Marc Marquez s’est donc mis, comme son employeur Honda, à l’heure Ducati pour développer la RC213V et il a fait savoir que ce n’était pas de gaieté de cœur. Pendant que des ailerons poussaient sur sa machine, il s’est présenté comme le gardien d’une idée du MotoGP, forgée selon une longue tradition japonaise que tout oppose à la culture viscéralement iconoclaste développée par l’Italie. Cette posture, son talent naturel, son courage et ses titres la légitiment forcément. Il en a néanmoins appelé à un Casey Stoner pour soutenir sa thèse d’un monde perdu où le pilote dominait la machine. Avoir une légende à ses côtés donne de la force, même si, dans l’histoire des carrières respectives l’Espagnol n’a pas toujours accueilli l’Australien avec des bras aussi ouverts. Mais tous les arguments méritent d’être pris en considération, et d’autant plus que tout ce qui a été fait pour en arriver jusque-là a été rendu possible sous la gouvernance des hommes, traduite par un règlement respecté.

Marc Marquez a travaillé ce vendredi à Phillip Island pour l’avenir, et cet avenir ne lui plait pas. Sa Honda a pris des airs de Ducati en Australie et cela l’a non seulement chagriné lui, mais également un illustre australien qu’il cite pour appuyer sa démonstration. Et il s’agit de Casey Stoner : « il déteste voir les motos de l’extérieur car tu vois déjà que la moto avec laquelle je suis sorti aujourd’hui, avec les ailes, est plus moche que l’autre ».

Cependant, on n’est pas à un concours de beauté, si bien qu’il faut quand même développer un peu : « mais c’est efficace et si c’est efficace c’est que ça va bien. Oui, c’est vrai que la direction dans laquelle ça va, je n’aime pas ça non plus. Et ce sera dans la direction où ça va aller jusqu’aux prochaines années, parce que c’est comme ça que Dorna et les constructeurs l’ont signé. Je n’aime pas parce que tu dépends de plus en plus de la moto ».

Marc Marquez

Marc Marquez : « je n’aime pas cette direction, car tout semble dépendre de plus en plus de la moto, plus que du pilote »

Le pilote de 29 ans est d’avis que « plus on met d’accessoires sur une moto, avec l’aérodynamisme, l’électronique, plus on dépend de la moto et il est plus difficile de cacher les défauts du pilote et de la relation pilote-moto. Mais c’est la direction et il faut s’adapter à l’environnement, si on ne s’adapte pas à l’environnement, on meurt ».

Casey Stoner étant de son avis sur une question essentielle aussi pour son employeur, il lui rend hommage, en 2022, sur son apport à sa technique de pilotage développée lors de son arrivée en MotoGP en 2013. Mieux vaut tard que jamais : « quand j’ai commencé en MotoGP, j’avais des informations sur la façon dont Casey tournait, et j’ai copié son style, et ce type de virage est aussi mon point fort, mais maintenant avec ces motos, il faut rouler différemment », a déclaré l’homme de Cervera.

« Avec cet aérodynamisme, même quand j’ai mis les ailes arrière, je me sentais différent… J’en ai parlé à Casey, il faut piloter différemment. Le nouvel aérodynamisme rend la moto moins exigeante physiquement » ajoute-t-il avant d’insister encore : « je n’aime pas cette direction, car tout semble dépendre de plus en plus de la moto, plus que du pilote ». Le message est clair et il est passé. On attend à présent Marc Marquez venir se ressourcer à la Sunday Ride Classic.

Résultats de la FP2 du Grand Prix d’Australie MotoGP à Phillip Island :

Crédit classement : MotoGP.com

 

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