Jorge Lorenzo explique sa nouvelle vie et ce qu’il peut apporter à Yamaha.

C’est après une semaine intense d’essais MotoGP sur le circuit de Sepang en Malaisie que Simon Crafar a pu interviewer Jorge Lorenzo à tête reposée pour le site officiel MotoGP.com.

Le quintuple champion du monde espagnol a tout d’abord fait part de son bonheur de ne plus subir les inconvénients liés à une carrière au plus haut niveau.

Jorge Lorenzo : « je vis maintenant un chapitre ensoleillé de ma vie. J’ai été un pilote professionnel durant 18 ans, depuis 2002 quand j’ai débuté à Jerez en 125cc jusqu’à l’année dernière avec Honda. Cela a été 18 années avec une implication totale, un régime et un entraînement au quotidien, quasiment obsessionnelles avec beaucoup de pression et de stress durant les week-ends, et en particulier les dimanches. Maintenant, toutes ces choses négatives que vous connaissez en tant que pilote sont complètement écartées et il reste seulement les bonnes choses que sont le pilotage de la moto, les discussions avec les ingénieurs pour améliorer celle-ci et toutes les satisfactions qui en découlent : vous essayez d’améliorer la moto et que vous êtes plus rapide, cela vous apporte beaucoup de satisfactions quand vous pilotez une MotoGP. Vous savez, c’est incroyable ! Ok, il me manque la saveur de la victoire, qui est quelque chose de fantastique et le plus beau rêve que vous pouvez faire, mais j’en ai connues beaucoup durant ma carrière en remportant beaucoup de championnats du monde et beaucoup de courses. Cela ne me manque donc pas trop. Peut-être que cela viendra mais cela importe peu car j’ai davantage de choses positives et plus les choses négatives. »

Pour autant, le pilote de Majorque n’a pas encore une idée très précise de ce quoi il va occuper son temps libre…

« Quand vous êtes quelqu’un de perfectionniste, comme je le suis, comme je l’étais, quand vous faites quelque chose, vous le faites à 100 % et de façon parfaite. Cela veut dire que vous y consacrez toute votre journée, tous les jours, et que vous restez concentré durant 90 % de votre temps sur la course moto. Vous ne pouvez pas beaucoup partager de plaisirs avec vos amis, avec votre famille, voyager sans faire de courses, aller à des fêtes et tout ce genre de choses où vous profitez. Maintenant, je peux faire ces choses durant 80 % de mon temps et peut-être garder 20 % pour être pilote. C’est un compromis parfait. J’ai beaucoup de projets en tête, comme collectionner les voitures, faire de l’investissement immobilier ou sur les marchés financiers, et m’investir dans un nouveau business que je pourrais aider à progresser. La vie est longue et pleine d’opportunités. »

Après avoir confessé qu’il n’était pas encore prêt pour construire une famille, celui que l’on surnommait « Por fuera » aborde son nouveau rôle de pilote d’essais pour Yamaha :

« Les tests deviennent très importants et il est crucial de trouver une bonne direction très rapidement. Vous arrivez à Sepang en hiver, un mois avant que tout ne débute. Si vous découvrez ici que vous avez commis une erreur dans le développement du moteur ou du châssis, vous n’avez plus le temps de les modifier : le moteur est gelé et vous n’avez plus aucune marge pour le changer. Il est donc très important de préparer une bonne moto pour la saison suivante dès les derniers mois de la saison, car vous avez seulement deux ou trois tests durant l’hiver : vous n’avez pas de temps. Il est très important de ne pas perdre cette direction et je pense que c’était un de mes points forts quand j’étais pilote : j’étais très sensible, et depuis mon adolescence, car quand mon père changeait une petite chose sur ma moto, je sentais que quelque chose n’allait pas. J’espère que cette sensibilité extrême que les autres pilotes n’ont pas, même en ce qui concerne un pilote extrêmement sensitif comme Valentino car j’étais encore un peu plus sensitif, pourra bénéficier à Yamaha et éviter de prendre une mauvaise direction pour la nouvelle moto. En deux jours, j’ai déjà trouvé quelques points faibles que nous pouvons améliorer, mais aussi des points très positifs car la Yamaha est très similaire à celle que j’ai laissée. Mais il reste quelques points faibles que nous allons à coup sûr régler dans le futur si nous nous y mettons à fond. »

 



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