Régulièrement, nous faisons le point avec Guy Coulon sur l’aventure dans laquelle il s’est engagé pour 3 ans avec KTM.

L’homme sait très bien ce qu’il peut dire ou pas lors d’une interview, mais il n’a pas caché une excitation certaine en évoquant ce qui se passe actuellement chez KTM, pour le court terme, mais surtout le moyen et le long terme…


Guy Coulon, lors de notre dernier entretien, vous étiez déjà content à la fois de la marge de progression et du rythme de progression de KTM, mais là, les choses semblent s’accélérer encore, même si ce n’est pas toujours clairement visible pour le grand public…

Guy Coulon : « oui, c’est un peu ça. C’est-à-dire qu’ils ont sans doute été un peu retardés en début de saison aussi par le fait de devoir alimenter deux équipes, ce qui n’est pas rien. Cela fait une charge de travail conséquente. Vers la fin du printemps, on a déjà eu quelques évolutions, puis le rythme s’est sérieusement accéléré depuis l’été. Je parle de ce qui est fourni à l’équipe d’usine, de ce qui nous est fourni, et surtout de ce qui est fourni à Pedrosa et à Kallio pour faire des tests, puisque, évidemment, ça commence par là. Il y a beaucoup de choses de faites, et surtout, ce qui est intéressant, c’est que sur les 3 ou 4 dernières étapes, cela a été positif à chaque fois. Ça veut dire qu’ils savent où ils mettent les pieds. Il y a maintenant une base qui est bien établie et qui permet de faire une modification qui apporte, puis d’en faire une autre qui est également positive, etc., alors que quand vous débutez vous essayez une direction, mais il n’y en a qu’une sur quatre qui est un peu positive. Là, avec une base saine, c’est déjà plus facile d’apporter des modifications qui payent. »

On sait que vous ne pouvez pas dire grand-chose au niveau technique, mais nous, grand public, on a quand même vu un bras oscillant en carbone arriver, on a entendu parler d’un nouveau moteur depuis Le Mans pour l’équipe d’usine et la rentrée pour vous, on sait qu’il y a eu au moins un cadre plus léger et une selle dont on ne connaît pas trop sa particularité… En fait, c’est donc une moto qui n’a plus rien à voir avec ce que vous aviez en début d’année…

« C’est à peu près ça ! En suspensions aussi, en châssis, en moteur… Le carénage n’a pas changé en ce qui nous concerne, mais il y a eu plusieurs évolutions dans le cadre du règlement sur les motos d’usine. Il y a donc eu un gros boulot de fait ! »

En conversant avec vous hors micro, on a cru comprendre que le cadre tubulaire, que tout le monde considère comme une solution “limitée et dépassée”, pourrait bien au contraire être une solution d’avenir. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ce sujet ?

« En fait, à l’époque, le cadre multitubulaire a été abandonné quand on n’arrivait plus à le faire progresser. Or, maintenant, il y a des techniques nouvelles de construction, qui n’existaient pas à cette époque là, qui permettent d’entrevoir des solutions intéressantes avec le cadre multitubulaire en acier. En ce moment, on bute un peu avec l’aluminium en attendant d’autres techniques. Il y a des choses intéressantes avec le mixte aluminium–carbone. Je pense que c’est aussi pour ça que les châssis full carbone ont été abandonnés il y a une dizaine ou une douzaine d’années, avec les techniques disponibles pour le composite à l’époque. Mais avec les nouvelles techniques pour les fibres composites, peut-être bien que le carbone peut redevenir une solution d’avenir. Alors, paradoxalement, je pense que ET les fibres composites ET le multitubulaire en acier peuvent sérieusement revenir au goût du jour prochainement… Parce que sur les châssis prototypes que l’on a entrevus chez KTM, il y a des solutions de construction très intéressante qui permettent de dissocier très facilement les rigidités frontales des flexions latérales. Des choses que l’on n’envisageait pas il y a quelque temps. »

À ce sujet, pensez-vous qu’un cadre en impression 3D soit pour bientôt ?

« Ça pourrait déjà être fait. D’ailleurs, une partie du cadre actuel utilise cette technique. »

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