En ce vendredi 28 mai 2021, Johann Zarco a répondu aux questions des journalistes depuis le circuit du Mugello à l’issue de la première journée du Grand Prix d’Italie.

Nous sommes allés écouter (via un logiciel de téléconférence) les propos du pilote français qui occupe actuellement la 3e place du championnat.

Comme à notre habitude, nous reportons ici les paroles de Johann Zarco sans la moindre mise en forme, même si cela est traduit de l’anglais en première partie (vouvoiement).


Johann Zarco : « Concernant ma journée, j’étais très heureux ce matin : Un début fantastique, en plus avec des pneus usés. Bien sûr, j’ai fait un très bon chrono derrière Michele Pirro. Il était avec des pneus neufs et c’était la combinaison parfaite pour terminer la FP1, mais le chrono était très bon, ce qui est bien pour la confiance. L’après-midi, j’ai fait quelques bons tours et j’ai essayé de progresser déjà en vue de la course, mais j’ai été un peu déçu en fin de séance car avec le pneu arrière tendre et neuf, je n’ai pas amélioré le chrono du matin. Pour cette raison, je suis actuellement déçu mais ce n’est pas un grand drame : nous avons demain matin pour rattraper la Q2 et être avec les gars de devant. Je n’ai pas pu faire la moindre progression durant les tours rapides, mais au moins j’ai fait quelques bons tours pour essayer de régler la moto pour préparer la course, pour être régulier et rapide. Aujourd’hui, je pense que Rins a aussi fait une très bonne session cet après-midi. Peut-être que la chaleur de cet après-midi m’a engendré quelques problèmes pour être très rapide alors que certains en ont profité pour gagner en confiance, donc c’est bien de voir comment certains pilotes vont mieux avec la chaleur alors que d’autres étaient mieux ce matin. Donc beaucoup d’informations cet après-midi mais un peu déçu de n’avoir pas pu progresser lors des derniers tours. »

Que faites-vous exactement sur la moto au moment de passer la bosse si caractéristique de la ligne droite du Mugello ?

« Sur la bosse de la ligne droite, c’est la roue arrière qui se déleste. Ce n’est pas l’avant car avec toute l’aérodynamique l’avant reste stable, mais c’est l’arrière qui patine un peu. Normalement, si vous essayez d’incliner la moto à cet endroit, c’est la façon de garder une certaine stabilité, mais j’ai été plutôt surpris aujourd’hui que tout soit vraiment sous contrôle, et avec tous les freins que nous avons, la moto ralentit très bien. C’est important, et comme je l’ai dit hier, nous pouvons aller vite mais en même temps nous pouvons très bien ralentir la moto grâce à tous les appendices aérodynamiques sur le carénage. Mais je pense que battre la vitesse de pointe ici va être un peu compliqué à cause de cette base. Il y a peut-être une sorte de limite maintenant et nous avons un peu moins de de zones de dégagement à la fin du virage 1. C’est pour cette raison que peut-être nous ne pourrons pas atteindre les 360 km/h. Peut-être que je me trompe mais c’est trop ! »

Que faites-vous avec le frein arrière et l’accélérateur à cet endroit ?

« Grâce à l’électronique, vous pouvez garder les gaz complètement ouverts. C’est simplement si vous suivez quelqu’un que c’est mieux de jouer avec les gaz pour ne pas avoir trop de vitesse. Mais c’est mieux de garder les gaz ouverts et d’incliner la moto. Cela dépend du feeling du pilote mais je préfère ne pas utiliser le moindre frein et simplement jouer avec l’inclinaison de la moto, car je pense que si je freine, c’est difficile à sentir mais je crois que je perds un peu de temps. C’est donc mieux de jouer avec l’inclinaison. »

C’était pour vous la première fois sur une Ducati au Mugello. Racontez-nous…

« C’était bien ! C’était très bien ! Immédiatement, la Ducati se comporte comme une Ducati, avec des points positifs et des points faibles, mais j’ai essayé de ne pas faire trop d’erreurs et simplement essayer de l’utiliser du mieux possible. De cette façon, ça fonctionne bien : La moto a vraiment un énorme potentiel et je suis de nouveau heureux que Pecco ait été rapide cet après-midi, car c’est une preuve supplémentaire que la moto est rapide. Tant que vous ne faites pas tout comme vous le voudriez, clairement ce n’est pas facile pour moi. Mais les premières sensations étaient très bonnes et j’ai été heureux de ne pouvoir contrôler les points positifs de la moto. »

Avez-vous pu suivre Francesco Bagnaia qui a, paraît-il, un style particulier ?

« Non, je n’ai pas pu le suivre aujourd’hui. J’ai pu suivre Michele Pirro qui avait fait des tests ici. C’est un pilote toujours très précis et c’était bien de l’avoir devant et de voir diverses choses. Mais non, je n’ai pas eu beaucoup de pilotes devant moi aujourd’hui et Pecco était à un autre endroit du circuit. »

Vous dîtes que vous êtes déçu de votre FP2. C’était peut-être à cause de la chaleur mais aussi peut-être à cause d’autres choses ? N’avez-vous pas essayé des choses qui n’ont pas fonctionné ?

« Je pense que la chaleur ne m’a pas aidé pour progresser ce n’est pas la seule raison. Je pense nous avons essayé de franchir un cap mais nous n’avons pas réussi. C’est pourquoi il faut que je continue à travailler et à rester calme. Ce que nous avons essayé n’a pas fonctionné mais nous devons parfois faire de cette manière pour connaître le prochain pas à faire. Même si j’ai la confiance pour progresser sur cette piste, nous n’avons pas atteint le niveau auquel je m’attendais pour le feeling. »

Que recherchiez-vous ?

