On attendait logiquement une belle prestation des Desmosedici à Misano, avec le record du tour propriété d’Andrea Dovizioso et le record absolu de la piste appartenant à Jorge Lorenzo, ces deux performances ayant été établies l’an dernier sur Ducati.

Lors des tests préliminaires de la fin août, la situation de semblait pas inquiétante, avec Danilo Petrucci deuxième et Jack Miller cinquième. Le pilote essayeur maison Michele Pirro effectue de nombreux essais sur ce circuit, donc tout se présentait au mieux.

La première alerte eut lieu lors de la FP1 le vendredi matin, quand Petrucci se classa huitième à 0.996 et « Desmo Dovi » onzième à 1.121. On avait déjà vu mieux comme entrée en matière. L’après-midi, sur une piste plus chaude –donc plus proche des futures conditions réelles de la course – rebelote avec Petrucci septième à 0.953 et Dovizioso huitième à 1.051. Cet écart voisin de la seconde avait de quoi inquiéter, même le vainqueur de l’édition 2018.

La victoire d’Andrea Dovizioso l’an dernier :

La FP3 ne fut pas meilleure avec Andrea dixième à 1.259. Il y avait vraiment de quoi se faire du souci, même si la FP4 en conditions course était un peu meilleure avec Dovi huitième à 0.670. Dans ces circonstances, la qualification fut plutôt bonne avec le sixième temps à 0.773.

Ce n’est que lors du warmup que l’espoir revint avec la troisième place à 0.252. Mais ce n’était qu’une illusion car, comme le précisait le team manager, Davide Tardozzi, il y avait des pneus usés pour Marc Márquez, Maverick Viñales et Fabio Quartararo, mais des pneus neufs pour les Ducati. Tardozzi estimait leur handicap en course à environ 0.3 à 0.4 au tour. Pour Davide Tardozzi « Le secteur 3 est un gros problème pour nous, car il semble que nous n’ayons aucune adhérence dans les virages rapides, ce qui crée des problèmes pour tous les pilotes Ducati. Ce matin, ça semble aller un peu mieux, je ne sais pas si c’est parce que les températures sont un peu plus basses ou quoi. Mais c’est sûr, nous lutterons en course. »

Départ :

Au premier tour, Dovizioso pointait en huitième position, puis on le retrouvait sixième au dixième tour à 7.266, serré de près par Pol Espargaró et Álex Rins. Il terminait sixième à 13.744, à 1 seconde de Valentino Rossi et de Franco Morbidelli. Au Championnat, il voyait Márquez s’envoler avec 275 points contre 182 pour lui-même.

Selon Andrea Dovizioso, « J’ai essayé jusqu’à la fin. Après avoir dépassé Espargaró je pensais que je pouvais aller chercher Rossi et Morbidelli mais ils partaient. J’étais en forme aujourd’hui, j’ai eu beaucoup d’intensité mais je n’ai pas très bien roulé. »

« Dans les derniers tours, je me suis rapproché car Valentino a failli tomber. Mais j’ai fait du bon travail pendant le week-end, car l’écart au début était énorme, c’était déjà évident lors des essais. Je ne m’attendais pas à faire mieux aujourd’hui en course, j’aurais pu terminer à la quatrième place au mieux, mais nous étions tous en crise, on ne pouvait pas risquer un dépassement. »

Des problèmes clairs dès le début, donc, surtout en ce qui concerne l’adhérence dans les virages les plus rapides. Vous deviez conduire en évitant cet aspect?

« Éviter non, parce que c’est impossible, disons que j’ai essayé de le contrôler, pour essayer d’être aussi doux que possible. L’asphalte de cette fin de semaine exigeait un type de conduite qui n’est habituellement pas dans les cordes de cette moto. J’ai beaucoup travaillé sur ma moto, tour après tour, en regardant aussi les données des autres pilotes Ducati. Ce travail a été très payant. Avec l’asphalte de l’an dernier, j’aurais été compétitif mais je ne sais pas si j’aurais pu gagner. Aujourd’hui, j’ai eu beaucoup de mal avec l’avant et les problèmes d’adhérence se sont manifestés dans les nombreuses chutes. »

Ducati semble être un peu en retard de développement, c’est ça ?

« Je ne dirais pas ça, à Borgo Panigale Panigale ils travaillent beaucoup mais il n’est pas facile d’apporter de nouvelles pièces pour améliorer encore. Il semble que Suzuki se soit beaucoup amélioré, mais c’est parce qu’il y avait un vide à combler. L’évolution est maintenant poussée au maximum. »

En cette fin de saison, vous allez essayer de nouvelles choses pour 2020 ?

« J’espère que oui, je n’ai aucun problème à faire ce genre de travail et je serais heureux d’avoir des nouveautés puisque pour le moment nous regardons qui nous avons derrière nous dans le classement, pas qui nous avons devant nous, Marquez maintenant je ne le vois même plus. Il est inutile de penser à combler l’écart avec Marc si on arrive derrière à chaque course. »

La dixième place de Petrucci aujourd’hui est la conclusion naturelle d’un week-end plein de difficultés pour votre coéquipier. Que devrait faire Danilo ?

« Chacun a sa façon de conduire. Danilo est en difficulté parce que ce week-end, il s’est retrouvé sur des pistes où sa façon de conduire ne fonctionne pas. Maintenant, il doit essayer de s’adapter autant que possible, il a besoin d’expérience pour le faire. »

Étape suivante en Aragón et déjà dans 5 jours vous serez en piste pour les essais libres. Quelles sont vos attentes ?

« L’année dernière j’ai joué jusqu’à la fin. Cette année les adversaires se sont améliorés et sont plus compétitifs. Chaque course change de favoris. A Silverstone, par exemple, j’ai très mal commencé, mais je me suis toujours amélioré et j’aurais eu l’occasion de me battre pour la victoire. Chaque week-end a sa propre histoire et le travail peut changer les cartes sur la table. L’adhérence et les températures changent vraiment tout. »

Résultats du Grand Prix :

 

Classement provisoire du Championnat du Monde :

Photos © Ducati



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