me sentir à l’aise. Mais l’avant, puisque c’est ce que j’appellerais mon point faible, je travaille dessus et j’essaie de progresser dessus, donc même avec cette moto qui ne procure peut-être pas un feeling parfait pour Pecco, pour moi j’ai encore une marge pour progresser. »

Était-ce différent avec la GP 21 ?
« Pas trop, car comme je l’ai dit mes sensations avec l’avant ne sont pas super précises, pas autant que Pecco. J’essaie différentes choses et c’est pourquoi comme je pense que j’ai encore une marge avec l’avant, c’est difficile de vraiment dire si à ce sujet la GP 21 ou la GP 22 est meilleure ou pire. »

Comment imaginez-vous votre futur l’année prochaine ?
« Le futur, je n’y pense pas. Je veux performer et c’est la première chose que je veux. Pour moi, si je performe, j’aurais l’opportunité de continuer avec Ducati ou peut-être penser à un autre team ou une équipe d’usine. Peut-être il y a davantage de jeunes performants pour les équipes d’usine, et cela peut être intéressant, mais tant que je peux me battre pour le podium pour Pramac, peut-être que c’est bien de continuer avec Ducati et Pramac pour continuer à construire une chose de très bien dans laquelle nous croyons. »

Avez-vous rencontré un problème de manque d’adhérence en début de course en Argentine ?
« Non. Je sais que Fabio ne s’attendait pas à cette adhérence durant la course et qu’il a un peu peiné, mais je pense que l’adhérence était quasiment OK pour la course. J’ai raté la course car je n’ai pas vraiment pu me battre en début de course pour prendre l’avantage, puis j’ai commis une erreur. Mais ce n’était pas vraiment une erreur, et quand j’ai analysé les datas, j’ai chuté pour quasiment rien : quelques centimètres plus à l’intérieur et j’ai perdu l’avant. Mais pour moi, l’adhérence n’était pas un problème en début de course. »

Jack Miller a dit qu’il avait beaucoup peiné avec le feeling du train avant. Avez-vous ressenti un manque d’adhérence du train avant durant la course ?
« Non. Je pense que la chose difficile en course, c’est que nous devons piloter avec beaucoup de motos autour de nous, et si vous ne vous sentez pas particulièrement bien, alors vous peinez beaucoup.Tout est tellement puissant, et quand vous êtes derrière une moto, vous avez une aspiration pas seulement à l’accélération mais aussi au freinage. Et quand vous subissez cette accélération alors que vous freinez, si vous ne vous sentez pas vraiment à l’aise, alors cela vous dérange beaucoup. »

Tu dis que tu ne veux pas penser à ton futur maintenant. Ce sera à quel moment ?
« Moi je n’ai pas de manager qui soit là pour mettre la pression aux teams tout au long du weekend et leur casser les bonbons Jusqu’à tant qu’ils lâchent un morceau. Du coup, c’est pour ça que j’espère que la performance pourra payer pour les discussions. Ducati connais très bien ma position, ils savent très bien que je fais tout pour y arriver et que je suis motivé, mais que je n’ai pas quelqu’un pour leur mettre la pression tout au long du week-end. Du coup, ils connaissent un position, et le but principal est de rester Ducati car je pense qu’il y a quelque chose en cours de construction pour devenir très bon. C’est le premier souhait. Ça viendra quand ça viendra, et je pense que si tout le monde veut conclure avant l’été, je conclurai aussi avant l’été. »

Aux USA, l’ambiance du Grand Prix est toujours particulière, avec les donuts et les chapeaux de cow-boy sur le podium. Tu apprécies cette ambiance et qu’est-ce qui te marque pendant ce Grand Prix ?
« L’infrastructure déjà, elle est immense ici à Austin. C’est vraiment à l’américaine, tout est très grand. Et même la piste, elle est quand même sacrément costaud, technique et plutôt longue. Même leur piste de kart sur le parking, ça fait trois fois les pistes de kart qu’on peut avoir chez nous, alors que c’est simplement du kart de location, mais ça ferait une super piste d’entraînement pour les gamins ou même pour moi sur les petites motos. Quand il font un truc, ils le font au top, et c’est un peu la signature américaine. En tout cas, Austin représente ça.
Mais plus que le donut ou le chapeau, pour moi, Austin c’est la sixième rue où il y a la musique live : que ce soit lundi ou samedi, il y a vraiment du monde dans la rue, et c’est particulier car parfois tu n’as pas l’impression qu’on est un jour de semaine. Tu vois que les Américains ont un feeling avec la musique différent de l’Europe. Ils ont ça de bon, et pour moi l’Amérique c’est plus ça.Tout grand, tout grand ! »

À part avec la KTM, tu as toujours été plutôt rapide sur ce circuit, que ce soit en qualification ou en course. Mais aimes-tu bien ce circuit ?
« C’est un circuit où j’ai beaucoup de difficultés, parce qu’il est hyper physique. L’an dernier, j’ai un souvenir de pouvoir aller vite mais de difficultés pour enchaîner les tours. Mais après, je sortais juste de l’opération de l’avant-bras, du coup je n’étais finalement pas au top en termes de condition physique. Et comme j’ai encore ça en tête, j’ai pour l’instant un feeling timide et je fais plutôt profil bas pour voir ce que je peux faire, finalement à l’opposé de l’Argentine où je pensais bien faire et ça ne s’est pas bien passé. Alors là, j’essaie juste de rester déterminé sur ce que je dois faire et on verra comment ça paye. Mais le circuit est intéressant. Par contre, je suis toujours en admiration devant la réussite de Márquez sur cette piste : c’est vraiment exceptionnel ! Et comme il arrive, c’est semi préoccupant, Parce qu’on ne sait pas si il voit clair, mais je pense que même avec un œil crevé, ici il risque de gagner ! »

 

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