En ce vendredi 14 mai 2021, Johann Zarco a répondu aux questions des journalistes depuis le circuit Bugatti du Mans à l’issue de la première journée du Grand Prix de France.

Nous sommes allés écouter (via un logiciel de téléconférence) les propos du pilote français qui occupe actuellement la 5e place du championnat après l’avoir mené à l’issue des deux courses au Qatar.

Comme à notre habitude, nous reportons ici les paroles de Johann Zarco sans la moindre mise en forme, même si cela est traduit de l’anglais en première partie (vouvoiement).


Johann Zarco : « Cela a été une bonne journée pour moi. Ce matin, avoir une piste séchante était très bien pour moi car j’aime ces conditions et cela m’aide à avoir le temps pour prendre confiance sur la moto et prendre les bonnes références sur la piste. Donc c’était très bien et presque comme un échauffement parfait pour l’après-midi où la piste était complètement sèche. C’était donc peut-être la seule session sur le sec avant les qualifications, ce qui impliquait d’être rapide pour être dans le top 10. Avoir amélioré mes chronos lors de la première sortie, et encore plus lors de la deuxième sortie en acquérant du feeling, cela me procure du bonheur sur la moto. Dans la dernière session, j’ai également fait quatre tours avec le pneu tendre, qui ont été très rapides. Je suis très heureux d’avoir pu faire ce tour sous les 1’32, ce qui est déjà un bon tour, et je suis simplement satisfait de ma journée. Maintenant, nous devons attendre demain pour nous adapter aux conditions que nous aurons. »

Votre chrono a été rapide sur le sec mais la course se fera peut-être sur le mouillé. Est difficile d’affronter ce problème ?

« Oui non. Pour être rapide sur ce petit circuit, vous devez être à l’aise sur la moto, donc les progrès que nous pouvons faire durant les séances m’aideront pour la course au cas où il fera sec. Nous n’avons clairement pas le temps de faire 10 tours d’affilée, nous sommes presque habitués à mener les sessions de cette façon. Nous savons que les conditions seront délicates durant tout le week-end et c’est pourquoi nous devons rester concentrés sur l’objectif : le premier objectif du weekend est de figurer dans le top 10 pour passer directement en Q2. Nous y sommes et c’est pourquoi je dis que nous devons attendre et nous adapter. »

Aujourd’hui encore, on retrouve un affrontement entre Ducati et Yamaha. Êtes-vous d’accord avec cela ?

« C’est possible. Nous savons que les Yamaha sont fortes ici sur le sec et le 32.1 que Fabio a fait lors du premier run était très impressionnant. Fabio a donc cette capacité à être immédiatement très rapide, donc au cas où les conditions seront sèches au moins pour la course, nous, les pilotes Ducati, devons faire attention à ne pas le laisser partir comme il était prêt à le faire à Jerez. Mais après, avec les pneus usés, peut-être après la mi-course, je dirais que les Yamaha et les Ducati sont à peu près équivalentes, donc c’est pourquoi je pense que notre jeu, chez Ducati, est de ne pas le laisser partir car sinon cela pourra être difficile de la rattraper. »

Nous avons vu beaucoup de chutes aujourd’hui, en particulier à la chicane Dunlop. Y étiez-vous à l’aise ?

« Avec le pneu avant tendre, je me sens bien mais il faut toujours faire attention à l’entrée de la chicane Je pense qu’il y a eu beaucoup de chutes car il s’agit du premier weekend avec des températures basses. Parfois, nous pouvons oublier à quel point les conditions peuvent vous surprendre et ne pas vous laisser le temps pour réagir. Nous avons acquis du feeling avec de bonnes conditions, donc peut-être que nous devons être plus prudents quand il fait froid. Mais nous devons être rapides et il n’est pas facile d’être rapide et prudent en même temps. »

Tu as prouvé encore une fois que tu pouvais t’adapter à toutes les conditions…

« Ce matin, c’était un bon échauffement. Ce n’était pas une piste complètement mouillée et ce sont les conditions idéales pour moi : j’ai vraiment un bon feeling avec les pneus quand la piste est séchante ! Ça m’a donc permis d’aborder le sujet avec plus de sérénité, et franchement cet après-midi, ce n’était pas une surprise mais c’était bon de pouvoir déjà être aussi rapide. C’est clair qu’ici en France on a envie de bien faire, mais quand on a envie et qu’en plus on fait bien, ça permet de se sentir bien. »

As-tu l’impression que toutes les planètes s’alignent pour décrocher ta première victoire ?

« J’espère ! Je pense que tout s’aligne depuis déjà un moment et mon feeling progresse sur la moto. Je sens que l’expérience sur cette moto doit me rendre meilleur à chaque fois. Est-ce que c’est déjà suffisant pour gagner ce week-end ? Seule la course donnera la réponse, mais clairement, oui, tout est de mieux en mieux. Je vois, là, ma première session sur le sec, j’étais rapide mais pas assez à l’aise, j’ai trouvé de l’aisance dans le deuxième run et dans le troisième j’étais rapide et plutôt à l’aise. Donc c’est le genre de chose qui sont encourageantes, si tu l’enregistres et que tu peux le répéter sur les courses suivantes. »

Tu as dit que l’objectif d’aujourd’hui était de figurer dans le top 10. Quel est le prochain ?

