WSBK
Publié le 22 octobre 2026 • 12:30 par Marc Seriau

Supersport Jerez, Interview : Le point final avec Valentin Debise ! (1/2)

L'interview de Valentin Debise, après son titre de Vice-Champion du monde Supersport WolrdSBK 2026 ! (Première partie)

Dès l’avant dernière manche à Estoril, Valentin Debise a été assuré de devenir vice-champion du monde Supersport WorldSBK au guidon de sa ZXMOTO née il y a tout juste un an, une performance collective exceptionnelle pour une première saison dans cette catégorie extrêmement disputée, dont le pilote français dresse le bilan dans cette interview. 

Et comme d’habitude avec le numéro #53, pas de langue de bois mais, au contraire, toujours des choses à apprendre…


🎤 Valentin, pour commencer, on va parler de la dernière manche à Jerez, où de toute façon il n’y avait pas beaucoup d’enjeux puisque tu étais assuré de finir 2e du championnat du monde Superbike.
Par contre, vu de l’extérieur, on a vu que tu semblais en difficulté les premiers jours, et puis à la course 2, on n’a rien compris puisque tu as pris la tête et tu as défendu tes chances.
Est-ce que tu peux nous expliquer un petit peu ce qui s’est passé ?
Valentin Debise : « Ouais, de toute façon, depuis Misano où on a été réduit en puissance, c’est une galère ! D’autant plus qu’on a eu d’autres soucis, nous en interne, qu’on a réglé cet été, mais en fait après avoir fait toutes ces courses, c’est vrai qu’on a une moto qui est un peu plus équilibrée en terme de performance, une moto qui nous joue moins de tours. Par exemple à Misano, la première je la gagne, et la deuxième je fais P9 : on avait une moto qui était un peu imprévisible, mais on a trouvé un équilibre où la moto est moins imprévisible, mais elle est aussi moins rapide.
Et du coup, les trois derniers circuits où on est allé, sans parler de Magny-Cours, ce sont des circuits où il n’y a pas beaucoup de grip. Et sur les circuits où il n’y a pas beaucoup de grip, il faut de la puissance : il n’y a pas de miracle !
S’il y a du grip, tu arrives à t’en sortir à peu près. Type Magny-Cours : si je n’avais pas chicané dans la première course et s’il n’y avait pas eu un drapeau sur la deuxième, je pense que j’aurais eu un peu plus de chance de gagner.
Du coup, les dernières courses, tout simplement il nous manque de la puissance, avec le règlement qui n’est pas en notre faveur.
Mais bon, après voilà, c’est comme ça, on fait avec ce qu’on a. Et si tu écoutes les mecs, tout le monde se plaint, mais bon, nous concrètement on a les datas de la R9 de l’année dernière, donc c’est facile de dire qu’il nous en manque, alors que quand tu écoutes les mecs de la R9, ils te disent que les autres ils en ont trop. Donc bon, c’est comme ça !
Et après, c’est vrai que les vendredis, surtout les deux dernières courses, on a vraiment galéré, c’est un truc de fou !
Mais après voilà, ça c’est la force de l’équipe, de toujours trouver des solutions et de s’en sortir. Alors c’est vrai qu’à Jerez, le samedi c’était pas ouf, mais voilà, on est resté mobilisés, concentrés, et le dimanche on a trouvé une moto de fou qui marchait grave.
Le problème d’avoir une nouvelle moto, c’est que quand tu arrives sur les circuits, les braquets ne vont pas, et il faut faire des braquets. Par exemple à Estoril, on a essayé 6 braquets différents !
Donc si tu veux, quand tu fais ça, déjà tu peux moins bien analyser les datas sur les suspensions, etc., donc tu perds du temps, sachant que tu as seulement 40 minutes d’essais libres, et après tu as la qualif.
Donc voilà, on a dû jongler : tu vois, je pense que le braquet que j’avais à la fin, ce n’était pas le top du top, mais j’ai pris le pari de ne pas changer pour rester un peu plus focalisé sur les suspensions.
Voilà, la première année c’est toujours un peu une galère, au moins de temps en temps, mais je trouve globalement qu’on s’en est extrêmement bien sorti, car on est toujours arrivé à être compétitif à la fin, même si, c’est sûr, on préfèrerait que le braquet soit déjà bon
sans avoir rien fait et que les suspensions tombent à peu près bien, quand on arrive le vendredi.
C’est sûr qu’en début d’année, avec un peu plus de puissance, les braquets étaient
du coup  moins compliqués à faire. C’est pareil, une fois qu’on a moins de puissance, ben les braquets c’est un peu plus compliqué, parce qu’on doit sortir des braquets méga courts pour que la moto elle s’extraie des virages. Donc même pour le pilote, c’est une moto qui est compliquée à conduire.
Mais voilà, globalement c’est quand même très positif ! »

