Massimo Rivola est le nouveau PDG et directeur sportif d’Aprilia Racing. L’ancien membre du team Ferrari F1 Team aidera le constructeur italien à atteindre les objectifs qu’il s’est fixés, Aprilia peinant depuis son retour en MotoGP en 2015. Rivola a été interviewé par Paolo Ianieri et Luigi Perna pour le journal italien La Gazzetta dello Sport.

«Au début, je vais me concentrer sur l’activité sportive. Je suis impliqué dans la compétition depuis 21 ans et c’est la raison pour laquelle ils m’ont proposé ce poste. Aprilia veut être compétitive partout, y compris dans la production de série. Ils sont la référence du Groupe Piaggio en matière de technologie, de réputation et de savoir-faire ».

Comment se sont déroulés vos premiers jours en tant que CEO d’Aprilia?

«J’ai fait la connaissance des personnes travaillant à Noale (siège d’Aprilia, ndlr) et malgré mes expériences précédentes chez Minardi, Toro Rosso et Ferrari, je suis impressionné par la qualité, le savoir-faire et la loyauté du département Aprilia Racing. Certaines personnes y travaillent depuis 20 ans et je pense que c’est une base de départ importante. Nous avons les personnes et les armes pour pouvoir bien faire. Aprilia est beaucoup plus petite que Honda ou Ducati, mais sa culture d’entreprise, selon laquelle il faut agir correctement et efficacement, est sans égale et précieuse. Minardi et Ferrari sont de véritables points de repère pour moi, mais le savoir-faire acquis chez Aprilia me donne confiance dans cette nouvelle aventure. Ici, je peux et je dois faire la différence. Pour être honnête, c’est une belle sensation ».

Qu’est-ce qui manque à Aprilia?

«Juste de bons résultats. Mais si nous les atteignons, nous trouverons plus de sponsors et notre marque aura plus de crédibilité et de force. J’avais l’habitude de faire de la moto au Mugello, avant que Stefano Domenicali ne m’en empêche, et à Aprilia, j’ai ressenti à nouveau une telle passion. Jusqu’à présent, ils ont remporté 54 titres de champion du monde  (si l’on considère également le Superbike et les autres disciplines à deux roues, ndlr) et veulent en obtenir quelques uns de  plus. Et les fans le veulent aussi ».

Cette année, vous travaillez avec Andrea Iannone et Aleix Espargaró.

«Je les rencontrerai bientôt, jusqu’ici nous nous sommes seulement parlés au téléphone. Andrea l’a fait une très bonne impression, j’ai senti son grand désir de travailler. En tant que fan, je peux dire qu’il est très rapide, qu’il a un tour chrono dans le poignet, et c’est rare. Si les conditions sont réunies, cela peut faire la différence et servir de remorqueur à toute l’équipe. Je n’ai aucune expérience dans la gestion des pilotes de moto, je pense que ce sont des “animaux” différents de ceux de la voiture. L’important est de leur faire sentir qu’ils font partie du projet, de leur faire comprendre que la faim, l’humilité et l’attachement peuvent être décisifs. Nous pouvons être un bon entraîneur, mais le Maradona dont on attend le but ou la passe décisive, c’est le pilote ».

Comment êtes-vous entré en contact avec Aprilia?

«Fin octobre dernier, j’ai reçu un appel d’un numéro inconnu. Je ne réponds généralement pas dans ces cas-là, mais cette fois-ci, la première phrase que j’ai entendue a été: «Je suis Roberto Colaninno (PDG et président du Gruppo Piaggio, ndlr) et je voudrais vous rencontrer». Au début, j’ai pensé que c’était une blague et j’ai failli répondre «Et moi je suis Spiderman», mais quand j’ai rencontré Roberto et son fils, j’ai compris que tout cela était vrai. Nous avons passé trois heures ensemble, mais cela nous a semblé être trois minutes. Je travaillais chez Ferrari et, en rentrant chez moi, je me suis dit: “J’ai travaillé si dur pour faire partie de Ferrari, je ne peux pas partir maintenant”. Cependant, je savais que quelque chose allait arriver à la fin de l’année. Plus tard, j’ai eu une autre réunion avec Aprilia, et ensuite, j’ai de plus en plus aimé leur offre. Quand l’indiscrétion est sortie, j’étais à Macao, et l’un des premiers à m’appeler a été Davide Brivio de Suzuki: “Bravo, viens enfin avec nous” » .

Avez-vous déjà fixé un objectif pour cette saison?

«Oui, mais je ne veux pas en parler. La saison 2018 a été un faux-pas dans la progression d’Aprilia, mais le Groupe Piaggio a beaucoup investi, engagé des techniciens importants, signé Andrea Iannone et mis en place une équipe de test. Tout cela signifie qu’ils veulent recommencer à avancer. Nous avons le budget le plus bas parmi les équipes d’usine MotoGP, mais je pense qu’Aprilia est meilleure que KTM ».

Assisterez-vous à toutes les courses de MotoGP en 2019?

«Oui et j’y serai aussi les jours de test. Ce que je dois faire, c’est donner à Romano Albesiano (directeur technique d’Aprilia Racing et ancien responsable de la course, ndlr) les conditions propices à l’utilisation optimale de la moto qui sera développée au cours de la saison. Les essais hivernaux ont été cruciaux et Iannone nous a donné des indications importantes. Mais maintenant, aucune occasion ne peut être gaspillée… ».

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