Dans ce Grand Prix du Qatar marqué par une victoire de Dovizioso à l’arrachée devant Márquez et aussi par un peloton de quinze pilotes réunis en quinze secondes, il y a eu une variable dont on a très peu parlé… Et pourtant, c’était un poison pour les ténors qui craignaient devoir à cause d’elle bouleverser leur stratégie. Qui donc ? Le couple formé par Rins et la Suzuki. Qu’il a fallu neutraliser…

A l’arrivée, Rins regrettait que ses adversaires eussent joué avec lui comme un chat avec une souris. Chaque fois que le pilote Suzuki tentait de mener la course, Dovizioso utilisait la puissance de la Ducati pour lui reprendre les commandes. Mais ce n’était pas par vice. Plutôt par nécessité ! Car l’Espagnol avec la Suzuki était un véritable danger : « je m’attendais à ce que Rins soit fort, même si le samedi il a chuté deux fois. Il est tellement bon en course et sa vitesse au milieu des virages est vraiment gênante ! » a commenté le leader provisoire du championnat.

« Je pense que sa moto est complètement l’opposée de la mienne. Je peux accélérer tellement fort que je peux être très rapide dans la ligne droite, mais au milieu du virage, je me bats beaucoup ». Une différence qui aurait pu être fatale au pilote de la GP19. Car pendant qu’il était en tête, Rins voulait augmenter le rythme à un niveau que Dovi jugeait insoutenable sur la distance de la course : « je voulais l’arrêter à chaque fois qu’il prenait la tête, car il était trop tôt pour attaquer. Personne ne peut rouler fort toute la course avec le pneu arrière. Je pense donc qu’il a commencé à pousser trop tôt. J’ai pu l’arrêter et continuer ainsi à sauver le pneu et c’était une stratégie parfaite pour me battre avec Marc Márquez dans le dernier tour ».

En regardant les écarts pour le moins serrés au classement de ce premier rendez-vous de la saison, Dovizioso a commenté : « je pense que l’actuel MotoGP est vraiment différent de celui du passé. Valentino a terminé à la cinquième place à 0.6″. Je pense que personne ne veut faire la course la plus rapide. Surtout parce que vous pouvez vous retrouver à la fin de la course dans une très mauvaise situation ».

« Donc, je pense que la meilleure stratégie est d’essayer d’être prêt au bon moment. Je pense que c’est ce que j’ai fait. J’ai beaucoup économisé le pneu pendant la course. C’est pourquoi j’ai arrêté Rins à chaque fois. Parce que pour le suivre, j’aurais dû utiliser le pneu arrière. C’est la raison pour laquelle les écarts sont si petits. Le MotoGP est maintenant différent, je pense ».

Reste qu’il faudra surveiller cette Suzuki. Cal Crutchlow, du haut de sa Honda, a aussi flairé le danger GSX-RR… « La Suzuki est forte. Sans aucun doute. Mais je pense que la Honda est plus forte. La Suzuki gère très bien le pneu, donc si elle est devant nous, il faut pousser beaucoup plus pour être avec eux. Leur vitesse de virage est phénoménale. Et cela signifie que si notre moto ne franchit pas le virage aussi vite, nous devons accélérer plus tôt et donc solliciter le pneu rester à leur contact. Mir, huitième et Rins quatrième ont bien roulé ».



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