« C’est une piste très technique et quand vous êtes à l’aise, vous pouvez entrer très vite dans les virages. Mais pour le moment, si je vais un peu trop vite, je ne tourne pas assez et j’élargis un peu. Je pense que c’est pour cette raison que c’est un peu difficile de progresser pour le moment. »

Il semble qu’il fera moins chaud dimanche. Cela pourrait-il nous aider pour la course ?

« Avec seulement l’analyse de cette journée, comme j’ai été rapide le matin et pas l’après-midi, les températures pourraient être une bonne explication. »

Vous semblez éprouver quelques difficultés en termes de régularité. Comment pouvez-vous améliorer cela ?

« La régularité n’a pas été très bonne aujourd’hui, surtout l’après-midi, car j’ai essayé de trouver des solutions pour mieux piloter la moto, et tant que je ne les avais pas trouvées je ne pouvais pas vraiment faire un travail sur la régularité. Si vous ne vous sentez pas bien sur la moto, il n’y a pas vraiment de raison de pousser. »

Les Ducati sont très puissantes mais il y a aussi d’autres motos qui sont devant. La puissance n’est pas le facteur important ici ?

« C’est toute l’histoire du Mugello ! Il y a une longue ligne droite mais il y a aussi beaucoup de virages (rires). Je vous ai dit que le rythme de Rins l’après-midi avait été très impressionnant. Notre avantage en puissance aide beaucoup lors de la course pour arrêter les gars comme Rins ou comme les gars de Yamaha. Quand ils se sentent très bien dans les virages, si vous pouvez les freiner un peu, voilà notre avantage. Mais parfois, pour des chronos très rapides, ce n’est pas ce qui nous aide le plus. Voilà : Durant les essais, ce n’est pas si clair de voir l’avantage de la puissance, mais en course c’est bien. »

Concrètement, qu’est-ce qui s’est passé pour toi cet après-midi ?

« Et bien, il y a eu des tours intéressants pour confirmer ce dont j’ai besoin et ce dont je n’ai pas besoin sur la moto pour aller plus vite sur cette piste, et le fait de ne pas pouvoir améliorer à la fin de la séance rend aussi assez clair que ce que l’on a essayé n’a pas du tout fonctionné. C’est donc décevant sur le coup mais ça fait parti du jeu, et il faut rester zen pour être meilleur demain et revenir dans le coup. C’est la seule solution. Sinon, après deux ans sans rouler sur cette piste, j’étais plutôt content de ce matin. Ça s’est très bien passé et le chrono en fin de séance était vraiment tip top avec les pneus usés, donc j’étais content de ça. Malheureusement, dans l’après-midi, j’ai pu attaquer sur un élan intéressant mais ensuite on n’a pas fait les bonnes choses. Ça peut arriver, c’est comme ça. »

La Ducati, c’est bien, mais la Lamborghini, elle marche comment ?

« Je préfère la Ducati (rires) ! Il y a trop de trous sur les routes en Toscane donc j’ai l’impression de la casser tout le temps, la Lamborghini. Et il ne faut pas prendre plus que deux sacs à dos. »

Tu te fais quand même plaisir sur la Ducati sur cette piste, par rapport à la Yamaha ?

« Avec la Yamaha, je n’ai jamais roulé vite ici. J’avais toujours un peu des soucis et je pense que dès ce matin, j’ai compris aussi pourquoi j’avais du mal sur la Yamaha. Et là, ce matin, la moto a vraiment un potentiel exceptionnel, elle était vraiment intéressante ce matin, et le tour de Pecco dans l’après-midi était aussi très rapide. Donc je ne démords pas que la moto à ce potentiel extraordinaire, et à mon avis meilleur que les autres motos. Après, le challenge est de pouvoir l’utiliser tout le temps. C’est plus facile à dire qu’à faire mais je pense être sur la bonne voie pour y arriver. »

Rétrospectivement, qu’est-ce qui n’allait pas avec la Yamaha sur cette piste ?

« Je pense que je ne rentrais pas assez vite en virage. C’était surtout ça. C’est un petit circuit où il faut quand même rentrer fort en virage, mais pour le faire il faut se sentir bien, et comme j’ai eu plusieurs chutes, le cerveau… Tu es toujours humain donc tu y penses un peu. »

Le Mugello est un circuit très particulier où tu n’a jamais fais d’excellents résultats. Comment l’expliques-tu ?

« Avec l’expérience, je pense le principal problème que je peux avoir, après m’être concentré dessus les années précédentes et que ça n’a pas marché, je sais que ce n’est pas là-dessus qu’il faut que trouve à tout prix une solution. Le fait de beaucoup glisser avec l’arrière, de manquer d’accroche, de ne pas assez tourner : Il faut essayer de trouver la solution ailleurs et c’est ce qu’on va faire. Je pense que c’est un peu une combinaison de mon style et de la confiance qu’il faut avoir sur la moto qui fait qu’ici, avec une MotoGP, il y a un peu plus de choses à faire pour moi. On dirait que mon naturel ne m’aide pas assez. Mais bon voilà : Ce qui est bien pour moi, c’est que cette Ducati a un potentiel extraordinaire. J’adore ce genre de challenge. En trouvant les solutions ici, ça va m’ouvrir des portes pour le reste de la saison qui peuvent me permettre de jouer le championnat correctement. »

As-tu regardé les datas des autres pilotes ?

« Je n’ai pas encore regardé les datas. Mais tant que je n’ai pas ma référence à moi, il vaut mieux partir assez neuf et ne pas se mettre trop de technique dans la tête. La neutralité m’a bien servi ce matin mais malheureusement cet après-midi ça n’a pas payé. »

 

Classement FP1/FP2 du Grand Prix d’Italie MotoGP au Mugello :

Crédit classement : MotoGP.com



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