Joan Mir espérait beaucoup dans cette dernière partie de saison MotoGP durant laquelle il s’attendait à ce que son employeur Suzuki lui donne l’arme suffisante pour défendre son titre mondial. Hélas, rien n’est venu d’Hamamatsu, ce qui a déclenché un tir nourri de la part du pilote contre le constructeur, frustré de voir ainsi la cible progressivement lui échapper. Reste que Joan Mir est un caractère assez rude en général, et il reconnait que cet aspect de sa personnalité réduit sa vie sociale dans le paddock à la portion congrue…

Joan Mir arrive à Misano avec la certitude de plus en plus élaborée qu’il ne pourra sauver ses dernières chances au championnat qu’avec l’énergie du désespoir. Car l’offensive de la rentrée tant espérée n’a pas eu lieu, faute de matériel capable de la mener. Et pourtant, ce n’est pas faute de donner le meilleur de soi sur la piste : « j’ai plus de points que l’an dernier mais nous sommes en retard, je suis en colère » a déclaré l’Espagnol à La Gazzetta dello Sport. « Je vais même plus fort, mais le problème est que tout le monde est plus rapide aussi ».

Puis il répète : « le championnat du monde peut se gagner, il faut progresser en qualifications et surtout se battre pour gagner des courses ». Pour ce week-end à Misano, cette perspective de succès ne se présente pas forcément bien. Suzuki a obtenu quatre podiums à Misano dans l’ère MotoGP, dont deux en 2007, lorsque Chris Vermeulen a terminé deuxième et John Hopkins troisième. Depuis 2008, la deuxième place de Joan Mir en 2020/2 est le meilleur résultat pour un pilote Suzuki sur ce tracé.

Côté pilote, Mir est monté deux fois sur le podium à Misano dans la catégorie Moto3 : troisième en 2016 depuis la 15e place sur la grille et deuxième en 2017. En 2018, il s’est qualifié en 10e position dans la course Moto2 et a franchi la ligne en cinquième position.

2019 a été la première course de Mir à Misano sur une MotoGP, revenant d’une blessure contractée lors d’un Test à Brno. Il s’est qualifié en 10e position mais est parti de la neuvième place en raison de la pénalité de Zarco et a terminé la course en huitième position, étant le seul pilote Suzuki à franchir la ligne d’arrivée.

Joan Mir

Joan Mir : “Marc Marquez ne me mentionne jamais peut-être parce que j’ai toujours été fan de Valentino Rossi

Au Grand Prix de Saint-Marin 2020, Mir s’est qualifié en huitième position, s’est frayé un chemin à travers le peloton pour finir en troisième position après avoir dépassé son coéquipier Alex Rins et Valentino Rossi dans le dernier tour de la course. Lors du Grand Prix d’Émilie-Romagne 2020, il s’est qualifié en 11ème position, mais s’est remis en selle pour se battre avec Pol Espargaró et Fabio Quartararo dans la deuxième partie de la course pour finalement terminer deuxième, égalant son meilleur résultat en MotoGP à l’époque acquis en Autriche 2020.

L’année dernière à Misano, j’ai réussi à prendre les troisième et quatrième places, gardant mes espoirs de titre mondial” dit Mir avant de se lancer dans la mêlée. “Ce sont évidemment des souvenirs heureux. C’est une piste difficile à aborder, avec de nombreux virages serrés et des courses qui donnent généralement un grand spectacle. En Aragon, j’ai réussi à monter sur le podium et en général je sentais que j’avais un meilleur potentiel que la troisième place. Je suis heureux d’avoir ramené des points importants pour l’équipe et pour moi. Nous pousserons encore ce week-end pour confirmer ».

Cela étant dit, Joan Mir n’a pas un carnet mondain chargé dans le paddock. Et sur le peu de noms qui y sont inscrits, on ne relève pas celui de Marc Marquez : « Je n’ai pas beaucoup d’amis ici dans le paddock, pour moi Marc Marquez c’est un rival. Peut-être parce que j’ai toujours été fan de Valentino Rossi, quand il parle, il ne me mentionne jamais, et moi non plus je n’en parle, pas ».

20210911 142705612 7982




Tous les articles sur les Pilotes : Joan Mir

Tous les articles sur les Teams : Team Suzuki Ecstar