La saison 2026 de MotoGP n’a pas encore débuté que Fermin Aldeguer est déjà à terre. Littéralement. Fracture du fémur gauche. Chirurgie programmée à Barcelone… Le jeune prodige de Gresini, rookie de l’année 2025, incarnait l’un des paris les plus excitants du plateau. Aujourd’hui, il devient aussi le symbole d’une vérité que le MotoGP rappelle sans pitié : rien n’est jamais acquis.
Se fracturer un fémur n’est jamais anodin. Mais se fracturer le fémur gauche, en pleine préparation hivernale, à quelques semaines des essais cruciaux, c’est probablement l’un des scénarios les plus cruels possibles pour un pilote MotoGP.
Aldeguer ne s’est pas blessé en course, ni dans un duel héroïque. Il est tombé à l’entraînement, au premier virage du circuit Aspar de Valence, dans des conditions piégeuses, avec des rafales de vent qui auraient dû inciter à la prudence… mais que personne ne respecte jamais vraiment quand la pression monte.
La comparaison avec Pedro Acosta est inévitable. Même fracture. Même jambe. Même région d’origine. Acosta avait été écarté sept semaines en 2022. Il était revenu sans séquelles. Il avait même signé une quatrième place héroïque en Autriche. Mais Fermin Aldeguer dispose de moins de 4 semaines avant le premier test officiel à Sepang.
Mais la différence est majeure : Acosta avait bénéficié de la pause estivale Moto2, Aldeguer, lui, n’a aucun filet. Les autres seront en piste. Les autres accumuleront des kilomètres. Les autres apprivoiseront leurs motos pendant qu’Aldeguer sera à l’hôpital, puis en rééducation.
Et ce n’est pas n’importe quelle moto qui attend Aldeguer. La Ducati GP25 n’est pas un cadeau. Même Francesco Bagnaia a souffert pour la comprendre en 2025. Avant exigeant. Fenêtre de fonctionnement étroite. Moto rapide, mais impitoyable.
Pour un jeune pilote, le temps passé dessus est capital. Chaque jour perdu aujourd’hui se paye cash en mars. Et Aldeguer le sait. C’est peut-être ça, le plus dur.

Une saison déjà sous tension pour Fermin Aldeguer
Car au-delà de la blessure, il y a l’enjeu. 2026 doit être l’année de la confirmation. Celle où Aldeguer passe du statut de révélation à celui de candidat crédible au team usine. Luigi Dall’Igna ne s’en cache pas : Aldeguer est vu comme l’avenir de Ducati.
Pour certains, il est même le successeur naturel de Marc Marquez à l’horizon 2027. Mais en MotoGP, le futur ne t’attend pas.
Les messages de soutien ont afflué. Celui de son agent Hector Faubel résume l’état d’esprit : « Nous reviendrons plus forts. Toujours avec toi. »
Aldeguer ne joue plus contre le chrono des tours. Il joue contre le chrono médical. Chaque jour comptera : la consolidation de l’os, la récupération musculaire, la confiance au freinage, l’absence de séquelles mentales.
Car une fracture du fémur, même bien soignée, laisse toujours une trace. Pas dans les radios. Dans la tête.
La saison 2026 d’Aldeguer n’est certes pas compromise. Mais elle est déséquilibrée avant même d’avoir commencé. S’il revient fort, ce sera un exploit. S’il met du temps, personne ne lui fera de cadeau. Et pendant ce temps, d’autres avanceront leurs pions.
Le MotoGP est impitoyable. Et il vient de rappeler à Fermin Aldeguer une règle fondamentale : le talent t’ouvre la porte, la santé décide si tu peux entrer. Bon courage, Fermin. La vraie course commence maintenant.
































