Petit à petit, et après les huit chutes constatées en course au Bugatti, les langues se délient. Après Le Mans, on ne se ment plus et l’issue de cette cinquième épreuve du championnat MotoGP a révélé une physionomie claire des forces en présence. Avec un élément clé : les pneus Michelin. Dont beaucoup, à part Yamaha, ont du mal à s’accommoder.

On vous a présenté la situation délicate de Honda dont la voie suivie à l’aune du sillon Marc Márquez semble conduire le HRC au calvaire. Voici à présent la conjoncture chez Ducati. Les rouges ont de quoi broyer du noir. Cette année a été annoncée comme celle d’au moins la victoire en Grand Prix et plus si affinités. Mais à la lecture du classement général provisoire, on constate que l’usine de Borgo Panigale fait à peine mieux qu’Aprilia.

Pourtant, sur la piste, les chronomètres mettent la nouvelle Desmosedici parmi les meilleures machines. Alors ? Alors il y a eu des circonstances de course défavorables. Entre accrochages fratricides, chutes et soucis mécaniques, ce n’est rien de dire que les officiels Ducati n’ont pas été vernis. Mais il y a autre chose. Un malaise plus profond, la frustration d’un changement de donne qui a coupé les ailes de la dernière-née D16 aux ailettes pourtant déployées.

Une conjoncture qu’a expliquée le directeur sportif Paolo Ciabatti sur GPOne : « les tests d’intersaison avaient été très encourageants. Mais on a travaillé sur des bases posées avec certains pneus qui ne se sont pas concrétisées ». Pourquoi ? Il précise : « Notre travail de développement a été fait avec un pneu avant 36 qui marchait bien sur notre moto mais que nous n’avons plus à disposition. La même chose s’est produite avec l’arrière. Nous avions aussi un bon pneu, mais on ne l’a plus non plus. »

« Les Michelin, à l’heure actuelle, sont l’élément critique » termine Ciabatti. « Le souci principal est le pneu avant. Beaucoup de pilotes chutent sans avertissement. On a besoin d’un nouvel équilibre ». Sur la moto s’entend. Il va donc falloir revoir sa copie chez Ducati. Dovizioso appelait lui à une autre approche, plus basée sur la régularité que sur la performance pure : « la performance est toujours significative » corrige l’homme des stands. Mais il concède : « rouler vite n’est pas suffisant. Il faut ramener des résultats ».



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