En ce dimanche 16 mai 2021, Fabio Quartararo a répondu aux questions des journalistes depuis le circuit Bugatti du Mans à l’issue du Grand Prix de France.

Nous sommes allés écouter (via un logiciel de téléconférence) les propos du pilote français qui vient de reprendre la 1e place du championnat, 1 point devant Francesco Bagnaia.

Comme à notre habitude, nous reportons ici les paroles de Fabio Quartararo sans la moindre mise en forme.


Fabio, vous devez être vraiment content de ce résultat, puisque vous avez eu des moments difficiles dans des conditions mixtes ? C’est votre première course flag to flag : Racontez-nous…

Fabio Quartararo : « Et bien, honnêtement, les premiers tours ont été bons. Avec le holshot device, j’ai beaucoup élargi dans le premier virage et j’ai pensé que je n’allais pas tourner. Maverick m’a doublé à l’intérieur, puis il a commencé à pleuvoir et Jack a rattrapé Maverick très vite. Ensuite, nous avons eu une belle bagarre avec Jack sur le mouillé, mais arrivé au virage neuf c’était vraiment de la pluie et j’ai un peu perdu l’avant au freinage, puis l’arrière a glissé, et tout ça. Donc “OK, du virage neuf à la pitlane, je reste droit et je vais doucement avec les gaz”. Puis je suis arrivé dans la pitlane et j’ai regardé les numéros au sol. Tout d’abord, j’allais aller devant le box de Bastianini, puis je me suis dit que ce n’était pas celui-là. Je suis donc allé dans le bon mais je me suis arrêté devant la mauvaise moto. Je me suis dit : “noooooooon !”. Puis j’ai eu une pénalité de Long Lap.
Avec des conditions mixtes, nous n’avions pas été en mesure de finir dans le top 10, même le top 15, durant tout le weekend. Au début de la course, c’était parfait pour la confiance, mais Rins a chuté dans le premier virage et je me suis fait une chaleur. Marc (Márquez) était devant moi et je me suis dit que je voulais le prendre comme référence. Il était loin mais j’ai vu que nous faisions tous les deux la même chose : Il glissait dans le virage six et j’élargissais. Puis il a subi un highside dans le dernier virage et je me suis retrouvé à mener la course sur le mouillé : Ce n’était jamais arrivé (sourires) ! Oui, je suis vraiment content de mon premier podium sur le mouillé en MotoGP, et même en Moto2 et en Moto3 je n’en ai jamais eu. Donc c’est bien et c’est bien de le faire au Grand Prix de France. »

En arrivant dans la pitlane, Marc est venu se mettre coude à coude avec vous. Avez-vous une explication et racontez-nous votre première fois en flag to flag ?

« Oui, il a plus d’expérience. Quand je suis arrivé dans la pitlane, j’étais juste comme si je n’avais jamais piloté de motos : J’ai pris les virages verticalement, avec le guidon droit, donc il m’a poussé un peu et nous étions côte à côte. Je ne dirais pas que c’était bien mais c’était une sorte de course différente, car je m’entraîne toujours en fin de séance, mais là ce n’était pas de l’entraînement : Je n’avais jamais commis l’erreur de m’arrêter devant la moto de mon coéquipier, et cette fois oui. Donc j’ai sauté de la moto : Je ne savais même pas si la moto était tombée ou pas, et j’ai simplement couru. C’était une bonne expérience. »

Pour remporter le championnat, vous devez être fort dans toutes les conditions. À quel point cette course renforce votre capital confiance ?

« Oui, j’ai beaucoup appris aujourd’hui, car nous ne l’avions jamais vraiment fait (dans ces conditions), mais j’ai attaqué au maximum du premier tour jusqu’à la fin. J’avais une combinaison soft/soft. Le tendre à l’arrière patinait beaucoup alors qu’il restait 10 tours à faire, pas d’adhérence, l’avant était détruit et je sentais de gros mouvements au freinage mais était encore stable dans les freinages droits. Mais oui, ce n’était vraiment pas facile mais j’ai pu conserver le rythme. Dans les cinq derniers tours, Pecco est revenu très vite, et je pense qu’il était de une seconde ou deux secondes plus vite. Mais heureusement, il n’y avait pas deux tours de plus (rires) ! »

Vous avez pris un bon départ, vous avez été bon sous la pluie : Pensez-vous que cette course constituera un déclic pour la suite de votre carrière ?