🎤 D’accord ! Donc un mélange des aléas d’une première année, et la puissance qui manque quand il n’y a pas d’adhérence…
« Ouais ! De toute façon, c’est simple, quand une piste n’a pas de grip, le pilote doit rouler un peu en V, entre guillemets, et relever la moto.
Sauf que quand tu la relèves et que la moto elle n’avance pas, elle n’avance pas. Mais si tu la relève et que la moto a de la puissance, c’est là où tu fais vraiment la différence avec une moto qui a de la puissance.
Une piste qui a du grip, moto puissante ou pas, tu as une différence mais pas aussi flagrante. Et c’est pour ça qu’on a vu les motos les plus puissantes être à l’avant sur les dernières courses, tout simplement.
Parce que tout le monde est là, à dire  » ils ont trouvé un truc et tout »…
Non, c’est juste que là, les motos qui ont de la puissance sur les pistes où il n’y pas de grip, elles sont devant, tout simplement. »
 

🎤 Tu parles des Yamaha et des Triumph ? 
« Surtout les Triumph et les Kawasaki. » 

🎤 Intéressant, merci ! Bon alors, on va faire le bilan de l’année, qui est évidemment très positif puisque 2e du Championnat du monde Supersport, pour la première année d’une moto totalement inconnue. C’est assez fantastique !
De quoi tu es le plus fier dans cette année ?
« Déjà d’avoir cru au projet ! Et après, je suis surtout fier du travail de l’équipe, de l’équipe et de ZXMOTO, parce que un pilote sans moto il n’est rien, et une équipe sans pilote elle n’est rien. Donc il faut savoir connaître le travail des autres, et le travail qu’ils ont fait a été exceptionnel !
Donc je suis surtout fier de ce qu’ils ont fait, eux, en fait. »
 

🎤 Qu’est-ce qui aurait pu être amélioré, que ce soit pour toi ou pour l’équipe ?
« Franchement, on en parlait avec l’équipe : beaucoup de choses, mais pas beaucoup de choses en même temps. Dans le sens où ils ont des millions d’idées, mais le problème c’est qu’à un moment donné…
C’est sûr que cette année on a eu un peu plus de budget pour développer la moto, mais pour faire tout ce qu’on voudrait faire, il faut trois fois le budget qu’on a !
Mais ce n’est pas possible, alors il y a des fois où on met des croix sur certains trucs qu’on aimerait faire, et on met des priorités.
Mais je pense que toutes les priorités ont été très bien choisies et qu’on a eu un très bon équilibre entre développement à l’atelier et développement sur la piste. Ça, ce n’est jamais évident, parce que le mécano veut développer à bloc à l’atelier et le pilote veut développer à bloc sur la piste. Mais à un moment donné, quand tu passes du temps sur la piste, tu ne passes pas du temps à l’atelier.
C’est ce que je te dis, c’est si tu as trois fois le budget, tu as une équipe à l’atelier, une équipe sur la piste, et là tu fais du travail de fou.
Mais voilà, je pense que l’équilibre a été très bon cette année, et franchement, je pense que toutes les décisions qui ont été prises ont été bonnes, donc il y a rien à regretter.
»

🎤 D’accord. L’année prochaine, qu’est-ce qui se passe ? 

À suivre…

Vidéo après Estoril, moment où Valentin a sécurisé sa 2e place au championnat :

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