Joan Mir est le Champion du Monde en titre et, après neuf courses disputées, force est de constater que sa couronne vacille. A mi-parcours de la saison, en effet, il ne compte aucune victoire et seulement trois podiums, ce qui le met quatrième au championnat, à 55 points du leader. Certes, rien n’est perdu, mais le Majorquin signale que si Suzuki ne lui donne pas un coup de pouce technique, il n’arrivera pas à se défendre correctement. Une demande qui, au fil du temps, est devenue exigence puis presqu’une critique sur la politique de la maison d’Hamamatsu. Celui qui en tient les clés en MotoGP, Shinichi Sahara, lui a répondu…

Joan Mir fait ce qu’il peut avec ce qu’il a et au vu de la situation technique de la GSX-RR, on se rend compte qu’il n’est pas le mieux servi. Ainsi, dans le cas du « holeshot device », sa Suzuki reste la seule moto à ne pas pouvoir l’actionner tant sur l’avant que sur l’arrière. Une possibilité qui n’interviendra seulement que lors du second Grand Prix en Autriche. Il faudra donc faire la rentrée avec ce handicap qui, selon les pilotes de la marque, leur coûte en moyenne trois dixièmes au tour. Un monde dans un MotoGP où les écarts se sont considérablement réduits entre les compétiteurs.

Sur cette situation, Joan Mir réitère sa demande : « je pense que la chose la plus importante est le package que vous avez. L’année dernière, avec ce package, j’ai pu monter sur le podium à chaque course. Et cette année, je ne peux pas faire ça », dit l’Espagnol sur Motorsport-total. « Ils n’ont pas pu trouver une amélioration, une amélioration technique, un pas aussi grand que les autres ». Une remarque forte qu’il édulcore aussitôt ainsi : « ça ne veut pas dire que Suzuki ne travaille pas : ils travaillent. Je pense qu’ils doivent continuer à s’améliorer parce que nous avons vu que les autres l’ont fait d’une meilleure manière ».

Une approche qui a amené le chef de projet Shinichi Sahara à réagir : « c’est vrai que certains concurrents ont fait un grand pas en avant », admet-il. « Mais nous devons également tenir compte du fait que certains d’entre eux reviennent après avoir commis, disons, des “erreurs de développement.” C’est pourquoi leur progression apparaît parfois encore plus importante, précise Sahara. « Le développement d’une machine exclusive et sophistiquée comme une moto MotoGP est un processus sans fin », ajoute l’ingénieur. « Il ne suit pas un chemin linéaire, mais une courbe avec une série de hauts et bas ».

Joan Mir

Joan Mir : « la clé de la saison sera la deuxième partie »

« Parfois, vous poussez plus fort pour innover, et d’autres fois vous accordez la priorité à la consolidation et à la mise au point de ce que vous avez déjà créé. Bien sûr, cette deuxième phase ressemble à un ralentissement, mais cela ne signifie pas que le développement est bloqué, il y a toujours des progrès » souligne-t-il.

« Notre GSX-RR s’est également améliorée dans de nombreux domaines depuis l’année dernière, mais le pas n’était pas aussi important et perceptible que l’année précédente. Nos ingénieurs, que ce soit en usine ou sur circuit, n’arrêtent jamais de se développer et sont toujours en mouvement dans le but de devenir de plus en plus compétitif » termine le Japonais.

Les mises au point étant faites entre le pilote et l’ingénieur, il faut maintenant aborder cette seconde partie de saison avec un esprit plus conquérant : « oui, la clé de la saison sera la deuxième partie », dit Mir. « Nous allons essayer de commencer comme un nouveau championnat et continuer à collecter des points. Je pense que nous allons bien faire et j’ai hâte. Ce sera difficile parce que tout le monde travaille dur, mais nous travaillons aussi assez dur. Chaque nouvelle année, nous repartons de zéro. Vous devez construire votre championnat ». La rentrée se fera début août sur le Red Bull Ring.

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