« Oui, je le pense, car sur le mouillé, sur du vraiment mouillé, OK nous n’étions pas le meilleur mais nous étions entre la 7e et la 10e position. Mais avec ces conditions mixtes, c’était plus entre 15e et 18e (rires). Aujourd’hui, c’était ces conditions mais nous avons franchi un pas et j’ai beaucoup attaqué durant la course. Nous nous sommes faits beaucoup de chaleurs en début de course en chauffant les pneus, donc je pense que c’était bien avoir les soft/soft en début de course mais ensuite j’ai beaucoup souffert. Mais oui, c’est vraiment bien de faire un podium dans ces conditions : Je suis vraiment heureux et je pense que cela aidera beaucoup pour le futur. »

Hier, vous avez dit que si la course se déroulait sur le mouillé, vous alliez essayer d’apprendre des garçons de devant. Qu’avez-vous appris aujourd’hui derrière Jack ?

« Je n’ai pas eu la chance de beaucoup apprendre derrière Jack car quand je me et, j’ai vu “Jack 2.2” puis 2 secondes. “Fuck, il ne remonte pas beaucoup ! “, mais il avait fait sa pénalité de deux Long Laps (rires) puis j’ai vu sur mon tableau de bord que je devais faire une pénalité de Long Lap. OK (rires). Donc je n’ai pas pu voir grand chose de lui mais j’ai pu voir un peu avec Johann, car même s’il était beaucoup plus rapide que moi, la façon dont il relève la moto et la façon dont il commence à tourner… Je veux relever la moto trop tôt, pour avoir une meilleure motricité, mais ma motricité n’est alors pas bonne. Ils attendent un peu davantage, donc j’ai pu également essayer durant la course et j’ai vu que c’était une bonne amélioration pour moi. Mais derrière Jack, je n’ai pas vu grand-chose. »

Hier, Jack a dit qu’une course flag to flag n’était pas fun. Était-ce fun pour vous ?

« En regardant le résultat actuel, je peux dire que c’était fun, mais c’était vraiment difficile, stressant. Vous savez, quand je me suis arrêté, je suis allé à la mauvaise moto, j’ai eu une pénalité de Long Lap et les cinq premiers tours ont vraiment été difficiles. Je pense que c’est moins stressant de passer des pneus slicks aux pneus pluie que des pneus pluie aux slicks, donc une fois c’est suffisant (rires) ! »

Avez-vous utilisé le Start Device ?

« J’ai utilisé le Device. »

Pourquoi avez-vous choisi ces pneus pluie, et quel effet cela a eu ?

« Nous avions seulement essayé les soft/soft alors que nous étions supposés essayer l’arrière médium, mais on est passé aux slicks, donc j’étais quasiment certain que le soft était le plus sûr. Il était assez facile de faire ce choix car c’était très bien au niveau de la confiance. »

C’est la deuxième fois que vous partagez le podium avec Johann, mais qu’est-ce que ça fait de le faire en France ?

« Pour ma part, ça semble facile de s’habituer à avoir deux Français sur le podium (rires). Comme je l’ai dit à de nombreuses reprises, nous sommes seulement deux Français donc ça me paraît bien. Avoir un pilote français sur le podium en France est déjà bien, mais avoir des deux est cool pour nous, cool pour les fans et pour les gens qui regardent. Donc oui, j’espère que nous le ferons souvent. »

En analysant les rythmes de course, il semble que le meilleur choix de pneus pluie était médium/médium. Quel était selon vous le plus gros désavantage : Avoir l’arrière tendre ou l’avant tendre ?

« Pour ma part, je pense que la confiance que nous avons eue durant tout le weekend était mauvaise quant à l’adhérence. Donc je pense que soft/soft était la combinaison correcte pour moi, pour essayer de construire ma vitesse durant les cinq ou six premiers tours de la course sur le mouillé où c’était vraiment difficile. Peut-être que c’était mieux avec le médium pour l’adhérence à l’arrière, mais pour moi c’était le choix correct. Et le plus sûr. »

Appréciez-vous les courses flag to flag ?

« Je pense que si j’avais terminé en dehors du top 10, je n’aurais pas apprécié le flag to flag, mais quand vous faites un bon résultat et que c’est la première fois, c’est une très bonne expérience. Je pense que le fait que vous appréciez ou pas dépend de votre résultat. Parfois, vous arrivez sur un circuit et vous faites un mauvais résultat alors vous avez un mauvais feeling, comme pour moi à Portimão l’année dernière : Je n’ai pas apprécié la course ! Mais cette année, où j’avais un feeling fantastique, cela a été une des meilleures courses de ma vie. Donc je pense ça dépend beaucoup de votre feeling et de votre résultat. Mais si je dois dire aujourd’hui, j’apprécie. »

Classement du Grand Prix de France MotoGP au Mans :

Crédit classements et photo: MotoGP.com

 

 

 



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