Moto GP
Publié le 4 octobre 2026 • 18:00 par André Lecondé

MotoGP 2027 : les constructeurs ont cherché comment rééquilibrer les essais Pirelli … mais ont finalement renoncé

Le MotoGP a étudié deux solutions pour rééquilibrer les essais Pirelli 2027. Aucun accord n’a été trouvé. KTM a pourtant laissé rouler Acosta.

Pirelli

Le problème était identifié et le paddock a tenté de le corriger. Avec la révolution des 850 cc et l’arrivée de Pirelli, certains pilotes accumulent déjà les kilomètres quand d’autres devront pratiquement attendre décembre. Deux solutions ont été discutées dans le paddock : autoriser les pilotes changeant de constructeur à participer aux essais Pirelli, puis ouvrir le Shakedown à ceux qui avaient été privés de ces journées. Mais aucun accord n’a été trouvé. Le règlement restera donc inchangé.

Avant même de chercher une compensation pendant l’hiver, une solution beaucoup plus simple avait été envisagée : permettre aux pilotes changeant de constructeur de participer au test Pirelli de Spielberg. Fabio Quartararo avait notamment défendu cette possibilité. À défaut de lui confier la future Yamaha 850 qu’il ne pilotera jamais en course, le Français aurait pu utiliser sa 1000 actuelle équipée des Pirelli afin de découvrir les pneus de 2027.

Massimo Meregalli révèle désormais que Yamaha était disposé à l’accepter. « Honnêtement, nous étions favorables à ce que les pilotes changeant d’équipe effectuent les essais de Spielberg, à condition que tous les constructeurs soient d’accord. »

Cette dernière condition a tout changé. Aucune position commune n’a été trouvée. Quartararo n’a donc pas roulé. Pas davantage que Francesco Bagnaia, Jorge Martin, Ai Ogura, Alex Marquez ou Fabio Di Giannantonio.

KTM a pourtant choisi de faire rouler Acosta avec les Pirelli

Pedro Acosta quittera KTM pour rejoindre l’équipe officielle Ducati en 2027. Cela n’a pas empêché son constructeur actuel de lui confier sa nouvelle 850 cc à Brno puis à Spielberg. KTM a donc accepté qu’un pilote en partance découvre sa future moto, travaille avec les Pirelli et accumule une expérience qu’il emportera nécessairement avec lui lorsqu’il changera de garage.

Le cas Acosta démontre surtout que l’interdiction n’était pas une fatalité réglementaire. Chaque constructeur pouvait choisir son niveau d’ouverture. KTM a accepté le risque. D’autres ont préféré protéger leur programme 2027. Et c’est précisément cette différence d’approche qui a rendu impossible une solution collective.

Deuxième tentative : utiliser le Shakedown pour rattraper le retard

Une fois Spielberg passé, une autre idée est apparue. Pourquoi ne pas permettre aux pilotes ayant manqué ces essais de récupérer une partie de leur retard pendant le Shakedown de Sepang ? La question est d’autant plus pertinente que Nicolò Bulega pourra, lui, y participer grâce à son statut de rookie.

L’Italien aura donc déjà effectué un important travail de développement avec la Ducati 850 et les Pirelli avant de bénéficier de deux journées supplémentaires auxquelles Quartararo, Bagnaia ou Martin n’auront normalement pas accès.

L’idée d’une dérogation a été discutée en coulisses. Là encore, elle n’a débouché sur rien. Pit Beirer est désormais catégorique : « Le règlement du Shakedown ne sera pas modifié. Il n’y aura pas de traitement de faveur pour les autres pilotes. »

Deuxième tentative de rééquilibrage, deuxième échec. Mais comment compenser sans créer une nouvelle inégalité ? À qui faudrait-il accorder ces journées supplémentaires ? À Quartararo parce que Yamaha lui a interdit Spielberg ? À Bagnaia également ? À tous les pilotes changeant de constructeur ?

Et comment traiter Acosta, qui change lui aussi d’équipe mais possède déjà deux tests d’expérience grâce à la décision de KTM ? Quant à Bulega, lui retirer ou limiter son accès au Shakedown reviendrait à pénaliser un rookie pour avoir effectué son travail de pilote de développement avant son arrivée en MotoGP. Chaque tentative destinée à réparer une différence risque donc simplement d’en créer une nouvelle.

Beirer finit par l’admettre sur Motorsport-total : « Il n’est pas facile de garantir une équité totale, parce que lorsqu’un pilote change d’équipe, tous n’ont évidemment pas les mêmes opportunités. »

Test

« Plus on teste, plus on trouve de problèmes »

La situation est d’autant plus sensible que 2027 n’est pas une saison comme les autres. Les pilotes devront simultanément assimiler les 850 cc, les Pirelli, une aérodynamique réduite et la disparition des dispositifs de correction d’assiette.

Et leur véritable préparation hivernale sera courte. Après Valence le 1er décembre — où les températures pourraient limiter le travail de performance — beaucoup ne disposeront que de deux journées officielles à Sepang puis deux à Buriram avant le début du championnat.

Francesco Guidotti relativise pourtant le problème avec une formule presque provocatrice : « Plus on teste, plus on trouve de problèmes. »

Selon le responsable de TrackHouse, rechercher une préparation parfaite serait illusoire. Une moto de course n’est jamais terminée et les ingénieurs demanderaient toujours davantage de journées.

Massimo Meregalli mise lui aussi sur l’extraordinaire capacité d’adaptation des pilotes MotoGP, capables selon lui de retrouver des sensations et une vitesse considérables après seulement quelques runs.

Le MotoGP a finalement choisi de ne pas compenser la transition Pirelli

Voilà donc où ont conduit les discussions. Une première possibilité existait avant Spielberg : laisser les pilotes partants découvrir les Pirelli. Pas d’accord. Une seconde a ensuite été envisagée : ouvrir exceptionnellement le Shakedown à ceux qui avaient perdu ces journées. Toujours pas d’accord. Le MotoGP entrera donc dans sa nouvelle ère sans chercher davantage à égaliser les kilomètres parcourus par chacun. KTM aurait parfaitement pu fermer la porte de sa 850 à Acosta puisqu’il rejoindra Ducati. Le constructeur autrichien a fait le choix inverse. D’autres marques ont protégé leur avenir technique.

Il n’existe donc pas seulement une différence entre les pilotes. Il existe une différence de philosophie entre les constructeurs. À force de chercher comment compenser les conséquences de ces choix sans favoriser quelqu’un d’autre, le paddock semble avoir abouti à une conclusion beaucoup plus pragmatique : l’égalité parfaite des essais était impossible à fabriquer. Il faudra désormais laisser la piste effacer — ou confirmer — les différences.

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