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Jorge Martin

Hier, j’évoquais la signature d’Ai Ogura chez Yamaha. Aujourd’hui, naturellement, je dois me pencher sur son futur coéquipier, à savoir, Jorge Martin. L’Espagnol sera lui aussi pilote d’usine pour la firme aux diapasons dès 2027, mais son cas n’a rien à voir avec celui du Japonais. Explications.

 

Jorge Martin n’est jamais un mauvais choix

 

Comme pour Ogura, je ne vais pas m’étendre sur son talent ; il est connu de tous. Oui, Jorge Martin peut gagner des courses, et même un championnat du monde s’il reste en forme. Son explosivité, sa capacité à se projeter vers l’avant et sa régularité dans la performance en font un monstre, qu’il sera d’ailleurs très difficile de déloger cette saison. À l’heure où ces lignes sont écrites, c’est bien lui qui mène le Championnat du monde, et nous approchons doucement de la mi-saison. Clairement, ça veut dire quelque chose.

 

Jorge Martin

Si Marquez reste diminué, il peut clairement aller décrocher le titre mondial. Photo : Michelin Motorsport

 

Yamaha ne pouvait pas se tromper en signant Martin. C’était même l’un des choix les plus sûrs sur la piste, au vu de ce qu’il a fait chez Ducati en tant que pilote satellite, mais aussi chez Aprilia. Il montre qu’il peut s’adapter à différentes situations, et comme Quartararo, son génie sur un tour ou en Sprint peut permettre à Yamaha d’amasser de gros points même si la moto n’est pas au rendez-vous.

 

Martin doit-il se réjouir ?

 

Maintenant, analysons la situation du point de vue de Jorge Martin. Je crois qu’il est moins gagnant que Yamaha, certes, mais il ne fait pas non plus une mauvaise opération. D’abord, le chèque sera conséquent, je n’en doute pas. Les Japonais ont une puissance financière qui n’est pas égalée sur la grille, en témoigne le juteux contrat qui lie Fabio Quartararo à Iwata jusqu’à la fin de l’année. Mine de rien, ça pèse lourd dans la balance.

La performance est un gros point d’interrogation. Comme je l’ai dit hier, je ne crois pas trop au projet Yamaha pour différentes raisons, mais les bleus peuvent parfaitement me faire mentir. Martin a pu être séduit par une marque impliquée (comme le prouve son engagement en Moto3 à partir de 2028), et qui a recruté Ai Ogura, un très bon élément. Avec le pari Toprak Razgatlioglu, ça fait un sacré équipage, et je comprends tout à fait que ce challenge soit alléchant. En plus, il reste dans une équipe d’usine, ce qui est important. Si l’on excepte l’inconnue que représente la future YZR-M1, les feux sont au vert.

 

Attention aux clashs

 

Vient le temps d’évoquer le cœur du sujet. Comme dit précédemment, Jorge Martin est un excellent pilote. Mais je ne peux mettre de côté ses relations avec ses équipes, qui peuvent clairement faire de cette aventure avec Yamaha un cauchemar. Voyez-vous, hors de la piste, Martin est un impulsif, qui n’a pas peur de faire passer sa situation avant celle de son employeur. Ça s’était déjà vu fin 2020, alors qu’il devait rejoindre KTM en MotoGP, mais tout le monde en a pris connaissance en 2025. Blessé et alors que son boss, Massimo Rivola, désirait changer les règles pour lui organiser un test, il avait rencontré les équipes Honda en douce pour changer de crémerie dès l’année suivante. Son manager Albert Valera et ses avocats étaient prêts à activer une clause obscure, ce qui n’avait pas manqué d’irriter Rivola et Aprilia en général.

Un an plus tard, on pourrait croire que tout est réparé, que les victoires ont effacé ce sentiment. Mais la mauvaise réputation est tenace. Rivola n’a pas manqué d’allumer Martin après son raté en Hongrie, et rien n’a été fait pour lui dire au revoir dans de bonnes conditions récemment. On sent comme une tension latente entre les deux camps, ce n’est rien de le dire.

 

Jorge Martin

Gérer une rockstar, ce n’est pas facile. Photo : Instagram Martin

 

Vous me direz, mais que vient faire Yamaha là-dedans ? Eh bien, ces dernières années, Yamaha n’a pas tenu ses promesses. Deux pilotes, notamment, ont laissé parler leur frustration de différentes manières : Maverick Vinales, en Autriche, avait failli casser un moteur d’énervement, et Quartararo a multiplié les attaques frontales envers Pavesio et Yamaha depuis deux ans. J’ai l’impression qu’amener un pilote aussi… tranchant que Martin au sein d’un environnement carrément sous-performant, voire démoralisant (cf les commentaires acerbes de Miller, Rins et même du nouveau venu Toprak) peut vite créer une ambiance peu plaisante.

Jusqu’à maintenant, le « Martinator » s’est toujours battu avec les meilleures motos. À son arrivée en 2021, il était immédiatement en pole, puis, rapidement vainqueur en Autriche, sur une Ducati Desmosedici déjà dominante. Passé chez Aprilia, il a manqué la saison 2025 pour retrouver une moto très performante en 2026. Que donnera-t-il si la YZR-M1 n’est pas au niveau, ou, pire, franchement décrochée ? Je vous avoue que ça m’inquiète un peu, car il a beaucoup joué avec le feu jusqu’à maintenant. S’il venait à réitérer en décevant un troisième constructeur, mais cette fois sans gagner, sa carrière pourrait connaître un tournant très brutal.

Pensez-vous que je me trompe concernant Jorge Martin ? Dites-le-moi en commentaires !

 

Qu’en pensez-vous ? Bon choix ? Photo : Michelin Motorsport

 

Photo de couverture : Michelin Motorsport

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