Le mercato MotoGP continue de faire des dégâts, et cette fois c’est Luca Marini qui semble se retrouver au bord du précipice. Longtemps présenté comme un élément stable du projet Honda, l’Italien voit désormais son avenir s’assombrir à grande vitesse… au point qu’un rôle de pilote d’essai chez Ducati commencerait sérieusement à prendre forme.
Tout s’est accéléré ces derniers mois. D’abord avec l’arrivée fracassante de Fabio Quartararo chez Honda, un transfert qui condamnait pratiquement l’un des deux pilotes officiels en place. Puis le constructeur japonais a choisi de miser sur la jeunesse en offrant le second guidon à David Alonso, considéré comme l’un des plus gros paris de l’avenir.
Pendant un temps, Marini pouvait encore espérer survivre grâce à une expansion du programme Honda. Les discussions avec Tech3 existaient bel et bien. Mais l’équipe dirigée par Guenther Steiner a finalement préféré prolonger l’aventure avec KTM, fermant presque définitivement la porte au demi-frère de Valentino Rossi.
Résultat : Luca Marini se retrouve aujourd’hui dans une position extrêmement fragile. Chez LCR, aucune ouverture n’existe réellement puisque Johann Zarco et Diogo Moreira sont déjà verrouillés pour 2027.
Selon Moto.it, il ne resterait donc que deux scénarios crédibles pour l’Italien : retourner chez VR46 sous l’aile de Valentino Rossi… ou accepter une reconversion chez Ducati comme pilote d’essai.
Sur le papier, un guidon titulaire chez VR46 représenterait évidemment la meilleure issue. Mais là encore, la concurrence s’annonce féroce. Franco Morbidelli, Nicolò Bulega et Celestino Vietti seraient eux aussi dans la course.

Le profil Luca Marini : L’ingénieur en cuir dont Ducati a besoin
Si Marini échoue dans cette bataille, Borgo Panigale pourrait alors lui tendre une autre perche. Ducati cherche déjà l’après-Michele Pirro, qui approche désormais des 40 ans, et le profil du pilote Honda plaît en interne.
Ce n’est pas un hasard. Marini traîne depuis plusieurs saisons une solide réputation de pilote méthodique, capable d’apporter des retours techniques précis et utiles au développement. Un profil qui colle parfaitement au rôle de pilote d’essai moderne. Mais à seulement 28 ans, difficile d’imaginer qu’il accepte aussi facilement de tirer un trait sur une carrière de titulaire en MotoGP. Le Superbike pourrait alors devenir une alternative très sérieuse.
Et pendant ce temps-là, que devient son coéquipier Joan Mir ? D’après les informations sorties durant le Grand Prix de Catalogne, l’Espagnol devrait rejoindre Gresini la saison prochaine, sauvant ainsi sa place sur la grille MotoGP.
Une situation qui peut paraître injuste pour Marini. Car au championnat, le pilote italien mène largement leur duel interne avec 43 points contre seulement 11 pour Mir. Mais les chiffres racontent seulement une partie de l’histoire. Mir reste plus explosif sur un tour et a systématiquement battu Marini en qualifications cette saison. Le problème, c’est sa fragilité : six chutes en douze départs.
Si Ducati sécurise Luca Marini, c’est un échec cuisant pour la concurrence. En retirant du marché l’un des meilleurs esprits analytiques de la grille, Ducati s’assure que le développement de sa future 850cc sera mené d’une main de maître. Pour Marini, c’est l’occasion de devenir l’éminence grise du constructeur champion du monde, un costume de « Dani Pedrosa de Borgo Panigale » qui lui irait comme un gant.





























