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Le paddock de Montmelò n’avait pas besoin de cela pour s’embraser, mais Valentino Rossi vient d’allumer un véritable incendie politique au micro de Sky Sport MotoGP. Invité exceptionnel de la célèbre émission « Zona Rossa » après un samedi après-midi sous haute tension, le nonuple champion du monde n’a pas manié la langue de bois.

« Pecco se bat seul » … Valentino Rossi allume Ducati et relance la guerre froide autour de Marc Marquez. Quand Valentino Rossi parle de Francesco Bagnaia, chaque mot est pesé. Et cette fois, derrière le ton posé utilisé sur « Zona Rossa » sur Sky Sport MotoGP, le message envoyé à Ducati ressemble à une véritable charge politique.

Parce que Rossi n’a pas seulement défendu son protégé. Il a surtout laissé entendre que Borgo Panigale n’en faisait peut-être plus assez pour lui. Une phrase notamment a immédiatement enflammé le paddock : « Pecco essaie, j’espère que Ducati en fera autant. »

Et dans le contexte explosif actuel, cette déclaration sonne tout sauf innocente. Car depuis plusieurs mois, une suspicion grandit autour de Ducati : celle d’un basculement progressif de toute l’attention technique, médiatique et politique vers Marc Marquez.

Même blessé. Même absent. Même opéré du pied et de l’épaule. Le simple poids médiatique de Marquez continue d’aspirer toute la lumière. Et Rossi semble clairement suggérer que Bagnaia, lui, se retrouve peu à peu isolé dans la tempête.

Le « Docteur » insiste pourtant sur l’investissement total de son pilote : « Je le vois souvent, on s’entraîne souvent ensemble, et il se donne vraiment à fond. » Puis il enfonce le clou : « Il a vraiment envie de gagner à nouveau avec Ducati. »

Autrement dit : le problème ne viendrait pas du manque d’implication de Pecco. Et c’est là que le discours devient beaucoup plus intéressant. Parce que Rossi utilise ensuite une comparaison très personnelle :

« Comme dans un mariage où l’amour est profond, quand des difficultés surviennent… les esprits se sont échauffés. »

Cette image du “mariage” n’a évidemment rien d’anodin. Elle décrit une relation Ducati–Bagnaia qui semble aujourd’hui entrer dans une phase de fatigue émotionnelle et politique. Pendant des années, Pecco incarnait le projet absolu de Borgo Panigale. Le pilote maison. Le champion formé dans l’écosystème Ducati. Celui qui devait prolonger l’ère Stoner.

Chez Ducati, Marquez est blessé, Bagnaia souffre. Et Valentino Rossi sort du bois

Puis Marc Marquez est arrivé. Et tout a changé. Même inconsciemment. Même sans favoritisme officiel. La simple présence du nonuple champion du monde modifie totalement l’équilibre psychologique interne d’un constructeur.

Ducati peut bien répéter publiquement qu’il n’existe aucun traitement préférentiel, mais le paddock voit très bien où se concentre désormais l’attention mondiale. Et Rossi le voit aussi.

D’autant plus que sportivement, Bagnaia traverse probablement la période la plus fragile de toute son aventure Ducati. Chutes. Doutes techniques. Problèmes de freinage. Perte de confiance avec l’avant. Et maintenant : des rumeurs insistantes d’un départ vers Aprilia dès 2027.

Dans ce contexte, les mots de Rossi ressemblent presque à une tentative de réveiller Ducati avant qu’il ne soit trop tard. Parce qu’au fond, le message implicite est simple : si vous perdez Pecco, vous perdrez bien plus qu’un pilote. Vous perdrez l’identité sportive construite depuis des années.

Et ce qui rend cette sortie encore plus forte, c’est qu’elle intervient précisément au moment où Ducati traverse sa crise la plus sérieuse depuis longtemps. Pendant qu’Aprilia domine le championnat avec Jorge Martin et Marco Bezzecchi, Ducati paraît soudainement vulnérable.

Marquez est blessé. Bagnaia souffre. Alex Marquez alterne le brillant et l’irrégulier. Et même les dirigeants de Borgo Panigale commencent publiquement à parler de “moments difficiles”. Dans cette atmosphère tendue, Rossi choisit donc son camp très clairement. Celui de Bagnaia.

Et connaissant l’histoire complexe entre Rossi et Marquez, impossible de croire que cette prise de parole soit totalement neutre. S’agit-il d’une attaque directe contre Marc Marquez ? Pas officiellement.

Mais une chose est sûre : Valentino Rossi vient de rappeler publiquement à Ducati que, pendant qu’elle rêve encore du prestige médiatique de Marquez, son double champion du monde italien, lui, a l’impression de se battre presque seul.

Valentino Rossi a officiellement lancé les hostilités politiques de cette mi-saison. En accusant Ducati de délaisser Bagnaia au profit de ses plans futurs avec Marquez et Acosta, le « Docteur » s’assure que chaque problème technique sur la GP26 n°1 sera scruté comme un potentiel abandon politique de la part de Bologne.

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