« S’il pleut demain, j’ai la qualif assurée directe en Q2, et ça, en gain d’énergie dans le weekend, c’est fondamental pour moi. Si c’est sec demain, il va falloir remettre le couvert, même si le matin il fera plus froid. Donc battre le 31.7 ne sera pas facile mais il faut être prêt mentalement à le battre parce que les autres ne lâche pas le morceau. Donc l’objectif a été atteint aujourd’hui, en cas de pluie demain. C’est dans ce sens là que le top 10 est important le premier jour. Ensuite, l’objectif est de retourner sur le podium puisque je n’ai pas pu l’avoir sur les deux courses précédentes. Et rejoindre un rythme podium au Mans, ça peut aussi être de bon augure pour les courses à suivre. »

Y a-t-il un endroit délicat sur ce circuit pour la Ducati ?

« Elle est plutôt saine partout. De toute façon, ça tourne tellement que tu ne peux pas être très bien quelque part et très mal autre part. Le premier secteur est quand même un peu délicat à l’entrée de la chicane. Les Yamaha sont très fortes à la sortie de la chicane et ensuite elles enchaînent sur une enfilade 5/6, dans la chapelle, où ça passe avec la Ducati mais avec une petite compensation au niveau force, alors que peut-être, eux, ils forcent moins. Si j’ai un secteur à définir, ça serait peut-être celui-là, parce qu’après, le reste, à la sortie du garage vert, on n’est pas mal du tout, et pour la course c’est ce genre de secteur qui nous donnera peut-être l’avantage pour mener la course sans se faire doubler, ou en cas de difficulté, peut-être doubler quelqu’un et rester devant. »

Hier, Miller disait qu’il n’était pas convaincu par le holeshot device sur ce profil à cause de la chicane. Qu’en penses-tu ?

« Pour ma part, j’ai pu l’utiliser. Je ne me suis pas trop posé de questions et je sentais que ça pouvait le faire. Mais il faut analyser, parce qu’on m’a dit qu’il n’arrivait pas à bien revenir en position (assez vite avant la chicane) et donc ça pouvait compromettre le premier secteur, surtout la chicane. Au feeling, je n’ai pas senti que ça me gênait donc j’ai préféré assurer une belle accélération et passer la chicane correctement selon mon feeling. Mais il faudra analyser cela et je n’ai pas encore eu le temps de me poser. Mais je suis content de pouvoir l’utiliser à deux endroits, car je trouve que ça fait une belle différence. »

Márquez trouve que tout cela commence à devenir un peu dangereux…

« Sur un départ comme Le Mans, il peut y avoir un point d’interrogation, et on n’a pas encore la réponse puisque par exemple là on n’est pas encore sûr de l’utiliser. Mais plus que dangereux, ça ne nous met pas bien pour attaquer le premier virage. On pourrait peut-être perdre 1/10 et demi au départ et peut-être récupérer 5/10 dans le premier virage. Mais je ne suis pas de l’avis de Márquez parce que, comme ça reste un avantage pour nous Ducati, et que ça fait plaisir d’avoir enfin toutes ces nouveautés Ducati mises bout à bout qui commencent vraiment à faire une vraie différence, c’est là finalement la beauté du championnat entre Européens et Japonais. Je ne peux donc pas être de l’avis de Márquez puisque j’en bénéficie. »

Par rapport à ta Ducati de l’année dernière, où est-ce que celle-ci est meilleure sur ce circuit ?

« Je pense que j’ai de toute façon une meilleure accélération puisque je gagne quand même du temps dans les lignes droites, et j’ai beaucoup plus de confiance sur l’avant. J’arrive beaucoup mieux à diriger par moto sur le frein, et ça permet d’être plus rapidement dans le rythme et de te libérer. »

Tu as dit que, si c’était sec, il faudrait essayer de ne pas laisser partir Fabio. Est-ce que ça veut dire que tu préfères une course sur le mouillé dimanche ?

« Si je pense seulement au championnat, nous Ducati en a plus de points à gagner sur Fabio en cas de pluie. Mais sans même penser à ça, c’était pour dire qu’en cas de conditions sèches on voit tout de suite qu’il a un rythme très rapide. En cas de pluie, avec une belle course, j’ai vraiment une chance de bien marquer des points, et les autres pilotes Ducati aussi. Sur le papier, peut-être que oui, les conditions humides peuvent nous être favorables. »

En cas de pluie, à quoi il faut vraiment faire attention ?

« Ce qui est délicat sous la pluie, c’est le niveau d’eau : S’adapter au niveau d’eau qu’il peut y avoir parce que rien que ça, ça change déjà un peu ta manière de piloter. Après, quand tu arrives à sentir tes pneus, ça aide toujours, mais la grosse différence par rapport au sec c’est quand même peut-être le freinage et les entrées en virage. Tu sens que tu ne peux pas tout de suite faire pareil, mais parfois tu peu presque faire pareil, et c’est là où c’est perturbant. Et quand tu as compris que tu pouvais presque faire pareil et que tu essaies de le refaire trop rapidement, tu chutes. Donc c’est très délicat, parc qu’à l’accélération, tu peux glisser mais tu as quand même l’aide de l’électronique qui peut te rattraper, alors qu’au freinage tu n’as aucune aide ! Je dirais donc que c’est dur d’aller vraiment ressentir le pneu en cas de grosse pluie dans les entrées de virage. »

Classement de la FP2 du Grand Prix de France MotoGP au Mans :

Crédit classement : MotoGP.com



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